21 juin 2009
échange avec junon moneta
j'aimerais réagir à l'article de Junon Moneta, car il me semble que votre analyse du rôle et de la fonction de la monnaie ne me semble ni suffisant ni satisfaisant:
En effet, il faut, à mon goût, distinguer bien plus finement en monnaie, crédit, création monétaire, l'aspect circulant et l'aspect "réserve de valeur".
Si nous négligeons, dans ce domaine, d'être précis, il me semblons que nous ne saisirons pas comment nous en sommes arrivés au point actuel.
Si vous permettez, je commenterai ce passage phrase par phrase en vert
Vous écrivez:
"La monnaie a toujours été nécessaire, mais l'humain a toujours triché avec ses monnaies. Il a inventé de multiples formes de monnaies (nourriture, coquillages, métaux précieux, matières rares), difficiles à trafiquer, et il a toujours introduit la « monnaie de singe » pour les populations, faciles à berner."
JF commente:
La notion de "tricherie", certes exacte, ne semble pas tout à fait saisir l'enjeu. Il faut bien dire en quoi consiste cette tricherie! Si la nécessité de la monnaie me semble indéniable, et ce depuis des millénaires, il s'agit de saisir en quoi consiste la tricherie possible. Il me semble que c'est quelque chose de sa conception ancestrale qui pose problème. Pour simplifier, son côté "difficile à trafiquer"que vous signalez est bien lié au fait de choisir un objet de la nature disponible en quantité limitée. Tant que ces monnaies naturelles sont utilisées telles quelles, il semble, selon ce que vous posez, que la "triche" est limitée ou nulle. On peut admettre cela. Mais cela ne répond pas au problème que des "monnaies de singe", comme vous dites, se substituent "toujours" à ces objets dignes de confiance. Pourquoi les populations serient-elles ainsi "faciles à berner"?
Il me semble qu'une réponse vient du fait que la monnaie-objet naturel, l'or notamment, se révèle bien ,à un moment donné, insuffisante pour organiser la complexité des échanges! En premier lieu, cette insuffisance provient, me semble-t-il, de la difficulté d'adapter la quantité de monnaie circulante à une économie en expansion. Car l'extension des échanges entre les agents nécessite sans aucun doute un volume circulant plus étendu à son tour, sinon, la monnaie fait rapidement défaut, elle devient rare, limite les échanges, elle devient donc rare et"chère". Autrement dit, les prix vont évoluer vers une baisse continue, ce qui revient à dire que le pouvoir d'achat de l'unité monétaire augmente sensiblement. Une telle monnaie aura tendance, dans un cycle se renforçant de lui-même, à circuler de moins en moins et à âtre thésaurisée, autrement dit, à devenir RESERVE DE VALEUR! Cet objet ainsi thésaurisé se "démonétise" ainsi peu à peu! Car une monnaie qui n'opère plus guère de transactions devient un objet que l'on accumule pour lui-même! Il devient un objet qui prend de la valeur (comme une bonne bouteille par exemple) avec le temps. La seule façon de "compenser" cela, pendant quelque temps, est la production de monnaie nouvelle. Tant que l'empire romain pouvait exploiter les mines d'or d'Espagne, l'empre fonctionnait en expansion du fait d'une monnaie circulante suffisante! L'opulence du début de l'empire est même proverbiale! Cette même opulence incitait les riches romains à importer des biens (exemple des épices et des pierres précieuses de toute l'Asie, l'Inde notamment), en échange de grandes quantités de pièces d'or frappées à l'effigie de l'empereur. Les archéologues trouvent encore aujourd'hui des trésors constitués loin de Rome et jusqu'en Inde et au-delà! S'ajoute à cela une certaine démonétisation des pièces en fabriquant des bijoux, des pertes quand un bâteau coule par exemple et aussi des trésors qui se constituent à l'intérieur même de l'empire chez les plus fortuné et les commerçants. Or, ces mines d'or se sont bel et bien épuisées au premier siècle après Jesus-Christ, et cela est, sans aucun doute, un élément décisif qui engageait l'Empire vers son déclin qui penait, pour la partie occidentale, quatre siècles. L'Epire d'Orient durait un millénaire de plus, car l'or y faisait, sans doute, moins défaut, en raison de son rôle commercial sans doute avec les pays situés plus à l'est.
Mais j'arrête ici ce repère historique seulement esquissé et que des spécialistes connaissent bien pour venir aux temps actuels qui fonctionne avec la "monnaie papier" et qui a abandonné l'étalon or ainsi que toute autre référence à une monnaie disponible en quantité limitée. Est-ce pour autant une "monnaie de singe"? Amon sens, non, et je vous expose pourquoi en commentant la phrase suivante.
Vous poursuivez:
"Depuis la « grande libéralisation » (années 1980-1990), nous avons confié la création de la monnaie aux plus grands tricheurs de tous les temps puisque, au lieu de créer des ateliers de fonte (industrie lourde) ou des ateliers d'imprimerie (industrie lourde elle aussi, du moins au départ), les grands commerçants, les banquiers, les assureurs et les Hauts Fonctionnaires sont devenus les maîtres absolus d'un système planétaire. Grâce à ce système, ils contrôlent les Banques Centrales (Europe) et Fédérales (Etats-Unis)... qui créent de la monnaie en un milliardième de seconde, en endettant les peuples et en puisant dans leur pouvoir d'achat futur avec de « la monnaie fondante » (trop abondante, et donc exerçant une fonction de « réserve de valeur » peu fiable). "
JF Commente:
Vraiment? Avons-nous confié la création de la monnaie ainsi à des "tricheurs", les "plus grands de tous les temps"? Mon analyse de ce qui se passe me conduit à une analyse différente. En effet, l'émission monétaire moderne, centrale, en billets et pièces, par les banques centrales, ne se trouve pas, comme exposé plus haut, bridée par une quantité limité de l'objet naturel, l'or notamment. L'abolition même de l'étalon or, notamment, l'abolition de la convertibilité du dollar en 1971, a eu pour effet, somme toute, heureux, de faire évoluer l'émission de monnaie centrale en fonction des évolutions économiques, la croissance intérieure et aussi celle du commerce mondial.
Mais, cette situation a conservé intacte un autre fait, un fait monétaire qui avait été maintenu intact comme au temps de la monnaie or: La monnaie centrale (M0) reste une valeur refuge! Surtout, comme vous le remarquez, depuis les années 1980-1990. Car en limitant l'inflation, initiée par le fait que les salaires ne suivaient plus l'inflation, les revenus disponibles se retrouvaient limités, et, du coup, l'inflation s'est peu à peu assagie jusqu'à aujourd'hui. Cette qualité de valeur refuge n'arrange pas, évidemment, les banquiers et autres collecteurs de fonds. En effet, comment faire "travailler " une monnaie que les agents aimeraient bien garder en poche dès que l'inflation ne menace plus guère?
Il faut bien saisir que cette monnaie ne rapporte pas d'intérêts à son détenteur, mais seulement à celui qui la prête, en quelque sorte pour limiter le risque qu'il prend, notamment celui du non-remboursement. En clair, si l'individu veut que son épargne lui rapporte, il la porte en banque qui lui verse alors un revenu d'intérêt, histoire de l'encourager à confier ses économies à la banque. Par le jeu des intérêts et des intérêts composés, les volumes épargnés en banque sont devenus, depuis les années 1980, considérables. En réalité, ce mouvement avait commencé dès 1945, époque où l'essentiel de la richesse était américaine. En particulier, les capacités de production, mais aussi les 2/3 des réserves d'or du monde. la croissance de trente glorieuses a quelque peu changé la donne, et sans appauvrir les USA, les autres pays du monde occidental ont rattrapé une bonne part de leur "retard" sur les USA. Voulant alors "convertir", les USA (Nixon) ont empêché cela unilatéralement, en suspendant les accords de Bretton Woods.
Cette libération de la contrainte de l'or peut aussi être interprêtée comme le début de la "grande libéralisation" que vous signalez! On s'est aperçu, en particulier les banquiers centraux, que l'absence de la référence à l'or ne changeait absolument rien pour ce qui est la détermination de la valeur de la monnaie. Celle-ci, en fait, se révélait dépendre de la richesse distribuée et produite, et, après une petite décennie (période des chocs pétroliers) d'apprentissage et de politique keynesienne, le monde dit capitaliste s'est converti au monétarisme.
Il faut se souvenir ici aussi que l'épargne continuait à affluer dans les banques qui continuaient à la rémunérer confortablement. Comment les banques pouvaient-elles rémunérer ainsi l'épargne? Cela ne s'explique que par le fait que les banques ne stockaient en fait jamais les fonds collectés, mais ces fonds leur permettaient de "travailler", c'est-à-dire d'accorder des crédits en volume croissant, et au même rythme, exponentiel, que la croissance de l'épargne.
L'abondance des fonds à prêter reflétait celle de l'épargne du côté d'une petite minorité.
Et, il se trouve que "les plus grands tricheurs de tous les temps", comme vous écrivez, étaient bien contraints de faire des placmenets, de contrainte les emprunteurs à emprunter, au besoin en faisant appel aux états eux-mêmes pour se substituer aux emprunteurs de plus en plus insolvables.
Car l'épargne ne peut être rémunérée que si, par ailleurs, elle est investie dans des projets "rentables", c'est-à-dire producteurs d'intérêts. Avec les défauts apparus en 2007 et 2008, nous avons bien assisté à un début de "credit crunch", car les épargnants, via la faillite menaçante de leurs banques de dépôt et d'investissment, se sont réveillés inquiets (à juste titre) et, du coup, le refinancement pose bien les problèmes que nous connaissons.
Et vous avez raison, les système bancaire a, en raison du risque systémique, bel et bien contraint les banques centrales à émettre beaucoup de monnaie pour "couvrir" ainsi les gigantesques trous de refinancement apparus brusquement.
Quant à la fonction "réserve de valeur" que vous qualifiez de "peu fiable", on ne peut pas vraiment vous contredire, ni approuver sans réserve, car, en attendant une possible, probable hyperinflation, nous avons plutôt un climat déflationniste, notamment en Bourse et dans l'immobilier, mais au Japon, c'est général déjà.
Les déséquilibre mondial lié aux déficits géants des USA nous "protège" provisoirement d'une dépréciation rapide du dollar, car cela ruinerait les créanciers qui ne veulent surtout pas cela! Il gardent donc leurs actifs en dollar et "toxiques".
Votre usage du mot "monnaie fondante" me pose un problème: S'il est vrai, sans doute, que beaucoup de monnaie centrale a été émise sans véritable contrevaleur, celle-ci ne me semble pas "fondante", ni au sens inflationniste ni au sens d'une "fonte faciale" (proposition gesellienne), mais l'objectif en est plutôt de préserver, coûte que coûte, la notion de la monnaie RESERVE DE VALEUR!
Les agissements des banquiers centraux traduisent surtout un vrai désarroi, mais cela nous approche plutôt du gouffre au lieu de nous en éloigner, je pense que nous sommes d'accord sur ce point. Les actes des "plus grands tricheurs de tous les temps", il est vrai qu'il se remplissent les poches au passage, sont cependant essentiellement motivés par la nécessité absolue qu'éprouvent les détenteurs de capitaux (les plus grandes fortunes notamment) de trouver toujours et encore des placements rentables, en clair, des débiteurs nouveaux! Or, il n'y en a plus guère de nouveaux débiteurs solvables, d'où le blocage du système. les acrobaties financières des vingt dernières années, de plus en risquées et rémunératrices selon ces risques, sont déjà la conséquence du fait que des placements réellement industriels (l'industrie lourde dans votre écrit) étaient déjà problématiques depuis vingt ans au moins! En quelque sorte, ces vingt années ont permis de différer la crise systémique qui menaçait, en fait, déjà en 1990, au Japon en particulier!
Pour changer ce dilemme, je vous écrirai, si vous le souhaitez, sur ce qu'est la monnaie anticrise (ou véritablement "fondante"), telle que Silvio Gesell l'avait proposée en son temps et qui permet de surmonter les blocages actuels, sans inflation!
Bien à vous, jf
Commentaires
finckh/moneta,suite
Vous écrivez:
"La monnaie a toujours été nécessaire, mais l'humain a toujours triché avec ses monnaies. Il a inventé de multiples formes de monnaies (nourriture, coquillages, métaux précieux, matières rares), difficiles à trafiquer, et il a toujours introduit la « monnaie de singe » pour les populations, faciles à berner."
JF commente:
La notion de "tricherie", certes exacte, ne semble pas tout à fait saisir l'enjeu. Il faut bien dire en quoi consiste cette tricherie! Si la nécessité de la monnaie me semble indéniable, et ce depuis des millénaires, il s'agit de saisir en quoi consiste la tricherie possible. Il me semble que c'est quelque chose de sa conception ancestrale qui pose problème. Pour simplifier, son côté "difficile à trafiquer"que vous signalez est bien lié au fait de choisir un objet de la nature disponible en quantité limitée. Tant que ces monnaies naturelles sont utilisées telles quelles, il semble, selon ce que vous posez, que la "triche" est limitée ou nulle. On peut admettre cela. Mais cela ne répond pas au problème que des "monnaies de singe", comme vous dites, se substituent "toujours" à ces objets dignes de confiance. Pourquoi les populations serient-elles ainsi "faciles à berner"?
Les populations sont toujours trop crédules. Les Grecs ne parlaient pas de leurs "politiciens" en des termes très flatteurs ; ils les désignaient comme des démagogues (discours simplistes et sans nuances, destinés à manipuler le peuple) : rien n'a changé. Quant aux trafics, les pièces de monnaie en or étaient régulièrement sous-titrées et "rognées" ; les pièces d'argent étaient carrément trafiquées avec du plomb. Autre exemple : la farine de blé dans les périodes d'inflation (déjà à partir de -420) étaient mélangées à de la craie, pratique tellement courante que les Athéniens ont fini par acheter du blé grillé. Idem pour le vin, mélangé à de l'eau! Etc...
Quant aux monnaies de singe réservées à la population, et pour rester sur la Grèce Antique, les drachmes en or ont été remplacées par les drachmes en argent, et celles-ci ont rapidement disparu : ce sont des monnaies de cuivre qui les ont remplacées (oboles)...
Il me semble qu'une réponse vient du fait que la monnaie-objet naturel, l'or notamment, se révèle bien ,à un moment donné, insuffisante pour organiser la complexité des échanges! En premier lieu, cette insuffisance provient, me semble-t-il, de la difficulté d'adapter la quantité de monnaie circulante à une économie en expansion. Car l'extension des échanges entre les agents nécessite sans aucun doute un volume circulant plus étendu à son tour, sinon, la monnaie fait rapidement défaut, elle devient rare, limite les échanges, elle devient donc rare et"chère".
D'accord sur ce point! Nous ne pourrions plus vivre uniquement avec des pièces de monnaies mais cela ne justifie aucunement que la masse monétaire M3 soit désormais plus importante que le PIB en zone euro. Il y a trop de monnaie, et elle est mal répartie.
Autrement dit, les prix vont évoluer vers une baisse continue, ce qui revient à dire que le pouvoir d'achat de l'unité monétaire augmente sensiblement. Une telle monnaie aura tendance, dans un cycle se renforçant de lui-même, à circuler de moins en moins et à âtre thésaurisée, autrement dit, à devenir RESERVE DE VALEUR!
Je voudrais bien vous suivre, mais nous ne sommes absolument pas inscrit dans cette évolution : le dollar a perdu 98% de son pouvoir d'achat en soixante ans. L'euro a suivi le même chemin : en dix ans, il a déjà bien "fondu" même si les chiffres officiels disent le contraire.
Cet objet ainsi thésaurisé se "démonétise" ainsi peu à peu! Car une monnaie qui n'opère plus guère de transactions devient un objet que l'on accumule pour lui-même! Il devient un objet qui prend de la valeur (comme une bonne bouteille par exemple) avec le temps. La seule façon de "compenser" cela, pendant quelque temps, est la production de monnaie nouvelle.
Ce n'est plus vrai maintenant : il y a plus de monnaies dans les banques et dans les groupes d'assurances que dans les draps ou dans des caches!
Tant que l'empire romain pouvait exploiter les mines d'or d'Espagne, l'empire fonctionnait en expansion du fait d'une monnaie circulante suffisante! L'opulence du début de l'empire est même proverbiale! Cette même opulence incitait les riches romains à importer des biens (exemple des épices et des pierres précieuses de toute l'Asie, l'Inde notamment), en échange de grandes quantités de pièces d'or frappées à l'effigie de l'empereur. Les archéologues trouvent encore aujourd'hui des trésors constitués loin de Rome et jusqu'en Inde et au-delà!
Et la population de la péninsule romaine crevait de faim! Les romains ont commencé à s'expatrier en Gaule (comme militaires, fonctionnaires et coloni) et ils ont rapidement fait souche avec les populations locales.
Le même phénomène s'est déroulé avec les conquêtes espagnoles et portugaises : misère, expatriation, déclin.
S'ajoute à cela une certaine démonétisation des pièces en fabriquant des bijoux, des pertes quand un bâteau coule par exemple et aussi des trésors qui se constituent à l'intérieur même de l'empire chez les plus fortunés et les commerçants. Or, ces mines d'or se sont bel et bien épuisées au premier siècle après Jesus-Christ, et cela est, sans aucun doute, un élément décisif qui engageait l'Empire vers son déclin qui prenait, pour la partie occidentale, quatre siècles. L'Epire d'Orient durait un millénaire de plus, car l'or y faisait, sans doute, moins défaut, en raison de son rôle commercial sans doute avec les pays situés plus à l'est.
La création de richesse nationale n'a rien à voir avec la monnaie : les classes dirigeantes ont favorisé l'esclavagisme pour éviter des revendications salariales ; nous faisons exactement la même chose aujourd'hui. Le système économique s'est tellement délité que les Romains produisaient moins de biens et en moins bonne quantité (vin réputé de Sicile et même de Gaule), blé venant d'Espagne et d'Afrique...
Mais j'arrête ici ce repère historique seulement esquissé et que des spécialistes connaissent bien pour venir aux temps actuels qui fonctionne avec la "monnaie papier" et qui a abandonné l'étalon or ainsi que toute autre référence à une monnaie disponible en quantité limitée. Est-ce pour autant une "monnaie de singe"? A mon sens, non, et je vous expose pourquoi en commentant la phrase suivante.
La monnaie métallique et la monnaie fiduciaire (papier) sont devenues très marginales : c'est la monnaie scripturale qui s'est imposée!
Vous poursuivez:
"Depuis la « grande libéralisation » (années 1980-1990), nous avons confié la création de la monnaie aux plus grands tricheurs de tous les temps puisque, au lieu de créer des ateliers de fonte (industrie lourde) ou des ateliers d'imprimerie (industrie lourde elle aussi, du moins au départ), les grands commerçants, les banquiers, les assureurs et les Hauts Fonctionnaires sont devenus les maîtres absolus d'un système planétaire. Grâce à ce système, ils contrôlent les Banques Centrales (Europe) et Fédérales (Etats-Unis)... qui créent de la monnaie en un milliardième de seconde, en endettant les peuples et en puisant dans leur pouvoir d'achat futur avec de « la monnaie fondante » (trop abondante, et donc exerçant une fonction de « réserve de valeur » peu fiable). "
JF Commente:
Vraiment? Avons-nous confié la création de la monnaie ainsi à des "tricheurs", les "plus grands de tous les temps"?
Eh oui! Les sommes en cause dépassent toute référence possible avec l'Histoire, et la monnaie centrale est bien plus facile à fabriquer que des pièces et des billets.
Mon analyse de ce qui se passe me conduit à une analyse différente. En effet, l'émission monétaire moderne, centrale, en billets et pièces, par les banques centrales, ne se trouve pas, comme exposé plus haut, bridée par une quantité limité de l'objet naturel, l'or notamment. L'abolition même de l'étalon or, notamment, l'abolition de la convertibilité du dollar en 1971, a eu pour effet, somme toute, heureux, de faire évoluer l'émission de monnaie centrale en fonction des évolutions économiques, la croissance intérieure et aussi celle du commerce mondial.
Eh non! Ils ont abusé de leurs "libertés" : il y a trop de monnaie.
Et comme disait Adam SMITH, quand il y a trop de monnaie en circulation, elle déborde.".
Mais, cette situation a conservé intacte un autre fait, un fait monétaire qui avait été maintenu intact comme au temps de la monnaie or: La monnaie centrale (M0) reste une valeur refuge! Surtout, comme vous le remarquez, depuis les années 1980-1990. Car en limitant l'inflation, initiée par le fait que les salaires ne suivaient plus l'inflation, les revenus disponibles se retrouvaient limités, et, du coup, l'inflation s'est peu à peu assagie jusqu'à aujourd'hui. Cette qualité de valeur refuge n'arrange pas, évidemment, les banquiers et autres collecteurs de fonds. En effet, comment faire "travailler " une monnaie que les agents aimeraient bien garder en poche dès que l'inflation ne menace plus guère?
Si certains biens sont devenus si bon marché, c'est grâce aux Chinois!
Nous en payons le prix fort : cela s'appelle de "la déflation importée".
Comme en Grèce ou à Rome, nos populations vont goûter à la MISERE!
Il faut bien saisir que cette monnaie ne rapporte pas d'intérêts à son détenteur, mais seulement à celui qui la prête, en quelque sorte pour limiter le risque qu'il prend, notamment celui du non-remboursement. En clair, si l'individu veut que son épargne lui rapporte, il la porte en banque qui lui verse alors un revenu d'intérêt, histoire de l'encourager à confier ses économies à la banque. Par le jeu des intérêts et des intérêts composés, les volumes épargnés en banque sont devenus, depuis les années 1980, considérables. En réalité, ce mouvement avait commencé dès 1945, époque où l'essentiel de la richesse était américaine. En particulier, les capacités de production, mais aussi les 2/3 des réserves d'or du monde. La croissance de trente glorieuses a quelque peu changé la donne, et sans appauvrir les USA, les autres pays du monde occidental ont rattrapé une bonne part de leur "retard" sur les USA. Voulant alors "convertir", les USA (Nixon) ont empêché cela unilatéralement, en suspendant les accords de Bretton Woods.
Il faut bien distinguer les "Trente Glorieuses" du "Système Néolibéral"!
Le rêve s'est transformé en cauchemar!
Cette libération de la contrainte de l'or peut aussi être interprêtée comme le début de la "grande libéralisation" que vous signalez! On s'est aperçu, en particulier les banquiers centraux, que l'absence de la référence à l'or ne changeait absolument rien pour ce qui est la détermination de la valeur de la monnaie. Celle-ci, en fait, se révélait dépendre de la richesse distribuée et produite, et, après une petite décennie (période des chocs pétroliers) d'apprentissage et de politique keynesienne, le monde dit capitaliste s'est converti au monétarisme.
Le monde a été converti au néolibéralisme!
C'est toute une machinerie montée de toute pièce à Wall-Street!
Il faut se souvenir ici aussi que l'épargne continuait à affluer dans les banques qui continuaient à la rémunérer confortablement. Comment les banques pouvaient-elles rémunérer ainsi l'épargne? Cela ne s'explique que par le fait que les banques ne stockaient en fait jamais les fonds collectés, mais ces fonds leur permettaient de "travailler", c'est-à-dire d'accorder des crédits en volume croissant, et au même rythme, exponentiel, que la croissance de l'épargne.
L'abondance des fonds à prêter reflétait celle de l'épargne du côté d'une petite minorité.
Et, il se trouve que "les plus grands tricheurs de tous les temps", comme vous écrivez, étaient bien contraints de faire des placmenets, de contraindree les emprunteurs à emprunter, au besoin en faisant appel aux états eux-mêmes pour se substituer aux emprunteurs de plus en plus insolvables.
Quand les richesses sont mal réparties, on crée une seule catégorie de gens : les gens insolvables!
Car l'épargne ne peut être rémunérée que si, par ailleurs, elle est investie dans des projets "rentables", c'est-à-dire producteurs d'intérêts. Avec les défauts apparus en 2007 et 2008, nous avons bien assisté à un début de "credit crunch", car les épargnants, via la faillite menaçante de leurs banques de dépôt et d'investissement, se sont réveillés inquiets (à juste titre) et, du coup, le refinancement pose bien les problèmes que nous connaissons.
Et vous avez raison, les système bancaire a, en raison du risque systémique, bel et bien contraint les banques centrales à émettre beaucoup de monnaie pour "couvrir" ainsi les gigantesques trous de refinancement apparus brusquement.
Pour couvrir leurs conneries en matière de spéculation!!!!
Quant à la fonction "réserve de valeur" que vous qualifiez de "peu fiable", on ne peut pas vraiment vous contredire, ni approuver sans réserve, car, en attendant une possible, probable hyperinflation, nous avons plutôt un climat déflationniste, notamment en Bourse et dans l'immobilier, mais au Japon, c'est général déjà.
Les déséquilibre mondial lié aux déficits géants des USA nous "protège" provisoirement d'une dépréciation rapide du dollar, car cela ruinerait les créanciers qui ne veulent surtout pas cela! Il gardent donc leurs actifs en dollar et "toxiques".
La purge sera plus rapide que vous ne croyez! Elle risque même de déstabiliser la zone euro : certains spécialistes prédisent le démantèlement de la zone euro!
Votre usage du mot "monnaie fondante" me pose un problème: S'il est vrai, sans doute, que beaucoup de monnaie centrale a été émise sans véritable contrevaleur, celle-ci ne me semble pas "fondante", ni au sens inflationniste ni au sens d'une "fonte faciale" (proposition gesellienne), mais l'objectif en est plutôt de préserver, coûte que coûte, la notion de la monnaie RESERVE DE VALEUR!
La fonction RESERVE DE VALEUR est quasiment nulle : attendez la hausse des matières, et vous verrez que nos monnaies ne valent plus rien!
Les agissements des banquiers centraux traduisent surtout un vrai désarroi, mais cela nous approche plutôt du gouffre au lieu de nous en éloigner, je pense que nous sommes d'accord sur ce point. Les actes des "plus grands tricheurs de tous les temps", il est vrai qu'ils se remplissent les poches au passage, sont cependant essentiellement motivés par la nécessité absolue qu'éprouvent les détenteurs de capitaux (les plus grandes fortunes notamment) de trouver toujours et encore des placements rentables, en clair, des débiteurs nouveaux!
Ils ont trouvé les bons clients avec les subprimes et autres produits toxiques!
Or, il n'y en a plus guère de nouveaux débiteurs solvables, d'où le blocage du système. les acrobaties financières des vingt dernières années, de plus en risquées et rémunératrices selon ces risques, sont déjà la conséquence du fait que des placements réellement industriels (l'industrie lourde dans votre écrit) étaient déjà problématiques depuis vingt ans au moins! En quelque sorte, ces vingt années ont permis de différer la crise systémique qui menaçait, en fait, déjà en 1990, au Japon en particulier!
Forcément, aucune industrie occidentale ne pourra rivaliser avec la Chine et l'Inde!
Pour changer ce dilemme, je vous écrirai, si vous le souhaitez, sur ce qu'est la monnaie anticrise (ou véritablement "fondante"), telle que Silvio Gesell l'avait proposée en son temps et qui permet de surmonter les blocages actuels, sans inflation!
Bien à vous, jf
Cordialement,
JUNON MONETA
finckh/moneta,fin
Merci beaucoup d'avoir accepté cet échange!
Prenez quand votre temps pour vivre!
Evidemment vos réponses m'inspirent d'autres réponses, mais, encore une fois, je sens que nous pouvons nous entendre - avez-vous visité mon blog?
J'xtrais donc celles de vos réponses que je commenterai à nouveau:
1) Quant aux monnaies de singe réservées à la population, et pour rester sur la Grèce Antique, les drachmes en or ont été remplacées par les drachmes en argent, et celles-ci ont rapidement disparu : ce sont des monnaies de cuivre qui les ont remplacées (oboles)...
Oui, mais, est-ce que l'économie allait plus mal avec cette "fausse monnaie"? Rien n'est moins sûr! La "mauvaise monnaie chasse la bonne" (loi de Grsham!) Au fond la monnaie en or ou en argent était trop bonne, et le fait d'avoir la monnaie en papier maintenant le prouve parfaitement!
2) D'accord sur ce point! Nous ne pourrions plus vivre uniquement avec des pièces de monnaies mais cela ne justifie aucunement que la masse monétaire M3 soit désormais plus importante que le PIB en zone euro. Il y a trop de monnaie, et elle est mal répartie.
Je sens, que là, une clarification s'impose! Je reste convaincu que M3 est très abusivement définie comme "monnaie" par les économistes! Cette notion confond complètement ce qui est monnaie et ce qui n'est pas monnaie!
Il me semble que la monnaie est ce qui achète effectivement. Dans la grandeur M3 sont inclus des placements financiers qui n'achètent pas directement et dont la valeur n'est pas nécessairement réalisée ni rapidement réalisable. L'essentiel de M3 fait face à autant de dettes, dettes qui sont dues à échéance, ce qui fait que les créances ne sont récupérées aussi à échéance!
Pour être plus précis, c'est seulement une partie de M1 qui devra être considérée comme monnaie en tant que ce qui fait réellement demande. On doit même affirmer d'une partie de M0 que celle-ci ne fonctionne pas tout le temps comme monnaie, tout comme jadis les pièces d'or qui ne circulaient pas tout le temps et pouvaient être thésaurisées, donc retirées de l'économie plus ou moins longtemps!
Quant à la mauvaise répartition de la "monnaie" (M3), nous sommes bien d'accord!
Le fait que M3 dépasse le PIB de plus en plus, il n'y a là, rien de mystérieux! Cela vient du fait que les économies des uns sont à ce point élevées, mais il y a autant de dettes en face, somme=0!
3)Je voudrais bien vous suivre, mais nous ne sommes absolument pas inscrit dans cette évolution : le dollar a perdu 98% de son pouvoir d'achat en soixante ans. L'euro a suivi le même chemin : en dix ans, il a déjà bien "fondu" même si les chiffres officiels disent le contraire.
Evidemment d'accord! Mais je décrivais le mouvement de baisse des prix (déflation) dans la situation où on utilise l'or. Ce qui n'est pas le cas actuellement, comme je l'expose aussi. Aussi, il est certain que les banques centrales entretiennent une certaine inflation, afin, justement, d'éviter une évolution déflationniste, qui serait bien pire!
Ceci dit, la situation a bien basculé depuis octobre 2008, au moment de la menace systémique, et le spectre de la déflation est possible, et largement réalisé au Japon!
4)Ce n'est plus vrai maintenant : il y a plus de monnaies dans les banques et dans les groupes d'assurances que dans les draps ou dans des caches!
Là aussi, j'exposais à partir de la monnaie or! Aujourd'hui, les thésaurisations ne sont pas négligeables, mais plus facilement compensées par les banques centrales (émission de monnaie nouvelle).
Quant aux avoirs en banque ou aux placments dans les assurances, encore une fois, ce n'est pas de la monnaie, mais de l'épargne!
Il faut vraiment distinguer sévèrement entre monnaie, épargne et thésaurisation! Trois grandeus qui ne sont pas à additionner, à mon sens, car ces grandeurs agissent différemment sur l'économie.
Ainsi, il y a un lien etre monnaie et thésaurisation au sens où une thésaurisation élevée implique une circulation monétaire réduite.
Par contre, l'épargne en banque de l'un est la dette d'un autre, et on peut dire que le débiteur se substitue au créancier pour acheter à sa place, et cela ne modifie aucunement la monnaie circulante. lors du remboursement, le créancier remboursé pourra à nouveau disposer de son argent et consommer (ou le prêter à nouveau à sa banque).
Il reste, cependant un point: au moment où l'épargne est trop concentrée, comme actuellement, les revenus de toute la population peut en être affectés et la demande fléchit: nous observons un ralentissement de la circulation monétaire qui agit alors comme davantage de thésaurisation ou comme un retrait de monnaie!
En toute logique, les rendements des placements devraient alors baisser aussi, ce qui est bien le cas avec les crédits subprimes qui sont davantage impayés (chute du rendement donc!), mais, assymétriquement, les banques centrales "compensent", histoire de tenter de garder confiance dans le système!
5)La création de richesse nationale n'a rien à voir avec la monnaie : les classes dirigeantes ont favorisé l'esclavagisme pour éviter des revendications salariales ; nous faisons exactement la même chose aujourd'hui. Le système économique s'est tellement délité que les Romains produisaient moins de biens et en moins bonne quantité (vin réputé de Sicile et même de Gaule), blé venant d'Espagne et d'Afrique..
En se "délitant", comme vous dites, cela implique bien une chute de la production! En réduisant la population à l'esclavage, cela implique aussi que les esclaves consomment moins, ou en tout cas, avec moins de monnaie!
Ceci dit, une monnaie circulant efficacement et fréquemment soutient davantage la demande est stimule, à mon sens, la production de richesse d'une façon tout à fait décisive!
Le "délitement" que vous signalez est, selon moi, clairment une conséquence d'une crise économique, initiée, elle, comme TOUJOURS, par un manque de maonnaie circulante! Sommes-nous d'accord ou non? Votre réplique me semble se contredire du debut "la création de richesse n'a rien à voir avec la monnaie" et la moindre distribution de monnaie qu'implique l'esclavage (la monnaie esr concentrée en peu de mains patriciennes)
6)La monnaie métallique et la monnaie fiduciaire (papier) sont devenues très marginales : c'est la monnaie scripturale qui s'est imposée!
Pas si marginale que vous affirmez, car la monnaie fiduciaire circule, alors que les "agregats monétaires" décrits par les universitaires ne sont que partiellement monnaie! le reste est épargne (et dette). Et, encore une fois, l'épargnant n'achète pas ce que le débiteur achète à sa place, la demande n'aura pas varié!
Il est néanmoins vrai que la monnaie fidiciaire peut diminuer dans l'usage pour se faire substituer par l'usage des transferts de DAV à DAV (cartes, chèques, virements). On peut alors dir que la part de M1 utilisée en substitution des billets fait partie de la monnaie circulante selon des proportions variables et substitutives l'une de l'autre. Et quand l'usge des moyens bancaires de paiement augmente, la monnaie liquide reflue vers la banque centrale:
le consommateur achète en liquide ou par carte un objet, il ne paye pas deux fois et ne fait pas demande doublement avec un même revenu!
Pour la suite, vous avez désoupé mon exposé beaucoup, je réponds quand même, comme je peux!
7)Eh oui! Les sommes en cause dépassent toute référence possible avec l'Histoire, et la monnaie centrale est bien plus facile à fabriquer que des pièces et des billets.
C'est exact, s'agissant de monnaie centrale bancaire, donc uniquement des comptes courants détenus par les banques auprès de la banque centrale! Il n'est donc pas nécessaire d'imprimer tout cela en billets, évidemment d'accord! Mais ces avoirs ne circulent pas au sens où ils servent seulement à sauver les bilans des banques, maintenues solvables ainsi. Et ces avoirs ne génèrent guère de crédits pour l'économie, comme nous le savons bien!
8)Eh non! Ils ont abusé de leurs "libertés" : il y a trop de monnaie. Et comme disait Adam SMITH, quand il y a trop de monnaie en circulation, elle déborde.".
Encore exact, bien sûr, mais cette monnaie ne circule "heureusement" pas, sinon, ce serait l'hyperinflation!
9)Si certains biens sont devenus si bon marché, c'est grâce aux Chinois! Nous en payons le prix fort : cela s'appelle de "la déflation importée". Comme en Grèce ou à Rome, nos populations vont goûter à la MISERE!Totalement exact, cela confirme le fait que les chinois, en étant payés (les ouvriers!) 20 euros par mois, ne consomment pas autant qu'ils produisent: le revenu distribué n'augmentant guère, il s'agit d'une forme de "déflation importée", d'accord!
10)Il faut bien distinguer les "Trente Glorieuses" du "Système Néolibéral"! Le rêve s'est transformé en cauchemar!
C'est vrai, ce sont des époques différentes, même si je n'empoyerais pas ce vocabulaire ainsi! Notamment, ce qui est communément appelé "néolibéral" ne me samble absolument pas "libéral" mais totalement CONTRAINT par des conditions de plus en plus purement capitalistes au sens: pas de rendement = pas d'investissement! Les avantages capitalistiques (monopoles et oligopoles) empêchent, de plus en plus, ce que le rêve "libéral" pouvait apporter d'un jeu concurrentiel plutôt efficace! Mais la distinction fine que je fais entre libéralisme et capitalisme nécessiterait tout un texte à part, se ser une autre fois!
11)Le monde a été converti au néolibéralisme! C'est toute une machinerie montée de toute pièce à Wall-Street!
Cela ressemble bien à cela, même si j'en donne une raison différente: Pour moi, la concentration des richesses a commencé à devenir un fardeau lourd pour nos économies, et ces richesses se sont bien préparées dans la période précédente. Mais, je pense que nous tombons assez d'accord!
12)Quand les richesses sont mal réparties, on crée une seule catégorie de gens : les gens insolvables!
100% d'accord!
13)Pour couvrir leurs conneries en matière de spéculation!!!!
Vous le dites!
14)La purge sera plus rapide que vous ne croyez! Elle risque même de déstabiliser la zone euro : certains spécialistes prédisent le démantèlement de la zone euro!
Je le crains comme vous, mais là, nous "spéculons" un peu! La zone euro risque de se retrouver surévamluée et en déflation?
15)La fonction RESERVE DE VALEUR est quasiment nulle : attendez la hausse des matières, et vous verrez que nos monnaies ne valent plus rien!
Sans doute,c'est possible, en attendant, par exemple en bourse et dans l'immobilier, les actifs sont fortement dépréciés face à une monnaie en position d'attente. Mais il y aura de grosses bulles spéculatives, c'est probable, et alors, ce que vous dites peut se vérifier! Ce que je pointe, il me semble, c'est que la position d'attente spéculative de la monnaie est une façon de se se réfugier dans la monnaie liquide au sens de la préférence ou la trappe des liquidités. Et ce temps d'attente est plus ou moins long. Mais, au fond, c'est différent qu'au temps de l'or, car les banques centrales ont fait comprendre qu'elles refinanceront toujours et quels que soient les montants nécessaires, et ceci calme peut-être quelque peu les spéculateurs à la baisse, le risque de voir leur capital se déprécier (fondre, pourquoi pas!) est trop gros.
16)Ils ont trouvé les bons clients avec les subprimes et autres produits toxiques!
C'est vrai que ceux qui se sont désengagés à temps de ces actifs toxiques (forcément quelques uns et pas les moindres!) se retrouvent largement gagnants au détriment des épargnants plus modestes qui ont pris des papiers subprime sans le savoir: les actionnaires de Natixis (dont moi-même!) par exemple!
17)Forcément, aucune industrie occidentale ne pourra rivaliser avec la Chine et l'Inde!
A terme, c'est possible, pas sûr! Car de deux choses l'une: si ces pays n'augmentent pas, chez eux, les salaires des ouvriers, ceux-ci n'achèteront guère. Et s'ils les augmentent, ils achèteront leurs produits, et nous redeviendrions à nouveau plus compétitifs. Je rappelle que l'Europe a, avec la Chine et l'Inde, une balance commerciale actuellement équilibrée, ce qui n'est pas le cas des USA! Aussi, il faut bien dire que nous sommes (encore!) compétitifs!
A plus, jf
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