La définition de la monnaie et du crédit

Ce qui engendre la confusion chez les économistes, c’est la définition même de la monnaie ainsi que la définition des avoirs monétaires, autrement dit du crédit.

On m’a souvent objecté de ne m’intéresser qu’au numéraire qui, selon les économistes, ne jouerait plus qu’un rôle marginal dans les transactions.

Selon eux, l’essentiel de la « monnaie » serait dématérialisé et circulerait entre banques…

Pour eux, payer par virement bancaire ou par crédit serait toujours de la « monnaie ».

On invente, on se contorsionne, on invente M1 (monnaie fiduciaire + réserves obligatoires sous forme de compte de dépôt des banques auprès de la Banque centrale).

S’ajoute à cela M2, l’épargne facilement accessible et sans délais particuliers et qui contribuerait à acheter et il s’agirait donc aussi de monnaie

Il y a ensuite M3, l’épargne à long terme et les placements financiers divers.

Les économistes s’amusent ensuite à additionner tout cela pour arriver à des chiffres plus ou moins astronomiques qui serait la « masse monétaire circulante».

Et dans cet ensemble, évidemment, M1 représente un faible pourcentage du tout, de l’ordre de 10%, cela varie selon les pays et les coutumes.

Or, cette méthodologie est inacceptable d’un point de vue logique et pratique et ne tient   compte dabsolument aucun fait économique réel.

C’est comme additionner 2 pommes + 3 poires = 5 (quoi déjà ?) !

Soyons sérieux !

1) S’il est évident pour tout citoyen ayant un compte courant que l’on peut faire l’essentiel de ses achats sans sortir un billet de sa poche, est-ce que cela veut dire que mon compte en banque est de la monnaie ? C’est aller trop vite !

Sans participation de la banque qui procède instantanément à des transferts de créances d’un compte à un autre, inscrivant un débit d’un côté et des créances ailleurs (somme : nulle), rien ne se fait.

Et quiconque se heurte à un refus bancaire (provision insuffisante, refus de crédit, etc) aura compris qu’il ne s’agit donc à aucun moment de monnaie !

Les seules transactions sans intervention de tiers se font en monnaie liquide : billets et pièces ! On ne sort pas de là.

2) Tant que le système de crédit tient debout et tant que les citoyens peuvent se faire confiance, nous ne remarquons presque rien de cette évidence !

3) En même temps, les achats réalisés par transfert de créances, tous les achats « non liquides » , participent évidemment beaucoup à la « fluidité » économique, et leur côté sûr et pratique, surtout pour des montants élevés, est à reconnaître.

4) Ceci dit, l’usage étendu de ces modes de paiement restreint le « besoin » de monnaie liquide pour se limiter à  être un « droit à tant en billets ou pièces », et cela suffit largement le plus souvent.

5) Cette pratique a pour effet de diminuer M1 circulante, et les banque rendent une partie de leurs excès liquides à la banque centrale qui leur inscrit un avoir équivalent, part des réserves bancaires susceptible d’être restituée aux banques sur demande et en cas de besoin.

6) D’autre part, il faut bien voir que les banques sont amenées à créer du crédit pour ceux qui veulent acheter au-delà de leurs avoirs du moment, et cela fonctionne, car les banques peuvent recourir aux avoirs excédentaires des autres clients du réseau.

Mais : cela revient à dire en substance : les emprunteurs achètent plus et les créanciers moins à l’instant T, et demain, quand le créancier veut récupérer son pouvoir d’achat, cela se fera par le biais d’une nouvelle double écriture bancaire.

Il en résulte que l’usage des techniques bancaires n’a créé aucun centime de pouvoir d’achat supplémentaire, en tout cas dans l’ensemble, mais seulement un transfert temporaire de pouvoir d’achat par un jeu de créance – dette.

7) En ce qui concerne les compte d’épargne et, encore davantage, les divers placements financiers, il est encore davantage évident que les créances (des déposants) représentent des dettes pour les banques.

Les banques sont alors chargées de placer les sommes qu’elles ont reçues (empruntées au sens strict !) de la part des épargnants pour les prêter aux emprunteurs (crédit maison, voiture etc…).

Les emprunteurs auront ainsi une dette inscrite à la banque équivalente des créances des déposants.

Somme : nulle encore une fois, aucune « création monétaire, là non plus.

8) La seule création monétaire nette résulte de la volonté (libre ou contrainte, peu importe !) de la banque centrale qui peut diminuer les réserves obligatoires des banques, baisser le Refi, ou même émettre de la monnaie en le fabriquant –en échange de devise ou de titres plus ou moins « toxiques » par exemple – ou même en échange de rien du tout pour « accompagner le besoin de liquidités du système » !

Nous voyons, c’est simple et logique !