Le 11 avril 2009 08:31, Jean-Louis Magnol <jlmag59@yahoo.fr> a écrit :

Je m'interroge sur la baisse du taux de rémunération du livret A qui est présenté comme l'étiage le plus bas que ce livret ait connu. Inflation à 0,3%, rémunération à 1,75% donc un différentiel positif de 1,45%. Evidemment, ce n'est pas la bourse dans ses périodes de bulles spéculatives ! Inflation basse, épargne en trop grande quantité seraient les causes de cette baisse de rémunération. Est-ce à dire que cette épargne n'arriverait plus à trouver de débouchés de consommation publique (logement puisque le livret A lui est dédié, je crois) ? Qu'elle ne peut garantir des emprunts faits par d'autres ? Et que le gouvernement a décidé de relancer la consommation ? Mais qui peut raisonnablement consommer plus en période d'incertitude (licenciements en masse, augmentations annoncées de différentes taxes locales, avantages fiscaux consentis toujours et encore aux plus nantis et j'en oublie sûrement) ?
C'est une réflexion, sans plus.
Jean-Louis

p.s : je vais tenter de contacter un banquier que je connais pour lui demander de me confirmer que les crédits  ne font pas les dépôts et qu'il y a bien un préalable à tout prêt.
Pourras-tu m'aider, Johannes, à préparer ce courrier ?

From: Bruno Lemaire

Sent: Saturday, April 11, 2009 9:04 AM

La présentation par les médias (en gros titres) de la 'baisse' des livrets A est, une fois de plus, mensongère.

Comme le dit Jean-Louis, une rémunération réelle de 1,4%, pour un taux de croissance de l'économie négatif, est beaucoup mieux que ce que la plupart des gens, en particulier les PME et les artisans, peuvent espérer.
Si l'on compare aux 4% précédents, avec un taux d'inflation de "3.8%", et un taux de croissance de 0,5% pour l'économie, il n'y a pas 'photo'.
comment peut-on encore accorder le moindre crédit aux medias, avides de sensationnel?

Bien, cordialement, B.L.

Projet de lettre à un banquier:

Cher Monsieur,

Que pensez-vous de l'idée répandue dans les milieux universitaires qui affrime, au moyen de diverses contorsions comptables, que "les crédits feraient les dépôts?"

Si cela est le cas, pourriez-vous nous exposer avec le vocabulaire bancaire comment cela fonctionne!

En effet, pourquoi les banques peuvent faire faillite, alors qu'il leur "suffirait" d'accorder de crédits sans se soucier du refinancement? Donc des "sécurités"?

Avec mes salutations distingués

Jean-Louis Magnol

Johannes, le 11.4.2009

Réflexion tout à fait intéressante!

Une rémunération s'approchant de zéro impliquerait, en théorie, que les logements (sociaux) pourraient être financés à un très bas taux, ce qui devrait relancer le secteur, toujours en théorie.

Or, nous nous approchons dangereusement de la trappe aux liquidités, d'autant que les prix n'augmentent guère, voire baissent sans doute dans le commerce de gros.

Les consommateurs sont menacés dans leur sécurité économique par le chômage qui s'étend.

Je pense comme Jean-Louis qu'il ne vont pas consommer davantage dans le contexte actuel.

Cela me mène à la réflexion en général du lien entre consommation et épargne.

Une consommation en baisse fait baisser les profits des entreprises qui, elles, à coup sûr, ne vont ni épargner ni emprunter ni investir.

Les travailleurs vont moins consommer parce qu'il ont moins (chômage!), mais ils n'épargneront pas davantage, car ils ne peuvent pas.

Les seuls à pouvoir tenter de faire de l'argent sont les spéculateurs qui, en se maintenant le plus liquides possibles, se mettent en position d'attente, aussi longtemps que possible.

Autrement dit, dans un contexte non inflationniste,, la baisse des taux (nécessaire) débouche inévitablement vers la trappe aux liquidités avec la monnaie actuelle et ne relancera en rien la consommation.

Pour relancer, il faut mettre la pression sur ceux qui peuvent attendre!

Et, une fois de plus, je ne vois que la monnaie anticrise capable de parvenir à cette fin.

Elle "obligerait" à rendre la monnaie à nouveau circulante, soit en se contentant du faible taux d'épargne débouchant alors sur les possibilités de refinancement pour les entreprises en baissant leurs charges financières pour la simple raison que la "position d'attente" sera rendue coûteuse avec la monnaie fondante, pour les banques comme pour tout le monde.

Investir pour ne pas perdre, ou en tout cas, moins perdre que quand on reste liquide et en position d'attente, tel sera le résultat de la monnaie anticrise!

S'il reste vrai que cela ne redistribue pas d'emblé, comme tenterait de la faire une taxe sur les fortunes et les héritages, les richesses, nous assisterions néanmoins à une reprise sensible qui permettrait aux gens modestes de se constituer une épargne nouvelle dont la "rémunération" serait constituée par le contexte non inflationniste d'une part et par le fait que l'épargne serait le seul moyen d'échapper à la "fonte" qui frapperait les seules liquidités (monnaie fiduciaire et comptes courants).

Les grandes fortunes se trouveraient rapidement confrontées à une baisse sensible de leurs rendements financiers, ce qui serait déjà un premier résultat intéressant. De plus, les fortunés seraient bel et bien amenés à abandonner leurs positions d'attente et ils refinanceraient "contraints et forcés" les secteurs économiques les plus profitables, pour le plus grand avantage de tous.

Car je rappelle, dans le contexte actuel, c'est le non-investissement  qui est l'attitude la plus profitable pour les fortuné, en attendant de racheter quand la bourse sera encore plus basse (spéculation à la baisse). Cette "irrationnalité collective" reste "raisinnable" individuellement est revient à entretenir la crise des liquidites.

jf