----- Original Message -----

From: Bruno Lemaire

To: Johannes FINCKH

Cc: Bruno Lemaire

Sent: Saturday, March 07, 2009 6:07 PM

Subject: Re: Petit billet sur Creation monétaire, creances, depots, prets/ma réponse-analyse "gesellienne"

Cela sonne bien, mais, à mon avis, cela ne se passe absolument pas ainsi! Car la banque prend effectivement cette garantie hypothécaire quin'est en rien monétaire mais évaluée à valoir tant. En cas de défaillance du débiteur, la banque se refait comme elle peut!

C'est sur ce point que je ne suis pas d'accord, enfin, partiellement en désaccord. Je n'ai jamais dit que l'hypothèque était 'monétaire', et je ne dis pas non plus, ou je ne dis plus, que le prêt de 100 000 est une création monétaire. Je dis, et j'affirme même (mais je ne suis pas omniscient) que la banque prête un argent qu'elle n'a pas, mais dont elle anticipe le remboursement, et qui est gagé par l'hypothèque. Certes, elle ne  peut pas trop prêter (règles prudentielles), mais elle n'est pas du tout obligé d'avoir ces 100 000 en dépôt préalable. Cela dépend des actifs et des dépôts qu'elle a  par ailleurs, c'est vrai, mais si elle a 10 millions, elle pretera 100000 sans 'couvrir' ce crédit par un dépôt précis.

Il n'est pas vraiment sûr que nous soyions en désaccord sur ce point, d'ailleurs.

Par contre, les 100 000 proviennent des dépots épargnés par d'autres, soit de la même banque, soit d'autres banques, soit de la banque centrale! La banque doit de son coté à d'autres autant qu'elle prète. Cela se vérifie en pratique, car il arrive que la banque ne prète pas parce que le risque lui parait trop élevé ou parce qu'elle ne trouve pas les refinancements. Donc aucune création monétaire qui durerait le temps du crédit.

Pas OK, voir précédemment.

Evidemment, en période de forte croissance optimiste, la banque trouve facilement le refinancement, au besoin par une politique monétaire accomodante de la banque centrale

Oui et non, tout dépend ce que vous appelez refinancement. En fait, en fonction de ses ratios de solvabilité et de liquidité, la banque a parfois besoin de se refinancer, mais ce n'est pas lié à une opération particulière. Ce prêt de 100000 dollars peut fort bien n'exiger aucun refinancement, cela dépend de sa situation.

...

OK, mais les 5000 d'intérêts ne sont pas, non plus, une création monétaire, en aucune façon! Car ce que le débiteur paye en plus à la banque, il le dépense moins pour acheter autre chose

Non pour le début, oui pour la fin.

Si les 5000 ont pu être trouvés parce qu'il y a eu croissance de la production (autre que celle de l'appartement), il y a eu croissance homothétique du PIB et de la masse monétaire, donc pas de problème. Si les 5000 ne sont pas remboursés, problème effectivement. Suggérez vous que si la banque centrale ne crée pas de monnaie, il ne peut y avoir de création monétaire, et que seule la vitesse de circulation de la monnaie peut varier. Au niveau du monde entier, comment résolvez vous ce paradoxe. Le PIB mondial, sur les 10 dernières années, avait cru à environ 5%. Les banques centrales auraient telles ajusté leur création monétaire, sans le support des banques privées?

Car ce que le débiteur paye en plus à la banque, il le dépense moins pour acheter autre chose.

Cela dépend, je pense, de la croissance de ses rémunérations, et donc de la croissance de l'économie réelle.

Réponse jf

En fait, évidemment, la mission des banques centrales est d'accompagner l'événement économique, où les banques, agents principaux du maintien de la monnaie en circulation et non sous les matelas, lui font remonter les informations nécessaires de refinancement . Le taux principal de la BCE s'appelle "Refi" qui vient de Refinanzierung ou refinancement, comme on veut. Et quand l'information indique une "surchauffe" (inflation), elle augmente refi pour moins refinancer, et inversement, en tout cas cela se passait ainsi avant la crise systémique! Il reste que c'est quand même toujours la banque centrale qui en rajoute (ou en enlève), sous pression, c'est d'accord!

De ce fait, la masse monétaire (M1) croît dans les périodes de croissance économique.

Le dollar avait sans doute une position à part, au sens où "on" faisait aux USA un crédit quasi illimité. Mais l'heure de vérité a sonné, et ce sont les fortunés américains eux-mêmes (ils ont trop pris, sans doute!) qui ne font plus confiance aux capacités du peuple américain!

La banque peut "créer de la monnaie" parce qu'elle aurait du "crédit" et est réputée solvable? C'est possible, mais elle doit, par la compensation interbancaire, tous les soirs, je dis bien tous les soirs, compenser avec les autres banques en payant tout ce qu'elle leur doit et récupérer tout ce que les autres lui doivent. Parfois, elle encaisse, et parfois, elle décaisse!

Si elle doit "décaisser" beaucoup (une grosse échéance), elle doit impérativement emprunter sur le marché des capitaux, sinon, crise de confiance et de solvabilité!

Les 100000 représentent effectivement 'peu' pour une grosse banque, comme vous dites, et, en général, elle peut bien les 'couvrir' en interne avec les dépôts sur les comptes courants.

Il reste que tout, jusqu'au dernier centime, est couvert tous les soirs, sinon: big problem!

Le fait que les intérêts représentent un prélèvement constant sur le pouvoir d'achat sur le plus grand nombre, comme je l'ai dit, a pour conséquence que la banque centrale, pour assouplir tout cela, remet au pot.

Car, le milliardaire avec dix Rolls ne va pas forcément pouvoir consommer davantage, et ceux qui n'ont que leur petit salaire sont étranglés par leurs remboursements divers, doivent néanmoins pouvoir acheter, sinon: big problem.

Pour moi, on ne sort pas du fait que la création monétaire est exclusivement centrale.

Car la monnaie est une institution publique qui vaut par son pouvoir libératoire légal en toute circonstance et partout, et ceci nécessite qu'elle est émise d'une façon absolument sûre et crédible.

Il y avait bien les "billets de banque" dans le passé, mais les réserves d'or les garantissaient, en principe.

Depuis que nous avons le cours forcé de la monnaie fiduciaire, c'est le seul pouvoir d'achat, justement garanti par la banque centrale qui doit préserver sa valeur en contrôlant notamment la quantité émise, qui "couvre" la monnaie.

C'est bien pourquoi il faudrait que la banque centrale puisse aussi introduire une technique organisant la bonne circulation efficace de sa monnaie, justement avec la monnaie anticris (fondante)!

jf