----- Original Message -----

From: aimard sandra

To: J F

Sent: Tuesday, January 20, 2009 2:49 PM

Subject: texte

Bonjour

Voici mon texte !



Réfléchir ou s'enliser ?

Si la religion croissance-productivisme-travaillisme engendrait le bien-être, notre société ressemblerait au paradis sur terre depuis le temps qu'on se prosterne...

Or le paradis promis s'est transformé en cauchemar à tel point que les trente glorieuses, années les plus représentatives de cette doctrine, ont été requalifiées après coup de trente piteuses voire de trente calamiteuses.

Il faut admettre que la détérioration de notre environnement comme de notre mode de vie à de quoi nous faire broyer du noir. Il serait peut-être temps de passer à autre chose...

La valeur travail prend l'eau

On nous avait dit le travail c'est la santé...oui mais rien foutre c'est plus sûrement la conserver

On ne nous a jamais autant rabattu les oreilles avec la valeur travail et pourtant c'est pas franchement ce qu'on fait de mieux en ce moment !. Il y en a même un qui a dit « travaillez plus pour gagner moins, amen » (ah non, pardon au début c'était pour gagner plus, deux fois amen) mais personne n'a compris ce qu'il voulait dire.

On aimerait que le travail évoque réalisation de soi, convivialité, camaraderie, mais en général c'est plutôt du non-sens, du stress, de la dépression voire de la violence qu'il représente. Entre les Working-poors et les Work-alcooliques on se demande comment éviter cette sale maladie qui peut même mener au suicide...

Il y a ceux qui s'arrangent pour rester en dehors du jeu de massacre. Mais les chômeurs qui essaient d'éviter le « travaille-consomme-tais-toi» sont une catégorie de têtes de Turcs tenus pour responsables, avec les sans-papiers entre autres, de la nouvelle misère de la classe moyenne. La crise financière nous a pourtant bien éclairés. Cependant le chômeur reste un suspect, aussi suivi qu'un détenu (jusqu'à quatre traqueurs de pauvres sur le dos) et souvent reçu comme un délinquant, avec menaces à la clé ; on préférerait presque être reçu au commissariat par des flics, des vrais de vrais, eux au moins ne sont pas déguisés en travailleurs sociaux.

Qu'est-ce qui ne prend pas l'eau ?

La violence néo-libérale et ses dogmes d'efficacité, de rentabilité, de court terme, de productivité, de flexibilité, de compétition crétine, de consommations futile, de matérialisme obscène ... a non seulement dégradé le lien social dans le milieu du travail mais elle a aussi réussi à abîmer tout le tissu social par l'individualisme qu'elle impose.

Quant au dérèglement climatique, il est déjà bien avancé et nous prépare de belles surprises au dire des vrais scientifiques (pas ceux qui sont vendus aux lobbies).

L'exploitation des ressources naturelles à outrance pour répondre au besoin de surconsommation nous amène également à la question de l'épuisement des ressources avec la fin du pétrole et des ressources de la pêche .

On peut continuer la liste avec les effets de nos chers produits chimiques. Ils ont largement contribué à l'explosion des cancers depuis vingt ans. et rendent stérile une part croissante de la population.

Les jeux sont ouverts ! Qui veut parier sur la cause de l'extinction de l'espèce humaine ?

C'est par où la sortie ?

Il serait temps de s'attaquer à tout ce qui permet la captation de richesses par une poignée d'être humains les plus assistés, incapables et malhonnêtes de notre planète, à savoir les banquiers, Pdg à Stocks Options, Traders, gros actionnaires...N'ont-ils pas bénéficié de l'assistance des Etats à coup de milliards malgré leurs prestations minables ?

On pourrait commencer par supprimer les paradis fiscaux, secrets bancaires et autres privilèges.

Mais il faudrait également tourner notre regard sur le rôle de la monnaie qui constitue l'un des socles de notre économie.

Elle devrait en effet avoir pour fonction de favoriser l'échange et la répartition des richesses. Or, elle a essentiellement pour rôle la thésaurisation et l'accumulation de richesses pour une minorité de riches. L'introduction d'une monnaie fondante qui se déprécie à intervalles réguliers permettrait d'améliorer la situation.

Qui dit redistribution des richesses, dit enfin possibilité de travailler mieux et beaucoup moins.

Le revenu garanti avec ou sans travail donnerait le droit au non travail et permettrait également de se désintoxiquer de l'addiction au boulot, élément important du drame productiviste*. Chacun aura enfin le droit au non travail et au travail choisi.

Le spectre du chômage ne pourrait plus être agité devant des salariés qui acceptent des conditions de travail de plus en plus dégradantes.

Mais une révolution dans les têtes devra passer par là pour sortir de cette agitation nuisible et sans but qu'on appelle travail.

Il serait temps d'opposer à la course à l'échalote qui nous fait ramper, du bien-être, du plaisir de faire, de la joie d'être ensemble. Et vive la sieste siempre !

Tiens, v'là une petite flemme, donc à la prochaine, on parlera décroissance.

Voir les films : « attention danger travail » de Pierre Carles ; J'ai très mal au travail de Jean-Michel Carré ; « ressources humaines » de Laurent Cantet ...

Rapport de la FAO : si les prélèvements continuent au rythme actuel, les océans seront épuisés, toutes pêches confondues, en 2048.

Voir le blog http://monnaiefondante.canalblog.com

Sources : « Petit traité de la décroissance sereine » Serge Latouche.

Merci beaucoup, votre travail est excellent! A mon goût, il est à publier tel quel s'il est accepté par "le décodeur! Si vous êtes d'accord, je mettrai notre échange sur mon blog!

Je peux simplement encore remarquer que la monnaie fondante nous préparerait sans peine à une situation nouvelle de redistribution.

Cette redistribution nouvelle aurait comme effet principal de réduire les revenus rentiers du capital et d'augmenter d'autant les revenus du travail. Je précise que les banques versent actuellement au moins 600 milliards d'euros tous les ans des comptes débiteurs sur les comptes créanciers en tant qu'intérêts du capital prêté (placements financiers) ! 600 Milliards divisés par 60 millions de français, cela fait 10 000 euros par français et par an!  Si cette somme n'est plus à payer, on imagine aisément à quel point la redistribution serait plus avantageuse pour les petits revenus notamment!

A ce moment-là, les individus auront une liberté bien plus grande de choisir de travailler moins ... pour gagner autant qu'auparavant, ou alors de travailler autant ou plus s'ils le souhaitent. Autrement dit, le rapport que le sujet entretient avec son tavail sera beaucoup plus souple. Par contre, on ne pourrait plus "faire travailler son argent" ou autrement dit, vivre de ses rentes. Les fortunés se trouveraient confrontés à une lente fonte de leurs richesses, car leurs placements finiraient par ne plus rien rapporter que leur simple maintien. Dès lors, le temps qui avance et la transmission des biens du fait de la vie finie ferait le reste pour faire fondre en quelques annnées la quasi-totalité des très grandes fortunes. Si on ajoutait encore une imposition un tant soit peu redistributive, cela irait encore plus vite.

On peut aussi parier que le temps de travail, dans un contexte de croissance nulle, voire de décroissance, se réduirait généralement, et le "travailler 2 heures par jour" avancé par certains théoriciens serait rapidement à portée de main!

La productivité liée aux technologies actuelles est effectivement suffisante pour maintenir le niveau de vie actuel avec un effort général de cet ordre - quand on supprime les revenus rentiers possibles grâce à la monnaie fondante.

Bien amicalement, J.Finckh