Johannes FINCKH a écrit à Jean Jégu  le 22 mars 2009:

Cher Monsieur,

J'ai lu attentivement votre document passionnant sur le fonctionnement monétaire et le crédit.

Si je ne peux que vous rejoindre sur vos conclusions et sur l'impact primordial de M1 dans l'économie, il me semble qu'il faut aller un peu plus loin, ce que je vous propose!

En effet, connaissez-vous l'approche de Silvio Gesell et se monnaie fondante?

Avec ses propositions, il est deviendra facile de stabiliser le système, de finir avec toutes les crises auxquelles nous sommes confrontées!

Si cela vous intéresse, je vous fais parvenir - à mes frais - un exemplaire de l'ordre économique naturel en sa traduction française, éditée en 1948 et introuvable par ailleurs.

Je vous indique aussi mon blog http://monnaiefondante.canalblog.com/

où vous trouverez des analyses originales;

De même, je vous conseille vivement la lecture de l'ouvrage d'Helmut Creutz, traduit en français depuis décembre 2008 : Le syndrome de la monnaie paru aux éditions ECONOMICA

Plus dans le détail, à propos de votre texte:

Si on essaye de vous suivre sur la création monétaire par les banques via le crédit et qui a remplace l'action du trésor, c'est vrai que vous reprenez (en mieux) beaucoup de choses que j'ai lu et étudié à ce sujet.

Cependant, il me semble que vous passez trop vite (vous le dites) sue le point, page 16 : "mise à part la crainte du non-remboursement"!

et page 18: "ce qui est vraiment étonnant dans le cas des banques c'est qu'elle peut payer les salaires par simple jeu d'écriture et pourrait ainsi échapper à tout risque de cessation de paiement".

Je ne peux absolument pas me convaincre de votre argumentation, pourtant soigneuse et largement répandue.

En effet, concrètement, un banque peut parfaitement faire faillite, et elle cherche, comme toute entreprise, à réduire les coûts et à accroître sa rentabilité bien sûr.

Et elle peut se tromper, comme vous le dites aussi en citant le crédit lyonnais justement. Sans la solidarité de place ou sans le contribuable, tout cela ne tient pas!

La crise systémique actuelle est aussi une preuve, à mon sens, suffisante, que les banques ne peuvent pas et n'ont jamais pu créer de monnaie via le crédit!

En réalité, il me semble que les banques ne font que recycler ce qu'elles encaissent en dépôt, et la part de refinancement de la part de la banque centrale est évidemment minime, car cela correspond (M1) aux besoins de de monnaie centrale de l'économie en expansion.

En fait, l'essentiel des ressources bancaires provient bel et bien des épargnants, nécessairement, sinon, la circulation monétaire ne serait pas "circulation" comme vous le remarquez très justement. Il est tout aussi évident que cet argent ne dort pas dans les banques, en général, ni dans les réserves obligatoires de la banque centrale (encore moins!), nous sommes d'accord.

Il me semble tout aussi évident que les intérêts du crédit sont pour l'essentiel reversés aux épargnants fortunés, et les banques se font, pour l'essentiel, les intermédiaires entre (leurs) créanciers et (leurs) débiteurs.

Ils encaissent, évidemment, une marge qui leur sert à leur fonctionnement et qui assure leur profitabilité, bien sûr.

Vous le notez, à la fin de votre texte, que ce système est certainement très instable.

Je vous joins un grafique que m'a transmis Helmut Creutz quant aux fortunes monétaires et leur croissance exponentielle et qui est le corollaire complet des dettes accumulées.

Là aussi, l'égalité de toutes les dettes et de toutes les créances est totale à tout moment! Autrement dit, l'endettement du plus grand nombre, de plus en plus insolvables, y compris les états, fait face à l'enrichissement astronomique d'une oligarchie financière!

Si le trésor n'intervient plus dans la création monétaire mais que les financements  (la création dites-vous)  proviennent du crédit, cela tient au fait que les liquidités sont largement suffisantes, en principe.

Seulement, les débiteurs ne peuvent plus s'endetter davantage, et les banques d'investissement, mais en fait tous les réseaux bancaires, étaient contraintes, depuis la fin des trentes glorieuses (1974), d'organiser des placements financiers rémunérateurs mais de plus en risqués, car les capitaux surabondants des grandes fortunes ne touvaient plus à se placer autrement.

La crise tient au fait que les risques se sont réalisés, inéluctablement, du fait de l'insolvabilité des débiteurs (exemple: les subprimes).

Je vous dirai davantage si ce débat vous intéresse!

J'ai aussi fait une proposition à la BCE (pièce jointe), comment il serait assez simple de résoudre le problème posé aujourd'hui.

Voir sur mon blog la lettre d’Helmut Creutz à la Süddeutsche Zeitung du du 16 octobre 2008

From: jean Jégu

To: Johannes FINCKH

Sent: Monday, March 23, 2009 10:25 AM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

Cher  Monsieur,
Merci pour l'attention avec laquelle vous avez bien voulu lire mon texte déjà ancien. Je ne l'écrirais plus tout à fait de la même manière aujourd'hui, les choses m'apparessant de plus en plus claires.
De mon coté, j'ai aussi parcouru avec attention les textes que vous avez joints. Faute de temps suffisant ( en réalité, je suis en panne informatique et cela me crée bien des soucis ! ), je serais bref au risque d'être un peu laconique. veuillez ne pas m'en vouloir et m'en excuser.
Je retiens deux grandes idées : les banques commerciales ne créent pas de monnaie "ex nihilo" ; il nous faut la monnaie "fondante".
Sur le premier point, vous savez sûrement qu'il en a été très longuement débattu sur le blog de Paul Jorion courant 2008 ; j'y suis intervenu de février environ à septembre, je crois. Depuis je m'abstiens tant j'ai compris que nous n'arrivions pas à nous comprendre. En fait, mon problème a été - car je crois l'avoir résolu et celà a été dit plusieurs fois, je crois par d'autres dans les échanges - de comprendre pourquoi,Paul et ceux qui le suivent persistent dans une position si largement minoritaire ( ce qui n'est pas la preuve qu'elle serait fausse ! ). C'est, je crois, une question de vocabulaire. Paul , et vous pensez en banquier ; les autres observent l'économie. Je m'explique : vous ne retenez comme "monnaie" que la monnaie de banque centrale ( ce qui est peut-être exact dans les textes légaux ) sans voir que c'est la monnaie de compte ( bancaire ) qui constitue l'essentiel des moyens légaux de paiement, c'est à dire la monnaie réelle. Ceci ne serait pas très grave si ça ne vous interdisait d'entrevoir le vrai remède : réserve lacréation monétaire , y compris la monnaie de compte, aux banques centrales. Nous n'allons pas reprendre ici les longues discussions pour savoir d'où n'est la monnaie centrale : des banques centrales uniquement, nous sommes d'accord, mais à l'initiative des banques commerciales, au moins jusqu'ici car avec le fiasco général en cours ces banques centrales sont obligées de reprendre l'initiative. Voilà comment je vois les choses. Réfléchissez à l'époque ou la monnaie était faite de pièces  uniquement, pièces généralement déposées en banque contre un reçu ( l'ancêtre de nos billets de banque).Ces reçus commencèrent à être utilisés dans les échanges marchands. Etaient-ils de la monnaie ou bien étaient-ils utilisés comme de la monnaie ? De l'ordre fût apporté le jour ou il fût décidé qu'une seule banque par devise nationale - la banque centrale - émettrait des reçus ( des billets ) et que ces billets étaient légalement de la monnaie certes couverte ( mais de moins en moins  ! ) par des pièces en or.  De même il faut que les comptes bancaires soient enfin considérés pour ce qu'ils sont, i.e. l'essentiel de la monnaie d'aujourd'hui, et cette monnaie doit ne "jaillir" à sa source que des banques centrales. Je crains que vous ne partagiez pas mon point de vue, mais j'ai déjà passé trop de temps sur cette question. Je ne peux que vous féliciter de vous intéresser de très près à cette question et vous inviter à poursuivre vos analyses.
Sur la monnaie fondante de Silvio Gessel, j'ai bien entendu quelques idées. Je ne l'exclus absolument pas, mais je pense que ce n'est pas la panacée et surtout qu'elle ne règle en rien la question précédente : dans quelles conditions et par qui serait émise cette monnaie fondante ? En outre, il y a d'autres moyens équivalents de favoriser la circulation monétaire comme le fait la monnaie fondante, par exemple, une monnaie tout à fait stable mais dont la détention ferait l'objet d'une taxe mensuelle  ou hebdomadaire. C'est très facile dès lors que techniquement on peut envisager de réduire les échanges monétaires à des échanges informatisés.
Merci de m'avoir proposé le livre de Gesell que je n'ai pas en effet, mais comme vous le voyez - peut-être à tort, mais il y a tant à faire - mon opinion est pour l'instant assez  bien faite quoique je ne m'interdise pas d'évoluer si j'ai des éléments nouveaux.
Merci encore pour ce contact à propos d'un sujet fortement lié à l'avenir de nos sociétés et certainement de toutes les sociétés humaines.
Avec mes sincères salutations.
Jean Jégu.


Johannes FINCKH a écrit le 23 mars 2009 :

Cher Monsieur Jégu,

je suis assez d'accord avec beaucoup de choses que vous dites et que souhaitez modifier certaines choses dans votre document.

Quand vous évoquez une taxe hebdomadaire ou mensuelle sur la monnaie, ou les comptes courants, vous êtes, de fait, déjà "gesellien", et je vous en félicite!

Il reste une question à laquelle vous ne répondez pas vraiment: Pourquoi, contrairement à ce que vous dites dans votre texte, le banques peuvent-elles bel et bien faire faillite? Ceci est pour moi une preuve suffisante qu'elles ne créent pas de la monnaie en distribuant des crédits - bien à mla légère parfois, d'où les risques de très mauvaises affaires parfois - en lien avec les grosses fortunes financières dont l'argent doit impérieusement être recyclé - le mieux serait sous forme de don aux plus pauvres, mais on peut rêver! La monnaie fondante rend ce rêve possible - lisez H.Creutz et S. Gesell!

très amicalement, jf


From: jean Jégu

To: Johannes FINCKH

Sent: Monday, March 23, 2009 7:13 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

Merci Johannes.
Je reviens sur votre "preuve", à savoir que les banques peuvent faire faillite, ce qui ne serait pas le cas si elles créaient la monnaie !
Revenons en pensée au temps des pièces et de leur dépôt en "banque de dépôt" délivrant des reçus "au porteur" ( soit des billets propres à la banque avant que n'xiste une banque centrale ). Si un banquier - imprudent ou plus exactement un peu tricheur - délivrait plus de reçus qu'il n'avait de "couverture" en pièces dans ses caisses, les clients peinaient à s'en apercevoir ... encore qu'il y ait eu des  problèmes quand tous les clients perdent confiance, mais de toute façon ses confrères banquiers n'ont jamais accepté ce genre de reçus dans  leur  transactions entre eux . Pas fous ! Ils savaient bien, eux, que c'était les pièces la vraie monnaie !
Eh bien aujourd'hui, c'est exactement la même chose en décalant d'un cran : pour un banquier, la "vraie" monnaie ( vous le dites vous-même et j'en suis d'accord) c'est aujourd'hui les billets émis par la Banque Centrale ou bien  le compte de billets tenus par la Banque Centrale. Donc entre les banquiers, toutes les transactions se font nécessairement en monnaie centrale. Il faut que chaque banque en dispose suffisamment pour satisfaire aux Réserves obligatoires, à la fourniture des billets à leur clientèle, et à la compensation. Or il en trouve soit sur le marché interbancaire à condition qu'il soit solvable en monnaie centrale ( les banquiers ont aujourd'hui de fortes craintes à ce sujet ) soit par refinancement  auprès de la Banque Centrale à condition de disposer de titres éligibles au refinancement ( aujourd'hui les BC ont tendace à accepter un peu n'importe quoi pour sauver le système qui s'écroule). Si ces conditions ne sont pas remplies le banquier n'a plus qu'à fermer boutique car il ne peut plus faire de nouveaux crédits  ne serait-ce que pour remplacer ceux qui viennent à terme, et ceci quelque soit les montagnes de crédits qu'il ait accordé - donc les montagnes de monnaie bancaire - auparavant. Il est clair que ces crédits circulent entre banques et donc exigent des relations financières en monnaie centrale entre ces banques.

C'est bien dommage que tant de temps soit perdu à discuter de nos différences de compréhension car en réalité nous ne sommes ni les uns ni les autres satisfait du fonctionnement actuel. Et pour proposer une création :monétaire efficace et surtout maitrisée d'une manière ou d'une autre par la collectivité - je veux dire au service des intérêts publics - il faut tarir à la source la profusion  actuelle uniquement orientée par des intérêts privés. Il est donc indispensable de bien identifier cette source de "moyens de paiement" que nous l'appelions ainsi comme les font les banquiers ou que nous l'appelions "monnaie" comme tout le monde.

Ceci dit, ne nous épuisons pas à trouver un accord ; oeuvrons autant que possible dans le sens qui nous semblent utile.
Cordialement.
jean jégu.



Johannes FINCKH a répondu le même jour :

Bravo! vous semblez rejoindre mon point de vue!

Il n'empêche qu’il faut que les économistes, la grande majorité, ceux qui défendent encore la "création monétaire bancaire via le crédit", capitulent sans reste, car il faut quand même revoir l'enseignement des "sciences" économique".

Ceci dit, je suis d'accord pour en rester là.

Comment agir en pratique?

Par une expérience locale de monnaie fondante par exemple? Pourquoi pas, mais il faut se mettre en relation avec des élus et des responsables locaux ou régionaux.

Si vous pouviez faire cela, cela serait formidable!

Bien amicalement, jf

----- Original Message -----

From: jean Jégu

To: Johannes FINCKH

Sent: Tuesday, March 24, 2009 10:29 AM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

Bonjour Johannes,
Je suis toujours noyé dans mes problèmes informatiques ... donc ma concentration coté monnaie reste légère.
Ceci dit, je ne pense pas que la "création monétaire bancaire via le crédit" soit fausse. Elle est hélas exacte, mais elle réclame en sous-jacent une création monétaire centrale limitée qui peut se faire aussi par crédit accordé par les banques centrales  En quelque sorte toute la monnaie, la "vraie", la "seule" selon le vocabulaire banquier (c'est à dire les monnaies centrales) aussi bien que les monnaies bancaires, les seules en usage concrètement auprès des agents économiques, toute la monnaie ne nait que du crédit. Après le crédit, il existe plus de monnaie qu'avant, ce que d'aucuns appellent non sans raisons "création monétaire ex nihilo"
Etant donné l'incidence des échanges monétaires sur la vie des individus en société, je pense qu'il serait temps que ces sociétés, en tant que telles, prennent en main  leur création monétaire.
Si vous êtes d'accord sur cette dernière phrase, alors nous sommes d'accord au moins sur les objectifs à défaut  de l'être tout à fait dans l'expression de la réalité actuelle.
Amicalement.
Et je rappelle d'urgence mon FAI ! ...





Le 24 mars 2009 13:37, Johannes FINCKH <johannes.finckh@wanadoo.fr> a écrit :

d'accord, mais l'hypothèse de la création monétaire via le crédit bancaire peut s'éliminer sans reste, et nous aboutissons aux mêmes conclusions!

Pourquoi la maintenir, alors que la "démonstration" est si laborieuse", un peu comme le mouvement planétaire avec la terre au centre? Il me semble qu'il ne s'agit que d'une concession au discours universitaire déconnecté des faits!

Plus avant, il est aisé de démontrer que si on a si longtemps pu croire en cette "création" miraculeuse, cela tient au fait que les capacités spéculatives de refinancement des fortunés sont à ce point devenues énormes qu'elles pouvaient et peuvent encore soutenir des bulles spéculatives tout aussi énormes! Pendant plusieurs années sans problème! C'est le coup qu'essaie T. Geithner actuellement à nouveau, on verra bien si les requins vont morde à l'hameçon, c'est possible, pas sûr!

La vraie cause de la crise reste la même: l'écart de fortune entre 1000 milliardaires et le reste du monde!

A suivre! amicalement, jf

_

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Cc: jean Jégu ; nadin ; Jean-Louis Magnol ; orio.lucien

Sent: Tuesday, March 24, 2009 2:00 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

La "preuve" de Johannes n'en est évidemment pas une.
Je reprends l'échange entre Jean et Johannes " à savoir que les banques peuvent faire faillite, ce qui ne serait pas le cas si elles créaient la monnaie !"
Sans prendre parti - ce n'est pas le lieu - sur la création monétaire 'ex nihilo', la contre-preuve de Johannes ne serait exacte que sous la seule condition que cette création de monnaie puisse être 'illimitée', ce que personne n'a jamais affirmé, à ma connaissance du moins.
Cette 'création' est forcément limitée (d'abord par un certain nombre de ratios 'prudentiels', les banquiers ne sont pas des 'créateurs tout puissant', tels le 'Bruce' du film. Il faut donc porter l'argument anti ou contre la création 'ex nihilo' sur un tout autre plan.
J'en profite pour rappeler qu'en dépit de l'intérêt que j'ai trouvé à lire le livre de H. Creutz, là encore j'y vois quelques tours de passe-passe.
Pour 'prouver' qu'il n'y a pas de création monétaire 'ex-nihilo', H. Creutz fait monter de façon vertigineuse les dépôts et les créances associées.
Il est sûr que si personne ne rembourse jamais ses dettes, on peut inventer n'importe quoi. Là non plus, ce n'est pas une 'preuve' de quoi que ce soit.
La seule chose que l'on peut vraiment affirmer, c'est que seule la monnaie fiduciaire est créée par les banques centrales. Pour le reste, à chacun de voir comment les banques commerciales accordent des prêts. Il est évident que si elles en accordent trop, elles se retrouveront en situation d'illiquidité, mais, là encore, cela ne signifie nullement, ni dans un sens ni dans l'autre, qu'il y a, ou non, création monétaire 'ex nihilo'. Cette éventuelle création est nécessairement limitée.
En conclusion provisoire, je pense que s'étriper sur ce sujet ne me semble pas très productif, certains arguments de moyenne ou de mauvaise foi pouvant nous faire oublier
le propos essentiel: peut-on agir contre la crise avec une politique monétaire adaptée, et si oui, avec quel type de monnaie.
Bien à vous, Bruno.

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Cc: Jean-Louis Magnol ; orio.lucien ; nadin ; blietaer@earthlink.net ; Pascal Barbeau ; j.p.lacam@sciencespobordeaux.fr ; Coiffet ; Alain Beguerie ; Patrick ZILBERBUSZ ; yamina salem ; jeanne.capmartin@numericable.fr ; sandaimard@yahoo.fr ; petition@solidariteetprogres.org ; jean.gadrey@univ-lille1.fr ; Yves de Saint-Cyr ; Odile Vincent Godfroy ; bickel68 ; Archissi24@aol.com ; Roberte COUSI ; "Bernard Trémeau" ; Revue Nexus Dennery ; Prof Henri Joyeux ; "Maïté Castano" ; Marco Edition Pietteur ; L'Alsace ; "Irène Freeman" ; bernard.lietaer@accessfoundation.org ; Adrien ; jerome.blanc@ish-lyon.cnrs.fr ; anmariebea@numericable.fr ; Charles DUPONT ; Richard

Sent: Tuesday, March 24, 2009 9:10 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

Rebonjour,
Un point sur lequel on ne peut qu'être d'accord, c'est sur le poids insupportable des 'revenus non gagnés', et plus précisément sur le poids de certains banques et spéculateurs mutli-milliardaires:

en citant Johannes "
La vraie cause de la crise reste la même: l'écart de fortune entre 1000 milliardaires et le reste du monde!",
ou, avec mes propres termes, le 'prix de l'argent', c'est à dire le taux des prêts et le fait que la monnaie 'réserve de valeur', circule à contre-cycle.

Bien à vous, B.L.

----- Original Message -----

From: Johannes FINCKH

To: Bruno Lemaire

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Sent: Thursday, March 26, 2009 10:37 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

J'ai écouté DSK ce soir;

il a raison de parler de système gelé et en disant que les milliards n'arrivent pas en bas!

Il faut donc "dégeler", c'est-à-dire faire "fondre" l'argent pour qu'il soit liquide et "arrive en bas"!

Un "nettoyage" du système bancaire ne fonctionnera que si on met le bon "nettoyant" antigel, c'est-à-dire la monnaie fondante!

Ces remarques me font penser que les "responsables" des plus hautes instances en savent quelque chose de ce qu'il convient de faire!

----- Original Message -----

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

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Sent: Thursday, March 26, 2009 11:05 PM

Subject: Re: remarques à "qui bloque les milliards qui nous manquent?"

J'ai écouté aussi DSK, d'une oreille assez distraite. Le seul fait qu'il veuille à tout prix sauver les banques ne me l'a pas rendu spécialement pertinent. Soit il se trompe, soit il connaît parfaitement le problème, et il nous trompe donc.

Je pense comme M. Allais (cf. Impôt sur le capital et réforme monétaire) qu'il faut transformer, ou retransformer les banques, en simples institutions financières.

En dehors de cela, je continue à soutenir le projet de monnaie fondante, sur ce point pas de désaccord entre nous.

Très cordialement, Bruno.

_

Nous sommes d'accord, seulement: l'introduction de la monnaie fondante aura déjà précisément l'effet de remettre les banques à la place qui est bien la leur: des institutions financières chargées d'alimenter l'économie avec tous les crédits nécessaires à des investissements durables et soutenables, même hors toute considération de "croissance": je rappelle que la monnaie fondante garantira même le plein emploi sans croissance!

Tout simplement, parce que penser dans les catégories de la monnaie fondante (la vraie monnaie en terme de fonctionnalité et d'efficacité!)révèlera ce qui aura toujours été vrai: les banques ne créent pas un centime via le crédit, mais sont (actuellement) capables (et même obligées!) de "planter" des milliards en prenant des risques insensés pour le compte des "trop" riches qui se sont prêtés à ce casino trop longtemps, dans l'espoir de presser le citron toujours davantage: la crise était un phénomène inéluctable, justement parce qu'il n'y a jamais eu un centime de monnaie de "créé" hormis les injections de la part des banques centrales! C'est bien ainsi que cela s'analyse convenablement!

On peut même dire qu'il n'y a en fait plus de dettes quand tous les débiteurs sont insolvables: comme au monopoly, le jeu s'arrête.

Autrement dit, les prêteurs "floués" auront réglé la dette ... de force!

On peut même dire que ce casino a duré tout ce temps (Madoff, subprimes, etc.) tout simplement parce que les fortunes des fortunés étaient à ce point colossaux qu'il ne se sont pas aperçus avant qu'il y avait là un problème très risqué, comme toute bulle spéculative! Celle-ci était tout simplement énorme! Les très riches sont si riches qu'ils peuvent jouer avec des millions longtemps sans souffrir du tout!

D'où le "trou noir" auquel nous sommes confrontés!

Avec la monnaie fondante, cependant, un tri se fera tout naturellement entre les débiteurs devenant à nouveau solvables et rembourseront alors "raisonnablement" à des taux raisonnables et les autres qui "méritent" de faire faillite du fait de leur idiotie ou du fait d'avoir été trop ruinés et que la nouvelle solidarité, issue du revenu minimum de dignité devra soutenir, le temps de se refaire par leur simple travail!

Bien amicalement , jf

Voir sur mon blog : "le trou noir"