monnaie fondante

Réflexions partagées à propos des causes de la crise financière et des solutions qui peuvent être apportées par le recours à la monnaie fondante.

12 avril 2009

message pour Paul Jorion

Cher Paul,

je trouve assez désespérant que la grande majorité continue de confondre "monnaie" et  "crédit". Heureusement que vous tenez bon, je me sens un peu "isolé"!

D'autre part, j'ai lu avec beaucoup d'attention votre exposé dans "'l'implosion..." de ce qu'il en est de l'approche mathématique soi-disant "scientifique" des placements financiers.

Là aussi, les dits spécialistes font compliqué et se trompent, en face d'une réalité tout autre!

En fait, on ne le sait que trop, par ailleurs, que le comportement (la "psychologie" de Keynes) des agents doit suivre le mouvement la plupart du temps-pour faire le contraire un moment donné, difficile à jauger.

Cela vient du fait que les bulles sont des événements obéissant à une logique imaginaire, comme le casino, et, finalement, le système est irrationnel pour la simple raison que la monnaie est une créature irrationnelle en étant "réserve de valeur" (un objet que l'on garde) et objet d'échange en même temps!

Et cela produit l'instabilité nécessairement! Lisez Gesell!

jf

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11 avril 2009

échange jorion/lemaire/finckh

De: bruno Lemaire :Bonjour Paul, bonjour tous,

Je pense effectivement qu'il s'agit plus de problèmes de vocabulaire et de 'jargon technique' que de mauvaise foi réciproque ou partagée ou de procès d'intention, voire de lobotomie partielle ou totale.

J'ai vu passer un certain nombre de billets devant moi, sans y avoir vraiment participé, et donc je suis relativement 'neutre'. Donc 'rentrons les couteaux' au vestiaire, en sachant que l'expression 'ex nihilo' n'est sans doute pas la meilleure.

En fait, si l'on reprend comme définition de la monnaie une définition relativement neutre elle aussi, telle que:

"" la monnaie est une dette de X qui circule et qui est acceptée comme moyen de paiement", en précisant que, suivant l'autorité de X, cette monnaie est plus ou moins 'fiable',
exemple:
X peut être un particulier, une entreprise, une banque, un état, une région, voire le monde entier,

il suffit, pour vous mettre d'accord avec ce que Paul définit comme ses adversaires de dire que, pour 'les adversaires', X peut être une banque, alors que pour Paul, ce ne peut être qu'un état.

(Pour moi, en cas de monnaie 'parallèle', tout groupe acceptant cette monnaie valide par là même cette monnaie: c'est le cas de Wir, ce fut le cas à Lignières, etc.)

Je dois beaucoup à cette réflexion à mes amis du groupe 'Monnaie', et je ne me considère pourtant pas comme votre 'adversaire', mon cher Paul, et je n'ai jamais nié vos qualités ni vos connaissances du système bancaire.

Très cordialement, Bruno.

Le 11 avril 2009 15:41, Paul Jorion <paul_jorion@msn.com> a écrit :

Pour avoir travaillé plus de dix ans dans des organismes accordant du credit, je peux vous assurer que la question ne sera pas comprise, ni sous la premiere forme, ni sous la seconde. Il n'y a pour ces organismes que deux sources de financement possible : les comptes des clients (a vue ou a terme) et les emprunts qu'ils peuvent contracter eux-memes.

Si vous insistez, ils vous renverront a la distinction importante a leurs yeux entre "pret" et "ligne de credit" (dont je vous ai parle dans un courrier precedent). Au mieux, ils interpreteront "les credits font les depots" comme une maniere poetique de dire que leur activite est utile.

C'est tout le sens du debat passionne qui a eu lieu sur mon blog sur cette question : mes adversaires affirmaient " Il faut que nous trouvions un expert qui nous explique comment les choses se passent VRAIMENT". Je leur repondais : "Qui mieux que moi ? Ce fut non activite pendant dix ans !" Mais mon temoignage ne comptait pas : je devais etre soit de mauvaise foi, soit avoir subi un lavage de cerveau !

Paul

Le 11 avril 2009 17:54, Johannes FINCKH <johannes.finckh@wanadoo.fr> a écrit :

Cher Monsieur Jorion,

vous exprimez, à mon sens, le seul point de vue tenable sur cette question, comme la plupart de banquiers "sérieux", d'ailleurs.

Je vois que les geselliens partagent votre point de vue sur ce point totalement!

je suis en train de lire votre livre "l'implosion", qui démontre aussi bien cela: quand les emprunteurs font défaut, tout s'effondre, et aucune tricherie, ni même le renflouement en monnaie centrale, n'y feront guère grand'chose:

Quand la confiance n'est plus, cela veut dire que les déposants fuient la banque! Et les banques ne seront plus!

Tant que les économistes de l'université ne capitulent pas avec leurs fantasmes de création monétaire par les banques, ils n'avanceront pas, par contre, ils embrouilleront tout pour encore longtemps pour le plus grand malheur de tous!

Pour "défendre" un peu les banques, je dirais que les banques ont prendre les risques insensés qu'elles avaient pris, non seulement à cause des modèles mathématiques foireux que vous dénoncez à juste titre, mais aussi parce que la richesse accumulée par l'ogigarchie de la finance étaite telle qu'il fallait coûte que coûte la replacer, et ce en face d'une majorité de presonnes de moins en moins solvables! La non solvabilibité provient évidemment du fait même de l'enrichissement rapace de la minorité.

Et la "rapacité" ce cette minorité n'est pas tellement l'expression de leur "mauvaiseté" intrinsèque, mais un fait de structure de notre monnaie "irrationnelle" qui est fabriquée pour être "objet" d'accumulation pour lui-même! C'est cela que veut dire "réserve de valeur!" Et un objet que l'on veut posséder, collectionner, circule décidément mal, justement parce qu'il s'agglutine là où il est! C'est la mécanique des intérêts et des intérêts composés qui résulte de cette propriété de la monnaie et qui impose une croissance exponentielle aux fortunes financières et ce qui en découle.

Sauf que l'immolier ne soutiendra pas cette croissance indéfiniement, ni aucun autre secteur, évidemment!

Sans les placements risqués avec les techniques sophistiques, la crise systémique serait arrivée vingt ans plus tôt!

La cause de tout cela reste à identifier dans le fait que le retrait de la monnaie de ce à quoi elle est destinée, à savoir à servir l'économie dans la réalisation d'investissements "utiles", peut faire défaut quand le "rendement" risque de baisser pour les fortunés!

La baisse tendancielle du taux de profit (Keynes) reste une donnée fondamentale d'une économie prospère.

C'est cette "grève" de l'argent que les techniques financières du capitalisme casino avait réussi à le "masquer" pendant près de vingt ans! un vrai exploit.

Et cela vient du fait, il me semble, que ceux qui ont pu ainsi "s'amuser" à jouer et à spéculer ne manquaient pas d'argent du tout pendant toutes ces années, tellement ils en avaient!

Comment comprendre qu'un Madoff a pu planter au moins 50 milliards de dollars sans que cela "manque", dans un premier temps, aux investisseurs?

Pour les subprimes, vous l'analysez bien, les banques et les déposants du monde entier y on participé pour couvrir longtemps ce jeu risqué et pour "subventionner" les consommateurs américains en même temps que les capitaux auffluaient aux USA qui, pourtant, creusaient leurs déficits commerciaux d'une façon extravagante, preuve que leur production intérieure était totalement insuffisante pour soutenir le niveau de consommation intérieur!

Cela revient à dire que le reste du monde, surtout les pays aynt un fort excédent commercial avec les USA, la Chine, Le Japon, l'Allemagne et d'autres, produisaient pour permettre aux américains de soutenir un rythme de consommation "au dessus de leur niveau"!

à+, jf

----- Original Message -----

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Cc: Paul Jorion ; Jean-Louis Magnol ; orio.lucien ; blietaer@earthlink.net

Cher Johannes, je ne comprends toujours pas pourquoi vous imaginez un véritable 'complot' des 'économistes universitaires' .
De plus, si vous qualifiez les banquiers de 'sérieux' uniquement s'ils partagent vos vues, je pense qu'il y a un très léger a-priori de votre part.
En revanche, je suis d'accord pour ne pas rejeter sur la voracité des banquiers le mauvais fonctionnement du système. Je pense que toute personne, à leur place, et ayant un tel pouvoir, en ferait autant, c'est dans la nature humaine.
Donc, faisons en sorte que le nouveau système monétaire interdise au maximum les dérives speculo-finacières, sans mettre au pilori des bous émissaires (même si, connaissant un certain nombre de banquiers de niveau 'intermédiaire'- dont certains dans l'inspection - je pense que l'on pourrait remplacer la plupart de leurs hauts dirigeants par à peu près n'importe quel directeur d'agence: ces hauts dirigeants ne méritent sûrement pas leurs millions d'indemnités, leur seul 'mérite' est de faire partie du même réseau que nos gouvernants).

Cordialement, B.L.

Commentaire Johannes Finckh le 11 avril 2009/réponse à Bruno Lemaire et à Paul Jorion

oh non, ce n'est pas un complot, c'est une question de perspective!

La monnaie telle qu'elle est émise, réserve de valeur ET objet d'échange reste pour l'es économiste leur point aveugle!

Leur point d'aveuglement, leur voile (pudique?) ! Pour Marx, c'est évident, il ne s'y intéressait guère!

Pour les "classiques" et leur idée de la "neutralité", il n'y aurait rien à voir!

Keynes a évidemment levé un coin du voile et produit des avancées significatives.

Mais c'est quand même Silvio Gesell et les geselliens (en mettant Proudhon dans le bon ordre) qui ont résolu le mystère!

Sauf que leur solution est restée "inouie" dans tous les sens du mot!

Pour rester "aveuglés" par la notion de "valeur", on méconnaît en conséquence la nature "circulante" de ce qui est seul efficace dans la monnaie, à savoir le fait d'opérer les transactions!

A ce moment-là, et puisque la monnaie serait "valeur" et non seulement instrument de transaction, les universitaires étendent indûment le vocabulaire "monnaie" à des choses qui ne sont pas monnaie, et, du coup, ne peuvent décidément pas comprendre comment cela fonctionne!

Les banquiers, plus praticiens, savent comment cela fonctionne, et certains, disont les plus "rusés", profitent de la notion de "valeur" non interrogée et se mettent plein les poches!

Gesell ne dit pas, ni Creutz ni moi-même, que l'on ne peut pas opérer des transactions autrement qu'en monnaie, par exemple par le troc.

Le transfert d'une créance s'assimile, en fait à du troc, en ce sens que cela reste une évaluation que cela vaudrait tant en monnaie et aurait donc telle valeur d'échange (tel prix).

Cependant, tant que la créance n'est pas entièrement soldé, il se passe des tas de choses, et la crise nous le rappelle vigoureusement!

Une transaction n'est entièrement soldée que quand le transfert d'argent aura été effectué entièrement, nous ne sortons pas de là!

J'aurai payé ma maison entièrement quand j'aurai entièrement remboursé le banquier, et si je fais défaut par insolvabilité, le banquier peut me prendre ma maison et essayer de la vendre pour se "refaire" autant que possible.

Mais cela ne lui assure pas de récupérer tout, évidemment, quand bien même, moi, j'aurais tout perdu.

Entre temps, je dois tant par mois que je ne dépenserai pas pour autre chose que pour rembourser le crédit.

Les créancier pourra, en ayant renoncé au début à dépenser lui-même parce qu'il m'a prêté cette somme, dépenser lui-même tout ce qu'il récupère aux échéances prévues, ou alors, s'agissant d'un banquier,  prêter à d'autres au fur et à mesure qu'il récupère ce qui lui est dû et qui dépenseront à leur tour à la place du prêteur, et ainsi de suite!

Le rôle du banquier reste donc clairement celui de remettre l'argent dans le circuit, toujours pour faire en sorte que le plus de trnasactions possibles se fassent sans interruption!

Nous ne sortons pas de là.

Je dis que le "concept" de création monétaire bancaire" est totalement inutile, invérifiable en pratique et n'explique strictement rien.

Abandonnons-le, l'explication des circuits monétaires sera bien plus simple et plus juste!

1+100 000-100 000=1 , tout comme 1=1!

Les "100 000" seraient les créances en face des dettes!

Inutile de s'encombrer l'esprit avec cela pour saisir ce qui se passe dans l'économie réelle.

Pour saisir la logique de la crise, cela n'ajoute rien.

Car la crise vient de toute façon du fait que la monnaie, dans sa version "réserve de valeur", se retire du circuit, car les créanciers sentent qu'il ne récupèrent plus leur "valeurs", quelles que soient les techniques sophistiquées élaborées par l'industrie fiancière!

Et il s'agirait, au fond, pour sortir de la crise, de découpler la notion de "valeur" de la fonction monétaire, afin que la investisseurs soient "forcés", et ce en toute circonstance, de "collectionner" d'autres "valeurs" que la monnaie elle-même, qu'il convient de libérer pour qu'elle réalise, toujours et encore, toutes les transactions nécessaires à la vie, sans jamais faire défaut à cette fonction! D'où la nécessité de la monnaie "fondante"!

C'est d'ailleurs exactement là que Keynes a trahi Gesell, en craignant que la monnaie non thésaurisable pourrait générer d'autres écueils, en thésaurisant d'autres "valeurs!" Il est sur ce point passé à côté de l'essentiel de l'apport de Gesell.

Eh bien oui, les biens durables sont appelés à être thésaurisés ou collectionnés, et ce sans dommage pour l'économie, bien au contraire, cela est très motivant, par contre, la "collection" de la monnaie comme "valeur refuge ultime", voilà le problème comme tel qui grippe tout!

Accumler de lingots d'or ou des montganes de diamants n'entravera jamais la circulation de monnaie, sauf à déclarer ces objets-là à être monnaie.

Un autre point: si on avait attendu les économistes pour supprimer l'étalon-or, nous l'aurions encore, tellement ils n'ont pas compris! C'est ce "voyou" de Nixon qui a reglé le problème, espérons-le, définitivement!

Gesell était très libéral quant au commerce et salue le désir de s'enrichir, mais il récusait que la richesse se transforme jamais en rente!

Cela lui paraissait incongru et nuisible, et je pense comme lui sur ce point.

D'où, d'ailleurs, pourquoi, il veut régler aussi la propriété foncière qui est un souci dès que les terres seraient entre trop peu de mains, et il souhaite la redistribution rigoureuse de la rente foncière. Pour ma part, il me semble qu'une taxation adéquate pourrait venir à bout de ce problème et le rendre supportable.

Gesell n'était certainement pas égalitariste, mais en refusant les avantages acquis comme la rente monétaire (l'intérêt), il voulait obtenir que le seul travail humain et indviduel permette à chacun de s'enrichir de son vivant selon ses moyens, ses opportunités et ses chances par son seul travail personnel et non celui des autres (où, comme dans le capitalisme les plus pauvres nourrissent les plus riches toujours davantage au point de crever de faim!)

jf

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échange magnol/lemaire/finckh

Le 11 avril 2009 08:31, Jean-Louis Magnol <jlmag59@yahoo.fr> a écrit :

Je m'interroge sur la baisse du taux de rémunération du livret A qui est présenté comme l'étiage le plus bas que ce livret ait connu. Inflation à 0,3%, rémunération à 1,75% donc un différentiel positif de 1,45%. Evidemment, ce n'est pas la bourse dans ses périodes de bulles spéculatives ! Inflation basse, épargne en trop grande quantité seraient les causes de cette baisse de rémunération. Est-ce à dire que cette épargne n'arriverait plus à trouver de débouchés de consommation publique (logement puisque le livret A lui est dédié, je crois) ? Qu'elle ne peut garantir des emprunts faits par d'autres ? Et que le gouvernement a décidé de relancer la consommation ? Mais qui peut raisonnablement consommer plus en période d'incertitude (licenciements en masse, augmentations annoncées de différentes taxes locales, avantages fiscaux consentis toujours et encore aux plus nantis et j'en oublie sûrement) ?
C'est une réflexion, sans plus.
Jean-Louis

p.s : je vais tenter de contacter un banquier que je connais pour lui demander de me confirmer que les crédits  ne font pas les dépôts et qu'il y a bien un préalable à tout prêt.
Pourras-tu m'aider, Johannes, à préparer ce courrier ?

From: Bruno Lemaire

Sent: Saturday, April 11, 2009 9:04 AM

La présentation par les médias (en gros titres) de la 'baisse' des livrets A est, une fois de plus, mensongère.

Comme le dit Jean-Louis, une rémunération réelle de 1,4%, pour un taux de croissance de l'économie négatif, est beaucoup mieux que ce que la plupart des gens, en particulier les PME et les artisans, peuvent espérer.
Si l'on compare aux 4% précédents, avec un taux d'inflation de "3.8%", et un taux de croissance de 0,5% pour l'économie, il n'y a pas 'photo'.
comment peut-on encore accorder le moindre crédit aux medias, avides de sensationnel?

Bien, cordialement, B.L.

Projet de lettre à un banquier:

Cher Monsieur,

Que pensez-vous de l'idée répandue dans les milieux universitaires qui affrime, au moyen de diverses contorsions comptables, que "les crédits feraient les dépôts?"

Si cela est le cas, pourriez-vous nous exposer avec le vocabulaire bancaire comment cela fonctionne!

En effet, pourquoi les banques peuvent faire faillite, alors qu'il leur "suffirait" d'accorder de crédits sans se soucier du refinancement? Donc des "sécurités"?

Avec mes salutations distingués

Jean-Louis Magnol

Johannes, le 11.4.2009

Réflexion tout à fait intéressante!

Une rémunération s'approchant de zéro impliquerait, en théorie, que les logements (sociaux) pourraient être financés à un très bas taux, ce qui devrait relancer le secteur, toujours en théorie.

Or, nous nous approchons dangereusement de la trappe aux liquidités, d'autant que les prix n'augmentent guère, voire baissent sans doute dans le commerce de gros.

Les consommateurs sont menacés dans leur sécurité économique par le chômage qui s'étend.

Je pense comme Jean-Louis qu'il ne vont pas consommer davantage dans le contexte actuel.

Cela me mène à la réflexion en général du lien entre consommation et épargne.

Une consommation en baisse fait baisser les profits des entreprises qui, elles, à coup sûr, ne vont ni épargner ni emprunter ni investir.

Les travailleurs vont moins consommer parce qu'il ont moins (chômage!), mais ils n'épargneront pas davantage, car ils ne peuvent pas.

Les seuls à pouvoir tenter de faire de l'argent sont les spéculateurs qui, en se maintenant le plus liquides possibles, se mettent en position d'attente, aussi longtemps que possible.

Autrement dit, dans un contexte non inflationniste,, la baisse des taux (nécessaire) débouche inévitablement vers la trappe aux liquidités avec la monnaie actuelle et ne relancera en rien la consommation.

Pour relancer, il faut mettre la pression sur ceux qui peuvent attendre!

Et, une fois de plus, je ne vois que la monnaie anticrise capable de parvenir à cette fin.

Elle "obligerait" à rendre la monnaie à nouveau circulante, soit en se contentant du faible taux d'épargne débouchant alors sur les possibilités de refinancement pour les entreprises en baissant leurs charges financières pour la simple raison que la "position d'attente" sera rendue coûteuse avec la monnaie fondante, pour les banques comme pour tout le monde.

Investir pour ne pas perdre, ou en tout cas, moins perdre que quand on reste liquide et en position d'attente, tel sera le résultat de la monnaie anticrise!

S'il reste vrai que cela ne redistribue pas d'emblé, comme tenterait de la faire une taxe sur les fortunes et les héritages, les richesses, nous assisterions néanmoins à une reprise sensible qui permettrait aux gens modestes de se constituer une épargne nouvelle dont la "rémunération" serait constituée par le contexte non inflationniste d'une part et par le fait que l'épargne serait le seul moyen d'échapper à la "fonte" qui frapperait les seules liquidités (monnaie fiduciaire et comptes courants).

Les grandes fortunes se trouveraient rapidement confrontées à une baisse sensible de leurs rendements financiers, ce qui serait déjà un premier résultat intéressant. De plus, les fortunés seraient bel et bien amenés à abandonner leurs positions d'attente et ils refinanceraient "contraints et forcés" les secteurs économiques les plus profitables, pour le plus grand avantage de tous.

Car je rappelle, dans le contexte actuel, c'est le non-investissement  qui est l'attitude la plus profitable pour les fortuné, en attendant de racheter quand la bourse sera encore plus basse (spéculation à la baisse). Cette "irrationnalité collective" reste "raisinnable" individuellement est revient à entretenir la crise des liquidites.

jf

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07 avril 2009

à propos de keynes

Question de Paul Jorion@ Johannes Finckh

A propos de Gesell, deux choses. La première : on rapporte toujours que Keynes avait une opinion très favorable de sa proposition de monnaie « fondante » mais on oublie de dire qu’il avait aussi une objection qu’il jugeait fondamentale :

Il n’avait pas compris en particulier que la monnaie n’est pas la seule richesse assortie d’une prime de liquidité, qu’il n’y a qu’une différence de degré entre elle et beaucoup d’autres articles, et qu’elle tire son importance du fait qu’elle a une prime de liquidité plus forte qu’aucun autre article. Si les billets en circulation devaient être privés de leur prime de liquidité, toute une série de succédanés viendraient prendre leur place, monnaie de banque, créances à vue, monnaies étrangères, pierreries, métaux précieux en général, etc. John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) : 177.

Si l’on veut que la monnaie fondante soit acceptée, il faut répondre aussi à cette objection.

Deuxième chose : votre analyse du problème, les termes que vous employez et la problématique, sont « quasi-marxistes ». Pourquoi écarter alors la solution politique que celui-ci propose : éliminer l’organisation de la société en capitalistes, patrons, travailleurs, pour lui préférer une réforme de la monnaie qui résoudra peut–être la question de la concentration des richesses, mais uniquement de manière « asymptotique », par une longue érosion du pouvoir des rentiers ? Et comme ces derniers disposent de l’argent, ils disposeront automatiquement aussi des moyens de se défendre durant cette période de transition de durée indéterminée.

Réponse Johannes Finckh@Paul Jorion

En ce qui concerne l’objection de Keynes:

“Il n’avait pas compris en particulier que la monnaie n’est pas la seule richesse assortie d’une prime de liquidité, qu’il n’y a qu’une différence de degré entre elle et beaucoup d’autres articles, et qu’elle tire son importance du fait qu’elle a une prime de liquidité plus forte qu’aucun autre article. Si les billets en circulation devaient être privés de leur prime de liquidité, toute une série de succédanés viendraient prendre leur place, monnaie de banque, créances à vue, monnaies étrangères, pierreries, métaux précieux en général, etc. John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) : 177.

Des geselliens y ont répondu, mais leur littérature diffuse peu.
En fait, Gesell y répond d’avance en quelque sorte.
Gesell ne refuse asolument pas l’accumulation des richesses non liquides. Il me semble que les trésors, même en or massif, les tableaux, et plus largement la “monnaie de banque” (l’épargne), ne sauraient être une réelle objection au fonctionnement de la monnaie fondante. leur “degré de liquidité n’a pas grand chose en commun avec le “degré de liquidité” de la monnaie, n’en déplaise à Keynes. Quant au devises, leur accumulation poserait peut-être un problème pour le pays étranger qui se trouverait privé de liquidités, mais ce pays devra alors (peut-être?) répondre à son topur avec de la monnie fondante…
Comment le dire encore, ce qui compte c’est que la monnaie, l’échangeur universel, ne soit jamais au repos, et nous aurons toujours une conjoncture active où la demande sera placée à égalité avec l’offre. A cet égard, des richesses non monétaires ne constituent en rien un obstacle. Les créances à vue non plus, car elles sont dues à échéance, et, dans l’intervalle, c’est l’emprunteur qui fait usage de la monnaie prêtée. Rien de ce que dit Keynes ne saurait fait obstacle à la circulation effective de la monnaie fondante!

La deuxième objection me semble beaucoup plus séerieuse et inquiétante en effet!
Les richesses accumulées en peu de mains sont devenus effectivement extrêmes. Là, je ne sais pas trop répondre, sauf qu’il faudrait sans doute s’attaquer aussi aux droits de succession et rétablir une meilleure prohgressivité de l’impôt sur le revenu. Un consensus majoritaire pour une meilleure redistribution des richesses existantes, y compris fonières, devrait néanmoins être possible, dès que chacun sera assuré de pouvoir vivre de son travail (et non de ses rentes ou des aides sociales), choses à portée de main avec la monnaie fondante.
Cela ne poura alors qu’accélerer la réduction des richesses des plus riches, dans un but de plus grande justice sociale, je suis preneur!
Mais tout cela me semble plus facilement réalisable en régime de monnaie fondante, régime qui s’attaque en effet au “processus d’accumulation primitive du capital” pour employer du vocabulaire marxiste. Si les marxistes pouvaient marcher avec les geselliens en vue d’une meilleure justice sociale, ok.
Mais je récuse la “révolution”, surtout si elle se veut violente, pour moi, cela n’a pas de sens! Je récuse aussi ue l’on s’attaque à la liberté d’entreprendre ou que l’on nous l’aberration d’une économie planifiée d’en haut!
Merci beaucoup de m’avoir donné l’occasion de cet échange!

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richesse et monnaie fondante

@Paul Jorion
A propos de la “richesse” en régime de monnaie fondante.
Je pense comme Paul Jorion que la richesse accumulée des happy few ne “fondra” que lentement. On doit aussi s’attendre à une stratégie de résistance de leur part pour préserver leurs revenus rentiers. Ces revenus résultent des rendements de leurs actifs les plus divers, y compris l’immobilier, le foncier, les matières premires, etc.
Alors, il est sensible que, avec leurs moyens colossaux, les investisseurs fortunés vont se replacer sur tout ce qui est susceptible de rapporter et de renforcer leurs oligopoles ou monopoles. Ceci pourrait effectivement devenir problématique.
Mais, à mon sens sens, il ne faut pas “dramatiser”, car la situation ne serait en aucune façon “pire” qu’actuellement. Je parierais même que, peu à peu et assez tranquillement, la situation s’améliorerait, comme disait Gesell “avec le seul travail du peuple désormais libéré des chaînes de l’intéret de l’argent et sans autre adjuvant, le capital se noyera dans la graisse”.

Je vais mener une réflexion sur le pétrole, matière stratégique s’il en est.
A supposer que les investisseurs spéculateurs jetteraient leur dévolu sur le pétrole. Nous assisterions par exemple, avec la reprise de la conjoncture en régime de monnaie fondante, à des achats spéculatifs massifs de pétrole au point de porter son prix à des sommets extrêmes, tels que conduire sa voiture deviendrait très coûteux.
Cela pèserait lourdement sur l’économie mondiale et aurait, à pemière vue, des effets très négatifs sur la reprise. D’accord.
Mais, s’il est vrai que le pétrole a la position stratégique qui est la sienne actuellement, il me semble qu’une telle situation pourrait même se révéler bénéfique pour le climat! C’est vrai que l’on pourrait dire que la “taxe écologique” serait alors captée par les spéculateurs sur ce marché.
Mais il est vrai aussi que nous assisterions alors à une réduction sensible de la consommation de pétrole, comme cela s’était déjà amorcé lors de la dernière flambée des cours jusqu’en août 2008.
Nous assisterions aussi à un redéploiement industriel en faveur des voitures plus économes et des maisons mieux isolées.
Les énergies alternatives, le vent, le solaire, etc. deviendraient, un moment donné, compétititives, ainsi que la biomasse.
Ces énergies concurrentes auraient, à mon avis, un effet limitant sur la hausse du petrole.

Mais un autre aspect a encore plus d’importance: Les profits des spéculateurs eux-mêmes seraient dûment exprimés en monnaie fondante! Et ces sommes, éventuellement énormes, devraient, sans tarder, être réinvesties, justement parce qu’il s’agirait de monnaie fondante!
Autrement dit, même les gains “indûs” les plus choquants ne pourraient plus se soustraire au circuit économique ensuite pour attendre tranquillement le coup suivant.
Bien sûr, les investiseurs pouraient, après une “bulle pétrolière”, par exemple tenter une “bulle foncière” en s’accaparant les terres agricoles disponibles. Là, il est certain que les gouvernement ne pouraient pas rester inactifs et ne le resteraient sûrement pas! Tout d’abord, on saura toujours qui achète quoi dans ce cas (le cadastre!), et il serait aisé de fixer des plafonds du nombre de ha autorisés à un individu ou une société.
On peut aussi jouer avec la taxe foncière pour limiter les achats spéculatifs, car ces terres devront alors au moins rapporter le montant de la taxe à leurs propriétaires, et elles seraient alors exploitées pour produire les richesses nécessaires à tous et qui seraient vendues. Toujours en régime de monnaie fondante, tous ces circuits, qui génèreraient sans doute des gains spéculatifs dans un premier temps, deviendraient toujours et encore monétaires pour “réaliser” les gains, et ces gains se einvestiraient obligatoirment et sans tarder
Nous voyons que le circuit de la monnaie reste au centre (comme maintenant, d’ailleurs), sauf qu’il ne pourrait plus jamais faire défaut pour générer des crises systémiques.
En plus, les vendeurs de ces biens, le pétrole ou les terres agricoles, savent aussi que leur bien fait l’objet de spéculation, et nous assisterions sans doute de leur part aussi une hésitation à céder leur bien, ce qui ralentirait les concentrations spéculatives pour les tarir ensuite complèyement.
On eut étendre ces réflexions aussi aux actions cotées et à tout aute bien ou service.
Fondamentalement, avec le bouclage du circuit monétaire avec une monnaie fonante qui ne peut plus se retirer, tous ces problèmes me semblent plus faciles à résoudre qu’actuellement.
Encore un point: L’émission de monnaie fondante nécessiterait, évidemment, une restauration régulière de la masse monétaire (à cause de la “fonte”), et ces sommes représentent une petite recette supplmentaire à verser aux gouvernements ou, mieux, comme prime à la naissance pour tout nouveau-né!L’émission serait fonction de l’indice moyen des prix qui seraient aussi stables que possible.
J’espère que cet article éclairera un peu plus le mystère.
Pour conclure, on put dire que les riches resteraient riches sans doute encore longtemps, mais ils ne pourront plus exercer le pouvoir absolu comme maintenant. Devoir réinvestir sans tarder (sous la menace d’une “fonte” sans contrepartie!) leur impose la responsabilité sociale pleine et entière qui leur incombe du fait de leur richesse et à laquelle ils se dérobent totalement actuellement!
S’enrichir par son travail ou en inventant quelque chose de nouveau et de porteur ne serait que favorisé avec la monnaie fondante, les avantaes “mérités” reviendraient à leurs auteurs, mais ces avantages ne seraient plus susceptibles de se transfrmer en “rente de situation”!
jf

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29 mars 2009

Johannes Finckh, Jean Jégu, Bruno Lemaire

Johannes FINCKH a écrit à Jean Jégu  le 22 mars 2009:

Cher Monsieur,

J'ai lu attentivement votre document passionnant sur le fonctionnement monétaire et le crédit.

Si je ne peux que vous rejoindre sur vos conclusions et sur l'impact primordial de M1 dans l'économie, il me semble qu'il faut aller un peu plus loin, ce que je vous propose!

En effet, connaissez-vous l'approche de Silvio Gesell et se monnaie fondante?

Avec ses propositions, il est deviendra facile de stabiliser le système, de finir avec toutes les crises auxquelles nous sommes confrontées!

Si cela vous intéresse, je vous fais parvenir - à mes frais - un exemplaire de l'ordre économique naturel en sa traduction française, éditée en 1948 et introuvable par ailleurs.

Je vous indique aussi mon blog http://monnaiefondante.canalblog.com/

où vous trouverez des analyses originales;

De même, je vous conseille vivement la lecture de l'ouvrage d'Helmut Creutz, traduit en français depuis décembre 2008 : Le syndrome de la monnaie paru aux éditions ECONOMICA

Plus dans le détail, à propos de votre texte:

Si on essaye de vous suivre sur la création monétaire par les banques via le crédit et qui a remplace l'action du trésor, c'est vrai que vous reprenez (en mieux) beaucoup de choses que j'ai lu et étudié à ce sujet.

Cependant, il me semble que vous passez trop vite (vous le dites) sue le point, page 16 : "mise à part la crainte du non-remboursement"!

et page 18: "ce qui est vraiment étonnant dans le cas des banques c'est qu'elle peut payer les salaires par simple jeu d'écriture et pourrait ainsi échapper à tout risque de cessation de paiement".

Je ne peux absolument pas me convaincre de votre argumentation, pourtant soigneuse et largement répandue.

En effet, concrètement, un banque peut parfaitement faire faillite, et elle cherche, comme toute entreprise, à réduire les coûts et à accroître sa rentabilité bien sûr.

Et elle peut se tromper, comme vous le dites aussi en citant le crédit lyonnais justement. Sans la solidarité de place ou sans le contribuable, tout cela ne tient pas!

La crise systémique actuelle est aussi une preuve, à mon sens, suffisante, que les banques ne peuvent pas et n'ont jamais pu créer de monnaie via le crédit!

En réalité, il me semble que les banques ne font que recycler ce qu'elles encaissent en dépôt, et la part de refinancement de la part de la banque centrale est évidemment minime, car cela correspond (M1) aux besoins de de monnaie centrale de l'économie en expansion.

En fait, l'essentiel des ressources bancaires provient bel et bien des épargnants, nécessairement, sinon, la circulation monétaire ne serait pas "circulation" comme vous le remarquez très justement. Il est tout aussi évident que cet argent ne dort pas dans les banques, en général, ni dans les réserves obligatoires de la banque centrale (encore moins!), nous sommes d'accord.

Il me semble tout aussi évident que les intérêts du crédit sont pour l'essentiel reversés aux épargnants fortunés, et les banques se font, pour l'essentiel, les intermédiaires entre (leurs) créanciers et (leurs) débiteurs.

Ils encaissent, évidemment, une marge qui leur sert à leur fonctionnement et qui assure leur profitabilité, bien sûr.

Vous le notez, à la fin de votre texte, que ce système est certainement très instable.

Je vous joins un grafique que m'a transmis Helmut Creutz quant aux fortunes monétaires et leur croissance exponentielle et qui est le corollaire complet des dettes accumulées.

Là aussi, l'égalité de toutes les dettes et de toutes les créances est totale à tout moment! Autrement dit, l'endettement du plus grand nombre, de plus en plus insolvables, y compris les états, fait face à l'enrichissement astronomique d'une oligarchie financière!

Si le trésor n'intervient plus dans la création monétaire mais que les financements  (la création dites-vous)  proviennent du crédit, cela tient au fait que les liquidités sont largement suffisantes, en principe.

Seulement, les débiteurs ne peuvent plus s'endetter davantage, et les banques d'investissement, mais en fait tous les réseaux bancaires, étaient contraintes, depuis la fin des trentes glorieuses (1974), d'organiser des placements financiers rémunérateurs mais de plus en risqués, car les capitaux surabondants des grandes fortunes ne touvaient plus à se placer autrement.

La crise tient au fait que les risques se sont réalisés, inéluctablement, du fait de l'insolvabilité des débiteurs (exemple: les subprimes).

Je vous dirai davantage si ce débat vous intéresse!

J'ai aussi fait une proposition à la BCE (pièce jointe), comment il serait assez simple de résoudre le problème posé aujourd'hui.

Voir sur mon blog la lettre d’Helmut Creutz à la Süddeutsche Zeitung du du 16 octobre 2008

From: jean Jégu

To: Johannes FINCKH

Sent: Monday, March 23, 2009 10:25 AM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

Cher  Monsieur,
Merci pour l'attention avec laquelle vous avez bien voulu lire mon texte déjà ancien. Je ne l'écrirais plus tout à fait de la même manière aujourd'hui, les choses m'apparessant de plus en plus claires.
De mon coté, j'ai aussi parcouru avec attention les textes que vous avez joints. Faute de temps suffisant ( en réalité, je suis en panne informatique et cela me crée bien des soucis ! ), je serais bref au risque d'être un peu laconique. veuillez ne pas m'en vouloir et m'en excuser.
Je retiens deux grandes idées : les banques commerciales ne créent pas de monnaie "ex nihilo" ; il nous faut la monnaie "fondante".
Sur le premier point, vous savez sûrement qu'il en a été très longuement débattu sur le blog de Paul Jorion courant 2008 ; j'y suis intervenu de février environ à septembre, je crois. Depuis je m'abstiens tant j'ai compris que nous n'arrivions pas à nous comprendre. En fait, mon problème a été - car je crois l'avoir résolu et celà a été dit plusieurs fois, je crois par d'autres dans les échanges - de comprendre pourquoi,Paul et ceux qui le suivent persistent dans une position si largement minoritaire ( ce qui n'est pas la preuve qu'elle serait fausse ! ). C'est, je crois, une question de vocabulaire. Paul , et vous pensez en banquier ; les autres observent l'économie. Je m'explique : vous ne retenez comme "monnaie" que la monnaie de banque centrale ( ce qui est peut-être exact dans les textes légaux ) sans voir que c'est la monnaie de compte ( bancaire ) qui constitue l'essentiel des moyens légaux de paiement, c'est à dire la monnaie réelle. Ceci ne serait pas très grave si ça ne vous interdisait d'entrevoir le vrai remède : réserve lacréation monétaire , y compris la monnaie de compte, aux banques centrales. Nous n'allons pas reprendre ici les longues discussions pour savoir d'où n'est la monnaie centrale : des banques centrales uniquement, nous sommes d'accord, mais à l'initiative des banques commerciales, au moins jusqu'ici car avec le fiasco général en cours ces banques centrales sont obligées de reprendre l'initiative. Voilà comment je vois les choses. Réfléchissez à l'époque ou la monnaie était faite de pièces  uniquement, pièces généralement déposées en banque contre un reçu ( l'ancêtre de nos billets de banque).Ces reçus commencèrent à être utilisés dans les échanges marchands. Etaient-ils de la monnaie ou bien étaient-ils utilisés comme de la monnaie ? De l'ordre fût apporté le jour ou il fût décidé qu'une seule banque par devise nationale - la banque centrale - émettrait des reçus ( des billets ) et que ces billets étaient légalement de la monnaie certes couverte ( mais de moins en moins  ! ) par des pièces en or.  De même il faut que les comptes bancaires soient enfin considérés pour ce qu'ils sont, i.e. l'essentiel de la monnaie d'aujourd'hui, et cette monnaie doit ne "jaillir" à sa source que des banques centrales. Je crains que vous ne partagiez pas mon point de vue, mais j'ai déjà passé trop de temps sur cette question. Je ne peux que vous féliciter de vous intéresser de très près à cette question et vous inviter à poursuivre vos analyses.
Sur la monnaie fondante de Silvio Gessel, j'ai bien entendu quelques idées. Je ne l'exclus absolument pas, mais je pense que ce n'est pas la panacée et surtout qu'elle ne règle en rien la question précédente : dans quelles conditions et par qui serait émise cette monnaie fondante ? En outre, il y a d'autres moyens équivalents de favoriser la circulation monétaire comme le fait la monnaie fondante, par exemple, une monnaie tout à fait stable mais dont la détention ferait l'objet d'une taxe mensuelle  ou hebdomadaire. C'est très facile dès lors que techniquement on peut envisager de réduire les échanges monétaires à des échanges informatisés.
Merci de m'avoir proposé le livre de Gesell que je n'ai pas en effet, mais comme vous le voyez - peut-être à tort, mais il y a tant à faire - mon opinion est pour l'instant assez  bien faite quoique je ne m'interdise pas d'évoluer si j'ai des éléments nouveaux.
Merci encore pour ce contact à propos d'un sujet fortement lié à l'avenir de nos sociétés et certainement de toutes les sociétés humaines.
Avec mes sincères salutations.
Jean Jégu.


Johannes FINCKH a écrit le 23 mars 2009 :

Cher Monsieur Jégu,

je suis assez d'accord avec beaucoup de choses que vous dites et que souhaitez modifier certaines choses dans votre document.

Quand vous évoquez une taxe hebdomadaire ou mensuelle sur la monnaie, ou les comptes courants, vous êtes, de fait, déjà "gesellien", et je vous en félicite!

Il reste une question à laquelle vous ne répondez pas vraiment: Pourquoi, contrairement à ce que vous dites dans votre texte, le banques peuvent-elles bel et bien faire faillite? Ceci est pour moi une preuve suffisante qu'elles ne créent pas de la monnaie en distribuant des crédits - bien à mla légère parfois, d'où les risques de très mauvaises affaires parfois - en lien avec les grosses fortunes financières dont l'argent doit impérieusement être recyclé - le mieux serait sous forme de don aux plus pauvres, mais on peut rêver! La monnaie fondante rend ce rêve possible - lisez H.Creutz et S. Gesell!

très amicalement, jf


From: jean Jégu

To: Johannes FINCKH

Sent: Monday, March 23, 2009 7:13 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

Merci Johannes.
Je reviens sur votre "preuve", à savoir que les banques peuvent faire faillite, ce qui ne serait pas le cas si elles créaient la monnaie !
Revenons en pensée au temps des pièces et de leur dépôt en "banque de dépôt" délivrant des reçus "au porteur" ( soit des billets propres à la banque avant que n'xiste une banque centrale ). Si un banquier - imprudent ou plus exactement un peu tricheur - délivrait plus de reçus qu'il n'avait de "couverture" en pièces dans ses caisses, les clients peinaient à s'en apercevoir ... encore qu'il y ait eu des  problèmes quand tous les clients perdent confiance, mais de toute façon ses confrères banquiers n'ont jamais accepté ce genre de reçus dans  leur  transactions entre eux . Pas fous ! Ils savaient bien, eux, que c'était les pièces la vraie monnaie !
Eh bien aujourd'hui, c'est exactement la même chose en décalant d'un cran : pour un banquier, la "vraie" monnaie ( vous le dites vous-même et j'en suis d'accord) c'est aujourd'hui les billets émis par la Banque Centrale ou bien  le compte de billets tenus par la Banque Centrale. Donc entre les banquiers, toutes les transactions se font nécessairement en monnaie centrale. Il faut que chaque banque en dispose suffisamment pour satisfaire aux Réserves obligatoires, à la fourniture des billets à leur clientèle, et à la compensation. Or il en trouve soit sur le marché interbancaire à condition qu'il soit solvable en monnaie centrale ( les banquiers ont aujourd'hui de fortes craintes à ce sujet ) soit par refinancement  auprès de la Banque Centrale à condition de disposer de titres éligibles au refinancement ( aujourd'hui les BC ont tendace à accepter un peu n'importe quoi pour sauver le système qui s'écroule). Si ces conditions ne sont pas remplies le banquier n'a plus qu'à fermer boutique car il ne peut plus faire de nouveaux crédits  ne serait-ce que pour remplacer ceux qui viennent à terme, et ceci quelque soit les montagnes de crédits qu'il ait accordé - donc les montagnes de monnaie bancaire - auparavant. Il est clair que ces crédits circulent entre banques et donc exigent des relations financières en monnaie centrale entre ces banques.

C'est bien dommage que tant de temps soit perdu à discuter de nos différences de compréhension car en réalité nous ne sommes ni les uns ni les autres satisfait du fonctionnement actuel. Et pour proposer une création :monétaire efficace et surtout maitrisée d'une manière ou d'une autre par la collectivité - je veux dire au service des intérêts publics - il faut tarir à la source la profusion  actuelle uniquement orientée par des intérêts privés. Il est donc indispensable de bien identifier cette source de "moyens de paiement" que nous l'appelions ainsi comme les font les banquiers ou que nous l'appelions "monnaie" comme tout le monde.

Ceci dit, ne nous épuisons pas à trouver un accord ; oeuvrons autant que possible dans le sens qui nous semblent utile.
Cordialement.
jean jégu.



Johannes FINCKH a répondu le même jour :

Bravo! vous semblez rejoindre mon point de vue!

Il n'empêche qu’il faut que les économistes, la grande majorité, ceux qui défendent encore la "création monétaire bancaire via le crédit", capitulent sans reste, car il faut quand même revoir l'enseignement des "sciences" économique".

Ceci dit, je suis d'accord pour en rester là.

Comment agir en pratique?

Par une expérience locale de monnaie fondante par exemple? Pourquoi pas, mais il faut se mettre en relation avec des élus et des responsables locaux ou régionaux.

Si vous pouviez faire cela, cela serait formidable!

Bien amicalement, jf

----- Original Message -----

From: jean Jégu

To: Johannes FINCKH

Sent: Tuesday, March 24, 2009 10:29 AM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

Bonjour Johannes,
Je suis toujours noyé dans mes problèmes informatiques ... donc ma concentration coté monnaie reste légère.
Ceci dit, je ne pense pas que la "création monétaire bancaire via le crédit" soit fausse. Elle est hélas exacte, mais elle réclame en sous-jacent une création monétaire centrale limitée qui peut se faire aussi par crédit accordé par les banques centrales  En quelque sorte toute la monnaie, la "vraie", la "seule" selon le vocabulaire banquier (c'est à dire les monnaies centrales) aussi bien que les monnaies bancaires, les seules en usage concrètement auprès des agents économiques, toute la monnaie ne nait que du crédit. Après le crédit, il existe plus de monnaie qu'avant, ce que d'aucuns appellent non sans raisons "création monétaire ex nihilo"
Etant donné l'incidence des échanges monétaires sur la vie des individus en société, je pense qu'il serait temps que ces sociétés, en tant que telles, prennent en main  leur création monétaire.
Si vous êtes d'accord sur cette dernière phrase, alors nous sommes d'accord au moins sur les objectifs à défaut  de l'être tout à fait dans l'expression de la réalité actuelle.
Amicalement.
Et je rappelle d'urgence mon FAI ! ...





Le 24 mars 2009 13:37, Johannes FINCKH <johannes.finckh@wanadoo.fr> a écrit :

d'accord, mais l'hypothèse de la création monétaire via le crédit bancaire peut s'éliminer sans reste, et nous aboutissons aux mêmes conclusions!

Pourquoi la maintenir, alors que la "démonstration" est si laborieuse", un peu comme le mouvement planétaire avec la terre au centre? Il me semble qu'il ne s'agit que d'une concession au discours universitaire déconnecté des faits!

Plus avant, il est aisé de démontrer que si on a si longtemps pu croire en cette "création" miraculeuse, cela tient au fait que les capacités spéculatives de refinancement des fortunés sont à ce point devenues énormes qu'elles pouvaient et peuvent encore soutenir des bulles spéculatives tout aussi énormes! Pendant plusieurs années sans problème! C'est le coup qu'essaie T. Geithner actuellement à nouveau, on verra bien si les requins vont morde à l'hameçon, c'est possible, pas sûr!

La vraie cause de la crise reste la même: l'écart de fortune entre 1000 milliardaires et le reste du monde!

A suivre! amicalement, jf

_

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Cc: jean Jégu ; nadin ; Jean-Louis Magnol ; orio.lucien

Sent: Tuesday, March 24, 2009 2:00 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

La "preuve" de Johannes n'en est évidemment pas une.
Je reprends l'échange entre Jean et Johannes " à savoir que les banques peuvent faire faillite, ce qui ne serait pas le cas si elles créaient la monnaie !"
Sans prendre parti - ce n'est pas le lieu - sur la création monétaire 'ex nihilo', la contre-preuve de Johannes ne serait exacte que sous la seule condition que cette création de monnaie puisse être 'illimitée', ce que personne n'a jamais affirmé, à ma connaissance du moins.
Cette 'création' est forcément limitée (d'abord par un certain nombre de ratios 'prudentiels', les banquiers ne sont pas des 'créateurs tout puissant', tels le 'Bruce' du film. Il faut donc porter l'argument anti ou contre la création 'ex nihilo' sur un tout autre plan.
J'en profite pour rappeler qu'en dépit de l'intérêt que j'ai trouvé à lire le livre de H. Creutz, là encore j'y vois quelques tours de passe-passe.
Pour 'prouver' qu'il n'y a pas de création monétaire 'ex-nihilo', H. Creutz fait monter de façon vertigineuse les dépôts et les créances associées.
Il est sûr que si personne ne rembourse jamais ses dettes, on peut inventer n'importe quoi. Là non plus, ce n'est pas une 'preuve' de quoi que ce soit.
La seule chose que l'on peut vraiment affirmer, c'est que seule la monnaie fiduciaire est créée par les banques centrales. Pour le reste, à chacun de voir comment les banques commerciales accordent des prêts. Il est évident que si elles en accordent trop, elles se retrouveront en situation d'illiquidité, mais, là encore, cela ne signifie nullement, ni dans un sens ni dans l'autre, qu'il y a, ou non, création monétaire 'ex nihilo'. Cette éventuelle création est nécessairement limitée.
En conclusion provisoire, je pense que s'étriper sur ce sujet ne me semble pas très productif, certains arguments de moyenne ou de mauvaise foi pouvant nous faire oublier
le propos essentiel: peut-on agir contre la crise avec une politique monétaire adaptée, et si oui, avec quel type de monnaie.
Bien à vous, Bruno.

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Cc: Jean-Louis Magnol ; orio.lucien ; nadin ; blietaer@earthlink.net ; Pascal Barbeau ; j.p.lacam@sciencespobordeaux.fr ; Coiffet ; Alain Beguerie ; Patrick ZILBERBUSZ ; yamina salem ; jeanne.capmartin@numericable.fr ; sandaimard@yahoo.fr ; petition@solidariteetprogres.org ; jean.gadrey@univ-lille1.fr ; Yves de Saint-Cyr ; Odile Vincent Godfroy ; bickel68 ; Archissi24@aol.com ; Roberte COUSI ; "Bernard Trémeau" ; Revue Nexus Dennery ; Prof Henri Joyeux ; "Maïté Castano" ; Marco Edition Pietteur ; L'Alsace ; "Irène Freeman" ; bernard.lietaer@accessfoundation.org ; Adrien ; jerome.blanc@ish-lyon.cnrs.fr ; anmariebea@numericable.fr ; Charles DUPONT ; Richard

Sent: Tuesday, March 24, 2009 9:10 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

Rebonjour,
Un point sur lequel on ne peut qu'être d'accord, c'est sur le poids insupportable des 'revenus non gagnés', et plus précisément sur le poids de certains banques et spéculateurs mutli-milliardaires:

en citant Johannes "
La vraie cause de la crise reste la même: l'écart de fortune entre 1000 milliardaires et le reste du monde!",
ou, avec mes propres termes, le 'prix de l'argent', c'est à dire le taux des prêts et le fait que la monnaie 'réserve de valeur', circule à contre-cycle.

Bien à vous, B.L.

----- Original Message -----

From: Johannes FINCKH

To: Bruno Lemaire

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Sent: Thursday, March 26, 2009 10:37 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

J'ai écouté DSK ce soir;

il a raison de parler de système gelé et en disant que les milliards n'arrivent pas en bas!

Il faut donc "dégeler", c'est-à-dire faire "fondre" l'argent pour qu'il soit liquide et "arrive en bas"!

Un "nettoyage" du système bancaire ne fonctionnera que si on met le bon "nettoyant" antigel, c'est-à-dire la monnaie fondante!

Ces remarques me font penser que les "responsables" des plus hautes instances en savent quelque chose de ce qu'il convient de faire!

----- Original Message -----

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Cc: Jean-Louis Magnol ; orio.lucien ; nadin ; blietaer@earthlink.net ; Pascal Barbeau ; j.p.lacam@sciencespobordeaux.fr ; Coiffet ; Alain Beguerie ; Patrick ZILBERBUSZ ; yamina salem ; jeanne.capmartin@numericable.fr ; sandaimard@yahoo.fr ; petition@solidariteetprogres.org ; jean.gadrey@univ-lille1.fr ; Yves de Saint-Cyr ; Odile Vincent Godfroy ; bickel68 ; Archissi24@aol.com ; Roberte COUSI ; "Bernard Trémeau" ; Revue Nexus Dennery ; Prof Henri Joyeux ; "Maïté Castano" ; Marco Edition Pietteur ; L'Alsace ; "Irène Freeman" ; bernard.lietaer@accessfoundation.org ; Adrien ; jerome.blanc@ish-lyon.cnrs.fr ; anmariebea@numericable.fr ; Charles DUPONT ; Richard

Sent: Thursday, March 26, 2009 11:05 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

J'ai écouté aussi DSK, d'une oreille assez distraite. Le seul fait qu'il veuille à tout prix sauver les banques ne me l'a pas rendu spécialement pertinent. Soit il se trompe, soit il connaît parfaitement le problème, et il nous trompe donc.

Je pense comme M. Allais (cf. Impôt sur le capital et réforme monétaire) qu'il faut transformer, ou retransformer les banques, en simples institutions financières.

En dehors de cela, je continue à soutenir le projet de monnaie fondante, sur ce point pas de désaccord entre nous.

Très cordialement, Bruno.

_

Nous sommes d'accord, seulement: l'introduction de la monnaie fondante aura déjà précisément l'effet de remettre les banques à la place qui est bien la leur: des institutions financières chargées d'alimenter l'économie avec tous les crédits nécessaires à des investissements durables et soutenables, même hors toute considération de "croissance": je rappelle que la monnaie fondante garantira même le plein emploi sans croissance!

Tout simplement, parce que penser dans les catégories de la monnaie fondante (la vraie monnaie en terme de fonctionnalité et d'efficacité!)révèlera ce qui aura toujours été vrai: les banques ne créent pas un centime via le crédit, mais sont (actuellement) capables (et même obligées!) de "planter" des milliards en prenant des risques insensés pour le compte des "trop" riches qui se sont prêtés à ce casino trop longtemps, dans l'espoir de presser le citron toujours davantage: la crise était un phénomène inéluctable, justement parce qu'il n'y a jamais eu un centime de monnaie de "créé" hormis les injections de la part des banques centrales! C'est bien ainsi que cela s'analyse convenablement!

On peut même dire qu'il n'y a en fait plus de dettes quand tous les débiteurs sont insolvables: comme au monopoly, le jeu s'arrête.

Autrement dit, les prêteurs "floués" auront réglé la dette ... de force!

On peut même dire que ce casino a duré tout ce temps (Madoff, subprimes, etc.) tout simplement parce que les fortunes des fortunés étaient à ce point colossaux qu'il ne se sont pas aperçus avant qu'il y avait là un problème très risqué, comme toute bulle spéculative! Celle-ci était tout simplement énorme! Les très riches sont si riches qu'ils peuvent jouer avec des millions longtemps sans souffrir du tout!

D'où le "trou noir" auquel nous sommes confrontés!

Avec la monnaie fondante, cependant, un tri se fera tout naturellement entre les débiteurs devenant à nouveau solvables et rembourseront alors "raisonnablement" à des taux raisonnables et les autres qui "méritent" de faire faillite du fait de leur idiotie ou du fait d'avoir été trop ruinés et que la nouvelle solidarité, issue du revenu minimum de dignité devra soutenir, le temps de se refaire par leur simple travail!

Bien amicalement , jf

Voir sur mon blog : "le trou noir"



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17 mars 2009

scénario catstrophe

Je suis largement d'accord avec vous, je ne résous pas à "diaboliser le système bancaire;

à mon sens, les banques agissent comme elles doivent agir en fonction de ce qu'lles gèrent, à savoir les avoirs monétaires bancaires (leurs passifs ou dépôts) et les crédits accordés (leurs actifs).

Cela revient à dire que les actifs doivent générer un peu plus que ne leur coûtent les actifs.

Dans le contexte actuel, elles cherchent bien des placements les plus rentables possibles face à des débiteurs déjà surendettés!

Les débiteurs sont même devenus carrément insolvables!

Le fait que toute cette dette est de plus en plus rachetée par les pouvoirs publiques aura pour effet de rendre de plus en plus d'états, les plus endettés et les moins puissants en premier, insolvables, car leurs rentrées (fiscales) normales ne suffisent tout simplement plus pour servir cette dette.

Ce scénario est vrai pour le tiers monde, l'Afrique notamment, depuis trente ans déjà, mais toute l'Afrique ne représente que quelques 1 ou 2% du PIB mondial, elle est, de fait "négligeable" et donc négligée dans ce contexte.

Mais le scénario s'étendra inexorablement!

Déjà l'Islande, l'Irlande, La Grèce, l'Italie, l'Espagne et le Portugal sont au bord du gouffre, plusieurs grand pays est-européens, la Hongrie, la Pologne, la Lituanie et d'autres sont dans le même cas. L'Argentine était dans ce cas en 2000.

Eh bien, que se passe-t-il alors?

On ne peut, sans risque de déstabiliser le tout, laisser tomber ces pays qui représente beaucoup plus dans le PIB mondial, d'autant que ces pays (l'Italie et l'Irlande, l'Espagne et le Portugal  et l'Islande notamment) ne sont pas exactement "pauvres" quant à leur poids PIB!

En ne les laissant pas tomber, le domino continuera et atteindra fatalement les pays les plus puissants. La Californie est déjà en cessation de paiement et sous perfusion!

Autrement dit, la prochaine crise financière est maintenant une question de jour, et il ne m'étonnerait pas que le G20 du 2 avril nous révèlera cela!

Et cette crise-là, combien faudra-t-il alors injecter via les banques centrales et/ou le FMI?

En tout cas, on doit redouter le fait que les créanciers, en clair les 5 ou 10% les plus riches (personnes physiques) et parmi ceux-ci notamment les quelques (un millier pour le monde) milliardaires, n'auront pas très envie d'cheter des créances auprès des des états devenus généralement insolvables.

Si nous avons aimé le credit crunch nous adorerons le credit stop!

Quels que soient les montants émis, ce scénario est hautement probable très prochainement!

Les milliardaires provoqueront-ils, pour continuer à "ne pas pardre leurs rentes", l'arrêt de l'économie?

A genoux, nous verrons alors ramper les Sarkozy et Obama, Brown, Merkel, et les autres dirigeants pour qu'ils veuillent bien gentiment prendre en main non pas la moitié de la fortune mondiale (ils l'ont déjà!) mais la quasitotalité!

A genoux, il leur sera demandé de prendre toutes les usines, toutes les maisons, toutes les routes, toutes les ressources - en un mot, tout le pouvoir, en échange de quoi les armées des pays dits "démocratiques seront  mis à leur disposition pour mater les révoltes qui suivront.

Si le G20 ne décide pas, avec l'aide des banques centrales, une réforme de l'émission monétaire en émettant une monnaie anticrise, ce scénario me semble in éluctable; je prends date en espérant que le pire ne sera pas le pire!

à+,jf

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16 mars 2009

12 questions-réponses Lemaire/finckh

----- Original Message -----

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Sent: Saturday, March 14, 2009 10:52 AM

Subject: 12 questions sur la monnaie

Cher Johannes,

Ayant poursuivi ma réflexion sur la monnaie en m’appuyant sur la lecture de trois auteurs :

S.Gesell, Maurice Allais et   .. Helmut Creutz,

Je voudrais vous soumettre un certain nombre de propositions,
et j’aimerai que vous me disiez avec lesquelles vous êtes en accord,
en désaccord, et, dans ce dernier cas, pourquoi
.

1) En économie stationnaire (croissance zéro), les intérêts payés aux
banques enrichissent la sphère financière aux dépens de la sphère ‘productive’.

Je dirais: les fortunes monétaires (avec la monnaie actuelle, bien sûr!) croissent même en cas de croissance économique nulle, ce qui implique que la grande majorité consommera d'autant moins et qu'une croissance nulle causera, pour l'année suivante, un risque sérieux de récession (décroissance), car la consommation devra chuter. Pour simplement maintenir le même niveau de vie de la majorite, il faudrait facilement 3 ou 4% de croissance!

La "sphère finacière", j'entends qu'il s'agirait des sommes utilisées pour nourrir des bulles spéculatives?

2) En économie en croissance, si le taux d’intérêt payé aux banques est supérieur au
taux de croissance de l’économie ‘réelle’, la sphère financière s’enrichit aux dépens
de la sphère ‘productive’.

Dans le même sens que la première question, les fortunes financières (monétaires) croissent en toute circonstance, et ce jusqu'au moment où leur croissance exponentielle Kn=(K+p) puissance n  rencontre la limite absolue des débiteurs insolvables en grand nombre (comme mainteant!).

(où K= le capital de départ, n=les années, et p = le taux d'intérêt.)

Il s'agit là d'une logique autonomisée et assez "folle", car aucune "croissance" économique réelle ne pourra suivre, du fait que les ressources et la force du travail (malgré les progrès technologiques) ont des limites.

De plus, la baisse de l'efficacité marginale du capital est une constante économique et liée au fait que le jeu de la concurrence a tendance à entamer les marges productives.

Par contre, la monnaie (actuelle) peut être retenu et exercer ainsi une pression (chantage) constante sur l'économie et tous ses acteurs, moyennant quoi, la croissance exponentielle du capital monétaire tend à se poursuivre inexorablement, quelle que soit la situation de l'économie réelle.

Et ceci causera tout aussi inexorablement l'effondrement du système et se terminera nécessairement très mal: crises sociales et guerres, si on ne modifie pas cela!

3) L’augmentation de la masse monétaire est due aux intérêts payés aux banques, lorsqu’il
n’y a pas augmentation nette du numéraire émis par la banque d’émission.

Encore une fois, non, les intérêts sont payés par les débiteurs, sans aucune augmentation de masse monétaire liée à cela.

Comme je l'affirme ailleurs, la croissance économique, accompagnée par les banques centrales, génère une création monétaire, afin d'éviter des évolutions déflationnistes (la banque centrale vise une petite inflation entre 0 et 2% avec plus ou moins de succès, car elle ne maîtrise que l'émission et pas l'utilisation de la monnaie émise).

La situation critique actuelle a cependant conxoqué les banques centrales à intervenir massivement, afin de nourrir les créanciers avec de la monnaie centrale qui (peut-être "heureusement"?) ne cricule guère, car nous aurions, sinon, une hyperinflation - éventualité prochainement possible, peut-être plus vite qu'imaginable, dès que les grands pays industriels seront déclarés en cessation de paiement.

4) La seule augmentation de la masse monétaire est égale à l’augmentation du numéraire émis par la banque d’émission.

oui.

En fait, les banques centrales ouvrent des comptes centraux aux banques qui les autorise à demander du numéraire selon leurs besoins et selon ce que les usagers demandent.

Le taux directeur (le Refi) est censé limiter l'émission, car il est en général supérieur au taux des marchés financier interbancaire. Mais nous vivons là aussi un moment extraordinaire où ces taux, comme au Japon, aux USA et en GrandeBretagne, et bientôt à la BCE, seront mis à zéro, et ceci implique effectivement un arrosage en monnaie liquide des réseaux bancaires, afin de masquer leur faillite (crise de confiance) et le défaut des débiteurs qui ne peuvent plus nourrir la rente du capital!

5) La maîtrise de la masse monétaire est un leurre, si on ne maîtrise pas aussi sa vitesse de
circulation

Tout à fait d'accord, on ne peut agir que sur ce qui est en movement, et la monnaie immobilisée (thésaurisée ou très ralentie) est comme une monnaie absente quant à la demande effective dans l'économie!

6) Dans le cas d’une monnaie franche, on peut maitriser ces deux paramètres, masse et vitesse

C'est bien cela! La "vitesse" de circulation deviendra constante et maximale (posons=1), et les prix deviennent, selon la formule quantitative: P=M*V, et avec V=1, les prix sont donc fonction stricte de la quntité émise, l'augmentation excessive causerait immédiatement un inflation, la baisse une déflation.

L'augmentation ne serait pas inflationniste si le volume des biens et services augmente en même temps, et la baisse ne serait pas déflationniste au cas où les biens et services baisseraient en volume.

En clair, la formule quantitave n'est pas applicable à la monnaie actuelle, ou seulement très approximativement, du fait de la vitesse variable, par contre, elle s'appliquerait magistralement à la monnaie fondante!

7) Dans le cas d’une monnaie franche, on peut relier sa vitesse de circulation à son taux de
dépréciation.

Sans doute, mais attention! Il ne convient pas de "jouer" trop avec le taux de dépréciation, car ce taux est en fait une donnée "réelle": En clair, ce taux doit reprendre la "dépréciation" des biens et servives dans l'économie réelle et l'appliquer légitimement à la monnaie (fondante). Les experts pourront peut-être nous aider à le déterminer avec précision?

Silvio Gesell a imaginé 5% annuels environ avec le raisonnement qu'une maison nécessiterait, en coût d'entretien environ 5% de sa valeur annuellement, et un tel bien "durable" serait ainsi amortie en 20 ans.

On pourrait aussi prendre les grains de blé: leur masse diminue de 5% annuel dans les silos en valeur, étant donné que ce stockage est coûteux.

Mais il est possible que ce taux devra être déterminé empiriquement et à l'usage, mais il ne s'agit pas d'en "jouer" arbitrairement.

A supposer que nous aurions, avec la monnaie fondante, une tendance à produire des biens de plus en plus durable - car cela représente une meilleure protection contre l'effet du temps, il se pourrait que la dépréciation monétaire devrait elle-même, au bout de quelque temps, être révisé à la baisse, mais je suis ici dans le domaine des hypothèses où seule la mise en pratique  de la monnaie fondante pourra nous guider valablement.

Il reste que la vitesse de circulation doit varier le moins possible pour stabiliser l'économie.

8) Actuellement, la seule ‘vraie monnaie’ est la monnaie fiduciaire (numéraire)

Au sens légal, oui, elle seule a un povoir libératoire immédiat! Elle règle une transaction entièrement.

Les techniques bancaires (virements, chèques, CB etc.) permettent des paiements, et ces "moyens de paiement" sont évidemment souvent pratiques! Les transactions ne sont réglées que quand les banques auront opéré les écritures nécessaires.

9) C’est le numéraire qui fait les dépots (à vue)

C'est piégeant de le dire ainsi. Je sais bien que les dépôts à vue dépassent de loin, en montant, la quantité de numéraire disponible. A ce moment-là, il est évident que beaucoup de transactions (même la grande majorité en volume) se règlent sans échange de numéraire.

Ceci dit, tous les depôts à vue représentent une promesse de numéraire pour le déposant qui peut retirer à tout moment la totalité du montant en liquide, s'il le souhaite. Il est cependant évident que cela ne serait pas possible pour tous en même temps, car il n'y a pas ces sommes imprimées!

Il faudrait aux banques des délais pour honorer cette promesse, le delai de la fabrication de ces billets.

En théorie, une fois que cette opération serait effectuée, il ne resterait dans les banques plus que les comptes à terme et, en face, les dettes à régler, aussi à terme.

En pratique, cette situation ne devrait pas se réaliser, évidemment, car les détenteurs de comptes à vue ne trouveraient pas cela très pratique d'avoir autant d'argent en poche, et cela représenteerait pour eux des risques sérieux de sécurité notamment.

En toute rigueur, il convient de dire que la "promesse" de numéraire liquide suffit pour "faire" les dépôts à vue.

10) Seuls les dépôts font les crédits

Dépôts et crédits sont des événements simultanés!

Les dépôts peuvent être créés initialement, via la banque centrale notamment ou par le gouvernement, ensuite, la distribution des crédits peut démarrer, dès le lendemain, disons. (En toute rigueur, j'admettrai l'antériorité, ne serait-ce d'une seconde, du dépôt?)

En Allemagne de l'Ouest, ruinée après 1945, les autorités d'occupation (les USA notamment), ont crée le Deutsche Mark en 1948 de la façon suivante:

a)Le 20 juin 1948, chaque citoyen a reçu 40 DM en numéraire.

b)Les banques et entreprises ont reçu les sommes (sur leurs comptes bancaires) nécessaires pour payer fin juin les premiers salaires de juin.

c)L'ancienne monnaie (Le Reichsmark) ne valait plus grand chose et ne pouvait être échangée contre la nouvelle monnaie que très progressivement.

d)les "anciennes" économies étaient largement dévaluées, et certains ont beaucoup perdu. Un paiement (change un pour 10 peut-être ou moins, je ne le sais pas exactement) sous forme d'avoirs bancaire a été progressivement admis, le tout étalé sur quelques années.

Au moment de l'unification allemande, la monnaie Mark Est a été échangé un pour un (en ce qui concerne le liquide); pour les comptes bancaires, les avoirs ont été crédités aussi au bout de quelques délais seulement, afin de ne pas générer une inflation trop forte, du fait de la faible productivité de l'Allemagne de l'Est par rapport à l'Ouest.

11) sur le plan de la création monétaire, les banques et les autres établissements financiers
sont à égalité, aucune de ces institutions financières ne peut créer de monnaie.

C'est ce que j'affirme!

12) Les banques ne jouent aucun rôle dans l’augmentation de la masse monétaire.

Elles jouent ce "rôle" en exerçant le chantage à la faillite comme actuellement, mais l'acte de création proprement dit est central!

Et la banque central doit (c'est sa mission) suivre l'évolution économique et créer de la monnaie dans le but de maintenir les prix le plus stables possibles.

Avant, quant on faisait de la monnaie "couverte" par l'or, c'est le stock d'or qui déterminair l'émission monétaire, mais les prix étaient instables et les crises souvent sévères!

Une question, pour finir, sur le livre ce H. Creutz.

Comment Creutz explique que les dépôts augmentent plus vite que le numéraire,

Puisque c’est le numéraire qui fait les dépôts ?

J'ai, sans doute, en partie répondu à cela, mais, encore une fois, les dépôts à vue ne sont que la promesse de numéraire, et cela suffit en temps normal.

Un billet de 100 euros est encaissé par le commerçant qui le porte à la banque. Un usager le retire (via son compte à vue) et le ramène au commerçant (le même billet).

Répété dix fois dans la journée, cela fait un dépôt pour le commerçant de 1200 euros, grâce à un seul billet de 100 euros!

Pour ceux qui ont retiré chaque fois ce même billet successivement, la banque a pu simplement débiter leurs comptes de 100 euros sans sortir chaque fois un billet nouveau, car c'est toujours le même!

Autrement dit, les dépôts peuvent très rapidement dépasser très largement la masse de numéraire circulant, ici, dans cet exemple: 100 euros!

Mais cela n'a rien de magique, car le commerçant peut bien exiger, le soir, 12 billets de la banque et les obtiendrait aussi, mais puisqu'il ne le fait guère, c'est une donnée d'expérience, ces billets n'ont même pas besoin d'être fabriqués.

Le commerçant aurait, le soir un pouvoir d'achat de 1200 euros qu'il virera peut-être à son fournisseur pour se réapprovisionner, sans circulation monétaire aucune!

En vous remerciant à l’avance de vos réponses et commentaires,

Amicalement, Bruno.

Plus généralement, à mon sens, le numéraire est la clé de voûte du système, son existence matérielle et la promesse de son existence matérielle suffisent pour transférer aux dépôts à vue la possibilité d'effectuer de paiements via les ecritures bancaires.

Mais, pour les écritures, nous avons toujours un compte qui augmente quand un autre diminue. Les 10 clients ont, chacun, 100 euros en moins quand le commerçant a 1200 de plus, et tout cela grâce à un seul billet circulant (100 euros).

Ce sont très largement les habitudes de paiement qui déterminent la quantité de monnaie liquide circulante nécessaire, et plus les habitudes sont scripturales, moins les billets circulent.

Mais ces habitudes ne changent rien à la vitesse de circulation monétaire en terme de demande effective.

L'opération des 10 clients peut aussi se construire sans aucun billet circulant, mais tout cela suppose toujours qu'il n'y ait aucun "incident" de paiement!

Je ne sais pas si j'ai répondu à tout, il me semble, cependant, que si la promesse liquide devait "vaciller", le système s'effondrerait immédiatement

Bien amicalement, jf


 

----- Original Message -----

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Sent: Sunday, March 15, 2009 9:45 PM

Subject: Re: 12 questions sur la monnaie

cher Johannes, merci de vos réponses et prises de position, que je vais "méditer".

Juste un point supplémentaire:

si la banque centrale essaye de maintenir l'augmentation du numéraire en dessous de 2%, comment expliquez vous l'inflation?
augmentation de la vitesse de circulation (mais pourquoi cela se passerait-il)?
dé-thésaurisation (mais pourquoi, là encore)?

En fait, pour moi, même si je peux admettre, provisoirement, que la véritable création monétaire vient de la banque centrale (de toute façon, chez vous comme chez H. Creutz., c'est presque une tautologie, puisque la seule monnaie est le numéraire, il ne peut y avoir de création de monnaie autrement, et la variation des dépots et donc de M1 est sans importance) j'ai un autre point de vue sur le rôle des banques.

POur moi, les banques peuvent influencer, par leur politique plus ou moins laxiste de crédits, la vitesse de circulation du numéraire.

En fait, au lieu de s'intéresser aux variations du stock de monnaie (bancaire, si vous voulez cette précision), on ferait mieux de s'intéresser aux flux monétaires, et donc à la vitesse de circulation à la fois du numéraire et de la monnaie bancaire.

En fait, mon hypothèse serait que les banques privées ont une influence - sans jeu de mots - sur le débit des flux monétaires (numéraire et monnaie bancaire).

Qu'en pensez vous?

Merci encore de vos réponses , amicalement, bruno

Le 15 mars 2009 19:51, Johannes FINCKH <johannes.finckh@wanadoo.fr> a écrit :

Non, la banque centrale se fixe un "objectif d'inflation ou de "hausse de prix" et adapte le Refi vers la hausse ou la baisse pour faciliter ou rendre plus difficile l'émission de monnaie centrale via les banques. M1 peut augmenter (ou diminuer) davantage en fonction du comportement de l'économie vis-à-vis de la monnaie, l'objectif est plus l'inflation (faible) que le volume de M1.

C'est vrai aussi que les crédit plus faciles et plus rapides stimulent l'économie, et ceux-ci sont censés être "facilité par la baisse du Refi, mais ceci est sûrement de moins en moins vrai, car la crise de confiance est passée par là, et les investisseurs fortunés n'ont plus faim de rendement, le meilleur "rendement" devenant pour eux la spéculation à la baisse des valeurs boursières, immobilières et de matières premières...

Et les banques ne sont que les exécutants des déposants, au sens où les déposants font de plus en plus le choix du liquide, les banques ne peuvent plus faire des placements risqués (ou moins), et le circuit des crédits s'assèche: si je ne veux plus acheter des produits financiers spéculatifs et risqués mais garde mon argent (faibelement rémunéré) sur un livret, la banque ne peut le faire, en principe, à ma place et sans mon consentement sans prendre des risques insensés, et elle est échudée aussi.

En clair l'argent a bien tendance à rester inactif ou à retourner même à la banque centrale, même si les banques voulaient se montrer plus désireuses d'accorder des crédits...

Mais, sur le fond, je pense aussi que le crédit plus rapide améliorerait la conjoncture, mais le risque de défaut des débiteurs est ce qu'il est actuellement!

les banques subissent les conséquences du "trou noir" et de la trappe aux liquidités comme tout le monde, et la sortie est: la monnaie fondante ou rien du tout!

à+, jf



--
B.



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08 mars 2009

ça continue!

----- Original Message -----

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH ,

Sent: Saturday, March 07, 2009 11:00 PM

Subject: notre point de désaccord sur la création monétaire

Cher Johannes,

Je pense avoir compris où se situe notre point de désaccord.
Non seulement vous distinguez crédit et monnaie - peut être comme S. Geselle, mais il n'a pas forcément raison sur tout , personne n'est omniscient, je pense -
mais pourquoi pas, mais la seule monnaie qui vaille, c'est la monnaie 'fiduciaire' (disons papier et pièces).
Avec cette définition, vous ne risquez pas d'être contredit, la seule 'création monétaire', si création il y a , ne peut venir que des banques centrales.

Si maintenant on met dans la masse monétaire, notée le plus souvent M1 (monnaie fiduciaire plus comptes à vue), la monnaie 'bancaire' la plus liquide,
je ne suis pas sûr que votre raisonnement tienne.

Cela n'enlève rien, bien sûr, aux qualités évidentes d'une monnaie fondante, que j'appelle ausi de mes voeux.

Amicalement, Bruno L.

Les crédits font les dépôts, ou plus exactement les crédits font l'augmentation (provisoire) de M1,
mais les remboursements (du principal) font la diminution (provisoire) de M1.

On en reparlera sûrement...

Réponse jf, 8.3.2009

Cher Bruno,

Merci beaucoup pour toutes vos réactions si bienveillantes et attentives. Au  moins, je l'espère, n'y aura-t-il pas entre nous des blocages doctrinaires parce que les positions geselliennes, et les miennes qui comportent quelques accents contemporains que Gesell n'avait pas, il y a cent ans, ne bénéficient pas  de l'appui des professeurs. Car il faudrait, au fond, les abandonner, selon certains, simplement parce qu'elles dérangent la tranquillité des idées universitaires qui, comme à la cour de récré, pourront alors continuer à s'affronter tranquillement, sans conséquences.  Entre keynesiens, monétaristes, marxistes et que sais-je encore! Avec Gesell, ce qui se dit aura des conséquences pratiques!

L'idée des billets "tirés au sort" n'est pas chez Gesell mais avait été avancée par des geselliens allemands depuis une vingtaine d'années peut-être, mais peu importe, elle a le mérite de stimuler dans la bonne direction. A mon goût, elle pourrait marcher, mais je pense que la technique à adopter devrait mobiliser une équipe de spécialistes et supporter d'éventuels correctifs pratiques, afin de trouver la technique la plus adéquate. Il est possible, aussi, que le seul principe de rendre la monnaie révocable produira déjà des effets stimulants. A voir.

Evidemment aussi, on ne peut savoir si Gesell avait "raison sur tout", nul n'étant "omniscient".

Ceci dit, tant que l'on ne pense pas "avec Gesell", il n'y a pas moyen d'avancer véritablement.

La distinction entre monnaie et crédit chez Gesell s'impose à mon sens dès que l'on pense en catégories de monnaie fondante, car ce qui embarasse la pensée prégesellienne (comme préhistorique!), c'est la dimension temporelle des choses! Avoir de l'argent en banque (un livret A par exemple) ou avoir la somme équivalente en poche confère, certes, assez concrètement, le même pouvoir d'achat, et un ordre à la caisse d'épargne de bien vouloir virer telle somme au vendeur de voitures pour un achat ou payer cette voiture en liquide semble complètement équivalent pour l'acheteur.

Quant au vendeur, quand il s'agit d'un commerçant établi et "honnête" et qui paye ses impôts, ce sera aussi la même chose!

Il en va déjà autrement s'agissant d'un vendeur qui serait interdit bancaire par exemple et qui aurait des dettes et qui serait insolvable par ailleurs.

Ceci pour dire que ces deux paiements ont néanmoins des conséquences différentes, toujours.

Le paiement liquide liquide la transaction sans reste et l'isole du contexte, alors que le virement bancaire implique les banques, un tiers donc, et l'affaire n'est réglée qu'après le jeu d'écriture bancaire effectué, et on peut dire que ces transferts de créances se sont opérés sans passer par la monnaie centrale. La monnaie centrale n'y est présente que comme une promesse crédible.

Maintenant, si ( personnellement peut-être, et je ne suis pas à 100% attaché à ce point, au fond, je veux bien laisser à l'avenir le soin de trancher ce point ) je cherche à éliminer du raisonnement la question de la "création monétaire par les banques", c'est surtout parce que cette hypothèse (qui sait si un jour quelqu'un peut la démontrer impeccablement?) est totalement inutile pour expliquer d'une façon complète et satisfaisante les circuits monétaires.

Evidemment, cela suppose que l'on parte de la monnaie fondante, une sorte de monnaie circulante "parfaite" comme d'une boussole pour dire ce qui peut être la vraie nature de la monnaie!

En effet, avec l'invention de l'artifice de la monnaie fondante, c'est un artifice au sens qu'il faut l'inventer, on découvre notamment que la monnaie traditionnelle est aussi un artifice! Et la monnaie traditionnelle est en fait un objet assez baroque, un objet ayant une date de création mais qui n'a pas de date d'obsolescence! Il s'agit là d'une opération de forclusion de l'élément temps, la monnaie traditionnelle est en quelque sorte la tentative de fabriquer des pièces d'or.  La forclusion (l'exclusion) de l'élément temps confère à la monnaie liquide sa dimension de valeur refuge en dernier ressort, facile à stocker et à transporter, plus facile encore que l'or lui-même! C'est pourquoi on la thésaurise, c'est tout bête!

Silvio Gesell doit exiger qu'il faut éliminer cette fiction d'éternité de la monnaie fonctionnelle, car il s'agit d'un élément parasite qui enlève à la fonction monétaire une part substantielle de son efficacité et de sa fonctionnalité.

La non-inscription de l'élément temporel sur le support matériel de la monnaie confère, comme vous le savez par ailleurs, à celle-ci une "valeur" supplémentaire (au sens de la plus-value marxiste, mais que Marx a totalement méconnu pour la monnaie!) qui ne rend jamais l'échange monnaie/bien ou service équivalent. Avec Proudhon, déjà, la monnaie est clé et verrou du marché, au gré du détenteur de monnaie, idée validée par les geselliens.  La non-inscription de l'élément temporel a pour principal effet de faire de la monnaie un objet "précieux" que l'acteur économique cherche à posséder pour lui-même et à ainsi détourner de sa fonction circulante, un seconde de trop, une minute de trop, une heure de trop, une journée de trop, un mois de trop, une année de trop. Toujours le laps de temps de "trop" qui opère son effet de chantage capitaliste constamment. La monnaie fondante veut tout juste neutraliser cela, rien de plus et rien de moins.

Imposer à la monnaie la même inconditionnalité de constituer la demande effective sur le marché que subissent déjà les biens et services  en tant qu'offre inconditionnelle  sur ce marché, c'est tout. L'inconditionnalité vient de la pression exercée par le facteur temps, exclusivement: par l'urgence de la vie!

Après cette excursion basique, je reviens à la question de la création monétaire par les banques. En fait, les économistes cherchent à éliminer, en supposant aux banques ce pouvoir créationniste, également le facteur temps de la monnaie scripturale comme c'est le cas de la monnaie fiduciaire telle qu'elle est construite! En étendant la qualité de monnaie aux différents comptes bancaires en construisant M2, M3 voire M4, ils veulent ignorer la simultanéité (un élément  du temps!) de ces inscriptions dans deux colonnes à la fois, en + et  en -, ce qui prouve pourtant qu'il ne peut s'agir que d'un artifice comptable.  L'inscription des créances et des dettes, comme je le répète tout le temps, modifie l'état de fortune des uns et des autres, mais ne peut pas, en elle-même, modifier la quantité de monnaie circulante.La banque, la maison qui manie cet objet fétiche "magique" que la monnaie inventée sur le modèle de l'or, la monnaie éternelle, aurait, par extension, hérité des pouvoirs magiques de cet objet accepté par les économistes sans critique!

Evidemment, je cède complètement sur ce point, le fait que de plus en plus de débiteurs font défaut et le fait que l'on pleure des "pauvres" créanciers (ou devenus pauvres de ce fait), contraint les banques centrales d'en remettre au pot en achetant les créances "toxiques" ou "pourries".

Le pouvoir de création de monnaie des banques s'est ainsi exercé par la menace systémique qu'elles ont été amenées à provoquer! Je précise néanmoins qu'elles ont agi ainsi en relation avec les fait que les capitaux qu'elles géraient  avaient atteint de tels volumes que seuls les placements à très haut risque gardaient la possibilité -théorique, virtuelle et spéculative- de satisfaire les appétits et les promesses d'intérêts - mais à condition que le risque ne se réaliserait pas, ce qui est quelque peu "absurde"... Et le fait d'émettre seulement la monnaie actuelle et non la monnaie anticrise conduit évidemment à l'impasse catastrophique où nous sommes.

En termes économiques, l'ultime placement à haut risque est la politique d'armement militaire et la recherche de provoquer une grande guerre qui détruirait tout, afin qu'on puisse recommencer à zéro! Tout en générant des surprofits au passage pour ceux qui vendent les armes à tous les  belligérants à la fois, tant qu'à faire!

Faire de l'économie politique sans Gesell, c'est comme faire de la physique sans Newton ou Einstein!

L'économie actuelle et ses différentes doctrines est un système confus de poids, de contrepoids, d'approches philosophiques et baigne dans une confusion langagière et des approximations. Je pense qu'avec Gesell ce serait une espèce "nettoyage des écuries d'Augias" qui se produirait et que cette perspective est la principale opposition à son avènement.

,à+jf

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07 mars 2009

avec Bruno Lemaire encore

----- Original Message -----

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Cc: Bruno Lemaire

Sent: Saturday, March 07, 2009 6:07 PM

Subject: Re: Petit billet sur Creation monétaire, creances, depots, prets/ma réponse-analyse "gesellienne"

Cela sonne bien, mais, à mon avis, cela ne se passe absolument pas ainsi! Car la banque prend effectivement cette garantie hypothécaire quin'est en rien monétaire mais évaluée à valoir tant. En cas de défaillance du débiteur, la banque se refait comme elle peut!

C'est sur ce point que je ne suis pas d'accord, enfin, partiellement en désaccord. Je n'ai jamais dit que l'hypothèque était 'monétaire', et je ne dis pas non plus, ou je ne dis plus, que le prêt de 100 000 est une création monétaire. Je dis, et j'affirme même (mais je ne suis pas omniscient) que la banque prête un argent qu'elle n'a pas, mais dont elle anticipe le remboursement, et qui est gagé par l'hypothèque. Certes, elle ne  peut pas trop prêter (règles prudentielles), mais elle n'est pas du tout obligé d'avoir ces 100 000 en dépôt préalable. Cela dépend des actifs et des dépôts qu'elle a  par ailleurs, c'est vrai, mais si elle a 10 millions, elle pretera 100000 sans 'couvrir' ce crédit par un dépôt précis.

Il n'est pas vraiment sûr que nous soyions en désaccord sur ce point, d'ailleurs.

Par contre, les 100 000 proviennent des dépots épargnés par d'autres, soit de la même banque, soit d'autres banques, soit de la banque centrale! La banque doit de son coté à d'autres autant qu'elle prète. Cela se vérifie en pratique, car il arrive que la banque ne prète pas parce que le risque lui parait trop élevé ou parce qu'elle ne trouve pas les refinancements. Donc aucune création monétaire qui durerait le temps du crédit.

Pas OK, voir précédemment.

Evidemment, en période de forte croissance optimiste, la banque trouve facilement le refinancement, au besoin par une politique monétaire accomodante de la banque centrale

Oui et non, tout dépend ce que vous appelez refinancement. En fait, en fonction de ses ratios de solvabilité et de liquidité, la banque a parfois besoin de se refinancer, mais ce n'est pas lié à une opération particulière. Ce prêt de 100000 dollars peut fort bien n'exiger aucun refinancement, cela dépend de sa situation.

...

OK, mais les 5000 d'intérêts ne sont pas, non plus, une création monétaire, en aucune façon! Car ce que le débiteur paye en plus à la banque, il le dépense moins pour acheter autre chose

Non pour le début, oui pour la fin.

Si les 5000 ont pu être trouvés parce qu'il y a eu croissance de la production (autre que celle de l'appartement), il y a eu croissance homothétique du PIB et de la masse monétaire, donc pas de problème. Si les 5000 ne sont pas remboursés, problème effectivement. Suggérez vous que si la banque centrale ne crée pas de monnaie, il ne peut y avoir de création monétaire, et que seule la vitesse de circulation de la monnaie peut varier. Au niveau du monde entier, comment résolvez vous ce paradoxe. Le PIB mondial, sur les 10 dernières années, avait cru à environ 5%. Les banques centrales auraient telles ajusté leur création monétaire, sans le support des banques privées?

Car ce que le débiteur paye en plus à la banque, il le dépense moins pour acheter autre chose.

Cela dépend, je pense, de la croissance de ses rémunérations, et donc de la croissance de l'économie réelle.

Réponse jf

En fait, évidemment, la mission des banques centrales est d'accompagner l'événement économique, où les banques, agents principaux du maintien de la monnaie en circulation et non sous les matelas, lui font remonter les informations nécessaires de refinancement . Le taux principal de la BCE s'appelle "Refi" qui vient de Refinanzierung ou refinancement, comme on veut. Et quand l'information indique une "surchauffe" (inflation), elle augmente refi pour moins refinancer, et inversement, en tout cas cela se passait ainsi avant la crise systémique! Il reste que c'est quand même toujours la banque centrale qui en rajoute (ou en enlève), sous pression, c'est d'accord!

De ce fait, la masse monétaire (M1) croît dans les périodes de croissance économique.

Le dollar avait sans doute une position à part, au sens où "on" faisait aux USA un crédit quasi illimité. Mais l'heure de vérité a sonné, et ce sont les fortunés américains eux-mêmes (ils ont trop pris, sans doute!) qui ne font plus confiance aux capacités du peuple américain!

La banque peut "créer de la monnaie" parce qu'elle aurait du "crédit" et est réputée solvable? C'est possible, mais elle doit, par la compensation interbancaire, tous les soirs, je dis bien tous les soirs, compenser avec les autres banques en payant tout ce qu'elle leur doit et récupérer tout ce que les autres lui doivent. Parfois, elle encaisse, et parfois, elle décaisse!

Si elle doit "décaisser" beaucoup (une grosse échéance), elle doit impérativement emprunter sur le marché des capitaux, sinon, crise de confiance et de solvabilité!

Les 100000 représentent effectivement 'peu' pour une grosse banque, comme vous dites, et, en général, elle peut bien les 'couvrir' en interne avec les dépôts sur les comptes courants.

Il reste que tout, jusqu'au dernier centime, est couvert tous les soirs, sinon: big problem!

Le fait que les intérêts représentent un prélèvement constant sur le pouvoir d'achat sur le plus grand nombre, comme je l'ai dit, a pour conséquence que la banque centrale, pour assouplir tout cela, remet au pot.

Car, le milliardaire avec dix Rolls ne va pas forcément pouvoir consommer davantage, et ceux qui n'ont que leur petit salaire sont étranglés par leurs remboursements divers, doivent néanmoins pouvoir acheter, sinon: big problem.

Pour moi, on ne sort pas du fait que la création monétaire est exclusivement centrale.

Car la monnaie est une institution publique qui vaut par son pouvoir libératoire légal en toute circonstance et partout, et ceci nécessite qu'elle est émise d'une façon absolument sûre et crédible.

Il y avait bien les "billets de banque" dans le passé, mais les réserves d'or les garantissaient, en principe.

Depuis que nous avons le cours forcé de la monnaie fiduciaire, c'est le seul pouvoir d'achat, justement garanti par la banque centrale qui doit préserver sa valeur en contrôlant notamment la quantité émise, qui "couvre" la monnaie.

C'est bien pourquoi il faudrait que la banque centrale puisse aussi introduire une technique organisant la bonne circulation efficace de sa monnaie, justement avec la monnaie anticris (fondante)!

jf

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