Non, tout est en ordre !

Tout marche bien grâce au système capitaliste.

Les richesses se concentrent gentiment et sont bien gardées !

Pourquoi changer cela,

L’espèce n’est pas en danger, même si 90% des richesses sont détenus par moins de 10% de la population, ou 50% par moins de 1000 personnes (sur 6.500 000 000 d’individus environ).

Pourquoi pas, d’ailleurs !

Les désargentés vivant avec moins de un dollar par jour n’en ont sans doute pas besoin, car ils vivent et se reproduisent.

Réformer ce système au moyen de la monnaie fondante ou monnaie « accélérée » ou anticrise ?

Ce serait priver les gentils capitalistes de ce qu’ils savent si bien faire : concentrer toujours et encore davantage les richesses.

Cela les « obligerait » à partager un peu plus, quelle hérésie !

Cela contesterait le fait que le monde appartient aux capitalistes.

Ce serait faire en sorte que les communs mortels pourraient entrer dans l’économie monétaire indépendamment des richesses déjà accumulées !

A quoi bon ?

C’est l’ordre du monde,  merveilleux, pourquoi changer cela ?

Tout le monde rêve de devenir riche !

Il faut que cela reste un rêve inaccessible pour que ce soit un rêve qui suscite les espoirs. Où irions-nous si tous accédaient à une certaine prospérité qui les mettrait à l’abri de l’angoisse du lendemain ?

Où trouverait-on alors la chair à canon, où les esclaves nécessaires pour servir les happy few pour quasiment rien !

Le système si merveilleusement exploiteur est l’ordre juste du point de vue de ceux qui ont déjà presque tout !

Evidemment, en cas de crise systémique comme actuellement, il y a un petit souci !

Comment maintenir coûte que coûte ce système merveilleux ?

Heureusement, le temps passe, les tempêtes aussi.

Au bout de quelques moments de tension désagréable et quelques soucis de refinancement, il y a à parier qu’une génération de jeunes soigneusement mise à l’écart de toute constitution de richesses continuera à se vendre pour pas cher (pour quasiment rien) pour avoir le droit de manger les miettes tombées des tables des riches, pour vivre et se reproduire, afin que tout continue comme avant.

Le désir de vivre et la volonté de perpétuer l’espèce sont peut-être indestructibles.

Même la crise écologique trouve un début de réponse grâce à une décroissance soutenue depuis 2008 et qui « économisera » les réserves naturelles, faute de demande solvable.

Telle est la perspective du merveilleux capitalisme mondial !

Johannes Finckh, le 19 avril 2009