From: NADIN

To: Johannes FINCKH

Sent: Tuesday, February 10, 2009 10:39 AM

Subject: Re: Grafik 022sw

Cher Johannes,

Oui ce graphique montre bien que la crise n'est que l'aboutissement de ce partage inégal et fou qui a conduit à une frénésie de spéculation incompatible avec une saine gestion des deniers du monde.

Je n'ai malheureusement pas bien compris comment la monnaie fondante serait l'arme fatale pour empêcher cette spéculation.

Je t'envoie le texte aujourd'hui.

Hubert

Réponse:   

La monnaie anticrise est "l'arme fatale" d'une chose: elle ramènera assez rapidement, en une ou deux années maximum, les taux d'intérêt de crédit et d'épargne au voisinage de zéro, moyennant quoi les (nouveaux) placements financiers ne rapporteront pratiquement plus rien. Ils devront se contenter d'une non-perte, étant donné que la perte frappe la seule liquidité. Ce sera "l'arme fatale" contre la croissance exponentielle des patrimoines financiers qui spolient toujours davantage tous les autres! Et nous assisterons à "l'euthanasie lente du rentier", formule de Keynes qui souhaitait cela dans le grand ouvrage "la théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie" de 1936 -ouvrage largement copié sur Gesell!

    A ce moment-là, et au vu de l'épargne abondante et peu rémunératrice (du fait de son abondance), les banques n'auront plus besoin ni envie de faire des montages délirants pour attirer des placements spéculatifs trop risqués. Elles auront déjà du mal à placer l'épargne reçue "normalement", et elles ne chercheront certainement plus à attirer avec des taux tentants des capitaux spéculatifs à haut risque! C'est cette forme de spéculation qui disparaîtra la première, car les épargnants et les banques et les épargnants auront une préférence pour les placements sûrs et moins risqués dès lors que la détention liquide, toujours nécessaire si on veut faire des "coups" (les allers-retours), comporte le risque lié à la "fonte" imputée désormais aux détenteurs de liquidités proportionnellement aux volumes détenus.

    Aussi, toute "spéculation" ne disparaîtra sans doute pas, car le commerçant qui achète judicieusement et qui vend avantageusement est aussi un "vilain" spéculateur, sans doute. Mais je m'inscris quand même en faux contre la condamnation "morale" de tels événements, car la loi fondamentale de l'économie reste l'offre et la demande ou, autrement dit, le prix est celui que je peux obtenir! Plus avant, quand on achète un bien immobilier au plus bas pour le revendre au plus haut du cycle, on spécule tout aussi bien. Il ne me semble pas qu'il faille supprimer (cela n'est d'ailleurs pas pensable!) ce genre de mouvements du marché.

    Je remarque, d'ailleurs, que cela peut évidemment générer des injustices au cas par cas, mais cela n'aura aucun impact sur la conjoncture au sens où le gagnant d'une telle opération sera, du fait de la détention en monnaie anticrise, obligé de réinvestir, car la monnaie anticrise fait une chose, une seule: elle circulera vite et bien en toute circonstance, justement parce que elle s'oppose au fait que la crise systémique actuelle est le résultat d'une circulation monétaire entravée! Certainement, les plus rusés restent avantagés face aux idiots, la monnaie anticrise n'y pourra rien!

    Mais c'est l'entrave à la circulation seule qui était précisément ce qui qui a engendré des patrimoines à ce point délirants d'un côté et la grande misère de plus en plus étendue en face!

    La circulation monétaire rapide (avec des prix stables) générera d'elle-même une énorme et très efficace redistribution de toutes les richesses produites dès l'introduction de la monnaie anticrise, et cette création surabondante relativisera ipso facto les richesses déjà présentes.

    Comme l'exposait Silvio Gesell dans son ouvrage, il suffirait de poser à côté de chaque maison une deuxième maison pour que (à population et niveau de vie constantes) la "valeur" de chaque maison soient divisée par deux. Ce n'est qu'une image, pas un souhait, évidemment.

    Il reste que le travail sans entraves de tout un chacun suffit pour anéantir rapidement les avantages des très grandes fortunes dès lors que ces grandes fortunes n'auront plus le pouvoir (comme c'est le cas actuellement) d'entraver l'acquisition des biens en refusant ou en renchérissant (via l'intérêt!) la circulation monétaire, aussi vitale pour l'économie que la circulation sanguine pour les êtres vivants!