23 décembre 2008
questions de lucien orio et réponses (jf)
Questions de Lucien Orio du 22 décembre 2008
Mon cher Johannes,
Pour le taux d'intérêt:
1. Pourquoi existe-t-il un taux d'intérêt positif?
2. Quel est son niveau de long terme et pourquoi fluctue-t-il?
3. Est-il la rémunération de quelque chose (l'attente des néoclassiques) ou simplement une fraction du profit ( Marx)?
4. Jusqu'à quel point peut on le faire baisser? Etant entendu qu'il s'agit ici du taux long.
Je te laisse méditer encore et et encore. On reprendra ces questions et d'autres, notamment celles du crédit
Bien des choses à Marie-françoise. Joyeuses fêtes, Lucien
Réponses proposées par Johannes Finckh, 23 décembre 2008
1) Pourquoi existe-t-il un taux d’intérêt positif ?
Personnellement, je ne peux me contenter entièrement de la réponse de Keynes qui indique un taux d’intérêt monétaire net.
Keynes fait le résumé de la théorie Silvio Gesell sur ce point, et il valide en partie tout en le critiquant injustement, car il n’a pas tout compris ou volontairement tronqué pour placer ses idées largement piochées dans Gesell!. Tu trouves ainsi, après la page 348, dans la « théorie générale… » (pbp) en traduction française ce que Keynes savait de Gesell. Je te copie plus particulièrement le passage allant de la page 350, dernière ligne, à la page 353, fin du chapitre VI :
« La contribution propre de Gesell à la théorie de la monnaie et de l'intérêt est la suivante. En premier lieu il fait nettement la distinction entre le taux de l'intérêt et l'efficacité marginale du capital, et il soutient que c'est le taux de l'intérêt qui fixe une limite à la vitesse d'accroissement du capital réel. Il montre ensuite que le taux de l'intérêt est un phénomène purement monétaire, que la particularité de la monnaie d’où le taux de l'intérêt monétaire tire son importance est que sa possession en tant que moyen d'entreposer la richesse impose seulement à ceux qui la détiennent des frais de conservation négligeables, et que les richesses comportant des frais de conservation appréciables, comme les stocks de marchandises fournissent en fait un revenu à cause de la norme fixée par la monnaie. Il trouve dans la stabilité relative du taux de l'intérêt à travers les âges une preuve que ce taux ne peut dépendre de facteurs purement physiques, car les variations des facteurs de cet ordre d'une époque à l'autre ont été sans a doute infiniment plus fortes que celles qu'on observe dans le taux de l'intérêt; ceci revient à dire (dans notre langage) que le taux de l'intérêt, lequel dépend de facteurs psychologiques constants, est resté stable et que les facteurs très instables qui agissent en premier lieu sur la courbe de l'efficacité marginale du capital ont déterminé, non le taux de l'intérêt, mais la vitesse à laquelle le taux de l'intérêt (qui dans une certaine mesure était donné) a permis au stock de capital réel de s'accroître.
Cette théorie présente toutefois un grave défaut. Gesell démontre que c'est uniquement parce qu'il existe un taux d'intérêt de la monnaie qu'on peut obtenir un revenu en prêtant des stocks de marchandises. Son dialogue entre R son Crusoé et un étranger (1) est une excellente parabole économique — une des meilleures qu'on ait écrites à l'appui de cette affirmation. Mais, une fois qu'il a donné la raison pour laquelle le taux d'intérêt de la monnaie, à la différence de la plupart des taux d'intérêt de marchandises, ne peut être négatif, il ne voit nullement la nécessité de dire pourquoi ce taux d'intérêt est positif, et il ne parvient pas à expliquer pourquoi ce n'est pas le rendement du capital productif qui gouverne le taux d'intérêt de la monnaie (comme le soutient l'école classique). Car la notion de préférence pour la liquidité
(1) The Natural Economic Order, pp. 297 et suiv.
351
lui a échappé. II n'a construit qu'à moitié la théorie du taux dé l'intérêt.
C'est sûrement à cause de ses lacunes que la théorie de Gesell n'a guère retenu l'attention des milieux universitaires. Pourtant il l'avait suffisamment approfondie pour aboutir à une recommandation pratique qui, sans être applicable sous la forme qu'il a proposée, pourrait n'en contenir pas moins l'essentiel du remède nécessaire. Il soutient que le développement du capital réel est contrarié par le taux d'intérêt de la monnaie et que, en l'absence d'un tel obstacle, ce développement dans le monde moderne serait si rapide qu'un taux d'intérêt de la monnaie nul se trouverait justifié sinon immédiatement du moins dans un délai relativement court. Il importe donc avant tout d'abaisser le taux d'intérêt de la monnaie et Gesell montre qu'on y peut parvenir en faisant supporter à la monnaie des frais de conservation semblables à ceux qui grèvent les autres stocks de marchandises improductives. Ceci le conduit au fameux système de la « monnaie estampillée », auquel on a surtout associé son nom et qui a été approuvé par le Professeur Irving Fisher. Dans ce système les billets en circulation (et il est clair qu'au moins certaines formes de monnaie de banque devraient être soumises au même régime) ne pourraient conserver leur valeur qu'à la condition d'être revêtus chaque mois (comme une carte d'assurance) d'une estampille délivrée par les bureaux de poste. On pourrait bien entendu fixer le prix de l'estampille au chiffre convenable. Selon notre théorie ce prix devrait être approximativement égal à l'excès du taux de l'intérêt de la monnaie (abstraction faite des estampilles) sur l'efficacité marginale du capital qui correspond au flux d'investissement nouveau compatible avec le plein emploi. En fait, Gesell proposa un droit de 1 °/00 par semaine, soit 5,2 % par an. Ce chiffre serait trop élevé dans les circonstances actuelles; seuls des tâtonnements pourraient indiquer le chiffre correct, lequel d'ailleurs devrait être modifié de temps à autre.
L'idée sur laquelle repose la monnaie estampillée est juste. Il est possible qu'on trouve le moyen de l'appliquer sur une échelle restreinte. Mais elle soulève de nombreuses difficultés que Gesell a ignorées. Il n'avait pas compris en particulier que la monnaie n'est pas la seule richesse assortie d'une
352
prime de liquidité, qu'il n'y a qu'une différence degré entre elle et beaucoup d'autres articles, et qu'elle tire son importance du fait qu'elle a une prime de liquidité plus forte qu'aucun autre article. Si les billets en circulation devaient être privés de leur prime de liquidité, toute une série de succédanés viendrait prendre leur place, monnaie de banque, créances à vue, monnaies étrangères, pierreries, métaux précieux dans leur ensemble, etc. A certaines époques, ce fut sans doute, comme nous l'avons indiqué précédemment, le goût de la propriété foncière, abstraction faite de son rendement, qui contribua à maintenir l'élévation de l'intérêt — dans le système de Gesell ce phénomène serait rendu impossible par la nationalisation des terres. »
Fin du chapitre
(JF) J’ ai mis en bleu les deux passages qui posent problème :
« Cette théorie présente toutefois un grave défaut. Gesell démontre que c'est uniquement parce qu'il existe un taux d'intérêt de la monnaie qu'on peut obtenir un revenu en prêtant des stocks de marchandises. Son dialogue entre Robinson Crusoé et un étranger (1) est une excellente parabole économique — une des meilleures qu'on ait écrites à l'appui de cette affirmation. Mais, une fois qu'il a donné la raison pour laquelle le taux d'intérêt de la monnaie, à la différence de la plupart des taux d'intérêt de marchandises, ne peut être négatif, il ne voit nullement la nécessité de dire pourquoi ce taux d'intérêt est positif, et il ne parvient pas à expliquer pourquoi ce n'est pas le rendement du capital productif qui gouverne le taux d'intérêt de la monnaie (comme le soutient l'école classique). Car la notion de préférence pour la liquidité lui a échappé. II n'a construit qu'à moitié la théorie du taux dé l'intérêt. »
Je t’oppose ici le dernier chapitre de l’ordre économique naturel de Silvio Gesell pour souligner toute la mauvaise foi dont Keynes a déjà fait preuve, tout y est et le pourquoi le taux ne descend jamais à zéro, et le lecteur qui n’aurait pas « compris » est invité à relire le livre, car Gesell ne dit que ça et sur tous les tons ! Le taux monétaire net, avec la monnaie actuelle, ne saurait aller vers zéro du fait de la supériorité de la monnaie sur les biens et services en terme de « stockage », de mobilité pratique dans le temps et l’espace et de souplesse d’usage !
Gesell appelle plus haut dans son texte cet intérêt monétaire net « l’intérêt fondamental », Urzins en allemand.
Ce sont là des choses que Keynes admet parfaitement sous le nom de « prime de la (renonciation à la) liquidité bien connue. Keynes a voulu ici placer son idée, il ne fallait pas admettre que Gesell l’avait très largement anticipé ! Il fallait donc faire preuve de malhonnêteté intellectuelle sur ce point !
Voici les pages chez Gesell :
Il s’agit du dernier chapitre (8) de la partie V, consacré à la théorie de l’intérêt, mais en fait, tout son texte est traversé de preuves (pages 352-357 de l’Ordre économique naturel)!
(p.352)« 8. L'intérêt net du capital, grandeur immuable. (Silvio Gesell) :
Nous venons de montrer que, aussi longtemps qu'une hausse est en vue (durant la marée montante des affaires, appelée « conjoncture ascendante » ), le taux de l'intérêt accueille à côté de ses deux premiers éléments : l'intérêt du capital et la prime de risque (assurance),
L'INTERÊT NET DU CAPITAL 353
un troisième élément : la prime de hausse ou quote-part du prêteur dans la hausse des prix prévus. Il en résulte que si nous voulons étudier les variations de l'intérêt du capital, ce serait une erreur que de comparer tout bonnement les taux pratiqués aux diverses époques. Cette méthode mènerait à des conclusions aussi erronées, que la méthode qui consisterait à comparer les salaires à diverses époques, sans tenir compte des prix des marchandises durant ces mêmes époques.
Mais comme, ainsi que nous l'avons remarqué, la prime de hausse ne fait son apparition qu'en même temps que la hausse générale des prix, et disparaît avec elle, nous pouvons supposer que, durant les nombreuses périodes de baisse mentionnées dans l'histoire, le taux de l'intérêt ne comprend que l'intérêt du capital et éventuellement la prime de risque. Le taux d'intérêt pratiqué à ces époques se prête donc parfaitement à l'étude des mouvements de l'intérêt du capital (1).
Une période bien connue de baisse générale et continuelle des prix, fut celle qui va d'un siècle avant Jésus-Christ jusque vers l'an 1400 (2). Durant cette longue période la circulation monétaire se limita à l'or et à l'argent métalliques, les billets et les jetons n'étant pas encore connus en Europe. D'autre part les sources de ces métaux, notamment les mines d'argent d'Espagne, étaient épuisées. L'or légué par l'antiquité était gêné dans sa circulation par l'interdiction (souvent inefficace d'ailleurs) de l'intérêt, et se perdait peu à peu. La baisse générale des prix est donc fondée sur des faits généralement admis, et n'est contestée nulle part.
Dans l'ouvrage de Gustav Billeter « Die Geschichte des Zinsfusses im griechisch-römischen Altertum bis auf Justinian » (Histoire du taux de l'intérêt dans l'antiquité gréco-romaine jusqu'à Justinien) on trouve les indications que voici
P. -163 : « A Rome, nous trouvons déjà fixés du temps de Sylla (82-79 avant Jésus-Christ) les types actuels : de 4 à 6 %. »
P. 164: « Cicéron écrit vers la fin de l'année 62: Les gens solvables, d'un crédit solide, obtiennent de l'argent en abondance à 6 %. Et Billeter d'ajouter: « Ceci trahit déjà une tendance à la baisse ; effectivement, nous ne tarderons pas à rencontrer un taux plus bas. »
P. 167 : ((Durant la guerre (vers l'an 29) l'intérêt atteignit 12 %. Même les gens les plus solvables devaient payer ce taux. De 4 ou 6% l'intérêt avait donc monté à 12 %. Mais l'on revit bientôt les 4% d'autrefois. »
________________________
(1) En temps de hausse des prix, le taux de l'intérêt se compose de l'intérêt fondamental et de la prime annuelle de hausse ; en temps de baisse il est égal à l'intérêt fondamental, moins le taux annuel de la chute des prix. La supposition selon laquelle le taux-de l'intérêt est égal en temps de Laisse, à l'intérêt fondamental n'est vraie qu'approximativement [IX].
(2) La France, l'Italie et l'Espagne, pays où le titre des monnaie fut réduit par ce que l'on a coutume d'appeler le faux monnayage, constituent ici une exception.
354 LA THÉORIE DE L'INTERÊT
(Ce taux de 12 % en temps de -guerre s'explique aisément par la hausse considérable de la prime de risque. Il faut également tenir compte de la possibilité d'une hausse accidentelle, en dépit de la pénurie générale d'argent; dans ce cas le taux de l'intérêt comprenait également une prime de hausse. Un changement dans la vitesse de la circulation monétaire, provoqué par exemple par une nouvelle législation en matière d'intérêt, suffirait déjà pour expliquer le fait.)
P. 180_: L'empire romain avant Justinien: « Pour des placements de tout repos, le taux va de 3 à 15 % ; 3 % est exceptionnel, c'est visiblement le taux le plus bas, même dans les placements ayant le caractère d'une rente. 15 %Q% est tout à fait exceptionnel, 12 % L’est moins mais n'est pas encore typique, 10 % est isolé. Le vrai type se trouve entre 4 et 6 %. Entre ces deux taux, il convient de noter que les conditions de temps et de lieu ne jouent aucun rôle déterminant ; c'est la nature du placement qui détermine le taux : 4 % est un taux réduit, 6 % est coutumier, 5. % le taux moyen, est pratiqué pour les très bons placements, c'est le taux ordinaire pour les affaires offrant une sécurité normale. Le taux officiel varie également de 4 à 6 % (il n'est jamais de 12) ; la base de capitalisation est 4 % et 3 1/2 % »
P. 314: L'époque de Justinien (527-565) : « Tirons les conclusions. Nous voyons que, dans des circonstances spéciales, le taux de capitalisation peut monter jusqu'à 8 % ou baisser jusqu'à 2 % ou 3 %. Dans les conditions ordinaires, 5 % nous apparaît normal, quoiqu’un peu forcé; 6 et 7 % semblent pratiqués assez généralement mais sont toujours considérés comme la moyenne habituelle. C’est donc entre un peu moins de 5% et 6% qu’il convient de situer le taux moyen de l’intérêt. »
Les investigations de Billeter s’arrêtent là . Résumons les données qu'il a fournies..
Du temps de Sylla (82-79 av. J.-C.) on payait de 4 à 6 %...A I'époque de Cicéron (62 av. J: C.) on trouvait à 6 % de l'argent en abondance. Après une courte interruption provoquée par la guerre (29 av. J.-C.) l'ancien taux de 4 % se rétablit. Sous l'empire, jusqu'à Justinien on comptait habituellement de 4 à 6 %. Sous le règne de Justinien (527-565) le taux était en moyenne de 5 ou 6 %.
Que signifient ces chiffres? Que pendant une période de 600 ans, le taux de l'intérêt resta le même que celui que nous pratiquons aujourd'hui, après un millénaire et demi. De 4 à 6 1/2 %, le taux d'alors dépassait peut-être quelque peu celui d'aujourd'hui ; mais la différence revient sans doute à la prime de risque. Pendant l'antiquité et le moyen âge, la prime de risque fut, à n'en pas douter, plus importante que de nos jours, où i'Eglise; les coutumes et les lois ont pris l'int& t sous leur protection.
L'INTÉRÉT NET DU CAPITAL 355
Ces chiffres prouvent que l'intérêt est indépendant des circonstances économiques, politiques et sociales. Ils infligent un démenti cinglant aux diverses théories de l'intérêt et notamment à la théorie de la productivité, la seule qui eût encore les apparences pour elle. Si on paye pour des moyens modernes de travail, comme les batteuses à vapeur, les lieuses automatiques, les fusils automatiques, les explosifs, etc., le même intérêt que pour la faucille, le fléau, l'arbalète et le coin d'il y a 2.000 ans, qu'on ne vienne pas nous dire que ce qui détermine l'intérêt, c'est l'utilité, la productivité des moyens de travail (des moyens de production).
Ces chiffres signifient que l'intérêt doit son existence à des circonstances qui ont exercé leur influence avec une force exactement égale, il y a 2.000 ans, et ce, pendant une période de 600 ans. Quelles sont ces circonstances, ces forces, ces choses ? Pas une seule des théories connues à ce jour ne nous donne la moindre indication utile à la solution de ce problème.
Il est regrettable que les recherches de Billeter s'arrêtent à Justinien ; sur l'époque qui suit, il n'existe que je sache, aucune recherche digne de foi, avant Christophe Colomb. Il serait d'ailleurs difficile de trouver dans cet intervalle des indications sûres, du moins pour les pays chrétiens, où l'on prit des mesures de plus en plus sévères contre l'intérêt, et où la pénurie toujours croissante de métaux monnayables réduisit continuellement le mouvement de l'argent et le commerce. A partir de 1400, le titre des monnaies subit des réductions considérables, et il n'est plus possible de distinguer dans le taux, l'intérêt net du capital. Ici Billeter aurait dû combiner ses recherches avec des statistiques de prix, afin d'éliminer du taux de l'intérêt la prime éventuelle de hausse.
(Si le pape Clément V put, au Concile de Vienne (1311), menacer d'excommunication les pouvoirs temporels auteurs de décrets favorables à l'intérêt, cela prouve à quel point le commerce était faible et combien le prêt était rare. Il était possible au pape de frapper avec sévérité quelques pécheurs isolés ; si le commerce avait été actif et si la transgression de cette interdiction s'était vue tous les jours, le pape n'aurait pas osé lancer d'anathème. La preuve en est, qu'à mesure que le commerce s'est développé,l'opposition de l'Eglise a faibli.)
L'intérêt net du capital est une grandeur immuable ;, voilà la vraie loi d'airain. Toutes les recherches relatives à l'intérêt le prouveront, à condition de tenir compté de la répercussion du mouvement des prix sur le taux de l'intérêt (prime de hausse). Si nous avions eu pendant 2.000 ans un niveau des prix invariable, le taux de l'intérêt se serait maintenu invariablement entre 3 et 4%.
L'invention des jetons au xve siècle — qui eut sur les prix une influence aussi grande que la monnaie papier — et la mise en exploitation des mines d'argent du Harz, d'Autriche et de Hongrie fourni-
356 LA THÉORIE DE L'INTERÊT
rent un sang nouveau à la vie économique de bien dis pays. La découverte de l'Amérique inaugura le grand bouleversement des prix des XVIe et XVlle siècles. Les prix haussaient sans arrêt et le taux
de l'intérêt était grevé d'une lourde prime de hausse. Il ne faut donc pas s'étonner de voir durant toute cette période l'intérêt atteindre untaux très élevé.
Le livre.d'Adam Smith « Recherches sur la nature de la richesse » (Inquiry into the nature of wealth) fournit les chiffres que voici : en 1546, la limite légale du taux de l'intérêt était 10 % ; ce décret fut renouvelé en 1566 par Elisabeth, et le taux de 10 ,% fut admis par la loi jusqu'en 1624.
A cette époque le bouleversement des prix avait pris fin; après l'écluse de la hausse générale, les prix voguaient maintenant sur un canal tranquille. Ce changement eut sa répercussion sur l'intérêt; car en 1624, l'intérêt passa à 8 %, puis, peu après le rétablissement des Stuart (1660), il fut réduit à 6 %, puis à 5 % en 1715.
« Ces décrets semblent tous avoir suivi les mouvements du taux sur le marché libre, et non les avoir précédés. » Ainsi s'exprime. Adam Smith.
A partir de la reine Anne (1703/14), il semble que 5 % soit plutôt au-dessus qu'au-dessous du «market rate» (du taux du marché). C'était naturel: la hausse des prix était terminée à cette époque, et le taux de l'intérêt ne consistait plus qu'en intérêt du capital et en prime de risque; c'est-à-dire qu'il ne représentait plus que l’intérêt net, plus le taux d'assurance.
« Avant la dernière guerre, dit Smith, lEtat empruntait à 3% et les gens dignes de confiance de la capitale ainsi que bien d’autres parties du pays, payaient 3 1/2, 4 et 4 1/2 % ».
Nous retrouvons donc exactement les mmes taux qu’aujourd’hui.
Faut-il encore d'autres preuves que l'intérêt net du capital obéit à une loi d'airain, qu'il ne peut baisser en deçà de 3 %, ni hausser au delà de 4 ou 5 %, que les fluctuations de taux de l'intérêt ne sont pas imputables à l'intérêt fondamental ? Dans les temps modernes, quand donc le taux de l'intérêt a-t-il haussé ? Ce fut toujours en même temps que les prix, et seulement avec eux. Après les découvertes d'or en Californie, le taux de l'intérêt monta si haut que les grands, propriétaires fonciers allemands endettés se lamentaient, en dépit de la hausse des céréales. La hausse des céréales était absorbée par l'accroissement des revendications salariales. A l'épuisement des mines, les prix tombèrent, ainsi que le taux d'intérêt. Ensuite vinrent les milliards de l'indemnité de guerre payée par la France; hausse des prix, hausse du
L'INTÉRÊT NET DU CAPITAL 357
taux. Puis, le grand krach de 1873 ; le taux fléchit. Pendant les deux périodes de hausse qui vont de 1897 à 1900 et de 1904 à 1907, le taux de l'intérêt monta lui aussi ; après quoi les prix subirent une baisse générale durant laquelle l'intérêt fut à un taux réduit. Actuellement les prix montent de nouveau lentement, et le taux également. Bref, si l'on soustrait partout du taux de l'intérêt la prime de hausse correspondant à la hausse générale des prix, il reste pour l'intérêt une grandeur immuable, rigide comme l'airain.
Pourquoi l’intérêt ne tombe-t-il jamais plus bas que 3% ; pourquoi ne baisse-til jamais jusqu’à zéro, ne fut-ce qu’un moment, un jour par an, un an par siècle, un siècle en l’espace de deux millénaires.
La réponse est fournie dans ce livre. »
(JF)
Voici la fin du livre de Gesell, mais il faut faire l’effort de le lire entièrement, en tout cas la partie monétaire !
Je ’en fous un peu de ces querelles d’antériorité, mais cela contribue à vouloir ridiculiser celui qui révolutionne l’économie politique comme aucun autre et celui qui trouve la vraie sortie de l’abjection capitaliste! Si on se contentait de valider le fait que Keynes valide néanmoins la solution –désormais évidente- proposée par Gesell, à savoir la monnaie « estampillée » ou « fondante » ou « éléctroniquement affectée de coûts de stockage en fonction du temps », on trouverait bien le système le plus adapté au présent si on en admet le principe « juste ! », je crois que nous trouverions rapidement et définitivement une sortie de la crise actuelle, et il n’y
a aurait plus d’autres crises monétaires à l’avenir dans ce cas !
Quant à la deuxième objection de Keynes, elle est tout aussi scandaleuse et devrait, à mon sens ridiculiser Keynes sur ce point. Keynes écrit (deuxième passage bleu) :
« Il n'avait pas compris en particulier que la monnaie n'est pas la seule richesse assortie d'une prime de liquidité, qu'il n'y a qu'une différence degré entre elle et beaucoup d'autres articles, et qu'elle tire son importance du fait qu'elle a une prime de liquidité plus forte qu'aucun autre article. Si les billets en circulation devaient être privés de leur prime de liquidité, toute une série de succédanés viendrait prendre leur place, monnaie de banque, créances à vue, monnaies étrangères, pierreries, métaux précieux dans leur ensemble, etc. A certaines époques, ce fut sans doute, comme nous l'avons indiqué précédemment, le goût de la propriété foncière, abstraction faite de son rendement, qui contribua à maintenir l'élévation de l'intérêt — dans le système de Gesell ce phénomène serait rendu impossible par la nationalisation des terres. »
C’est du n’importe quoi de quelqu’un qui s’abaisse au niveau du café de commerce !
Il est faux de dire qu’un autre objet, quel qu’il soit, ait la qualité de liquidité comparable à la monnaie !
Les billets « privés de la prime de liquidité » inciteraient certainement les agents à s’en défaire comme Keynes le remarque justement.
S’il avait lu plus attentivement Gesell il aurait trouvé effectivement que la qualité « fondante » se répercuterait sur les dépôts à vue et pousserait les taux d’épargne au voisinage de zéro.
En ce qui concerne les monnaies étrangères, les pierreries et les métaux précieux, on pourrait ajouter le pétrole ?, toutes ces choses n’auraient jamais un impact comparable que la monnaie elle-même ! de plus, ceux qui spéculeraient avec cela devraient néanmoins s’exposer à d’autres risques dès lors que le législateur veut se donner la peine d’y veiller (un peu) !
En clair, être poussé à se défaire de la monnaie liquide, instrument même du fonctionnement économique satisfaisant, c’est parfaitement souhaitable et salutaire. La monnaie fondante resterait indéfiniment disponible et c’est tout l’effet recherché !
L’acheteur d’objets durables (l’or par exemple) libère précisément la monnaie avec laquelle il les achète, et cette monnaie serait toujours disponible, jamais thésaurisée !
En conclusion au point 1), il reste que l’intérêt ne baissera jamais sous 3 ou 2% avec la monnaie actuelle !
2) Pour la deuxième question, les fluctuations des taux se font entre 2% (minimum) et beaucoup plus, en fonction de l’inflation du moment.
Sous 2%, la monnaie refuse de circuler, c’est la trappe aux liquidité qui s’ouvre, Keynes a pu piocher cette notion aussi chez Gesell, il a bien pu trouver ça aussi tout seul ou ailleurs !
3) Oui, c’est la « prime de (renonciation à la) liquidité popularisée par Keynes et qui s’appale « intérêt fondamental » ou intérêt monétaire net !
C’est la rente capitaliste tout simplement, et de ce fait représente la plus-value de Marx, mais amené tout autrement que chez Marx.
L’exploitation capitaliste est la conséquence de ce système monétaire millénaire (qui en est la cause !).
L’exploitation de la force du travail et l’extorsion d’un sur-travail chers à Marx sont des conséquences de ce système !
Il s’agit bien d’une « rémunération », mais elle n’a vraiment aucune légitimité morale, mais elle est inéluctable avec la monnaie actuelle !
Ceci se vérifie lors des crises économiques où les plus grosses installations industrielles, sources de profit et de surprofits en temps « normal », peuvent basculer très vite dans le rouge, et elles ne valent dès plus rien !
Pourquoi ? L’obsolescence n’explique pas tout, sauf à considérer que le repli de la monnaie pendant la crise rendrait « obsolète » à peu près tout sur son passage !
L’intérêt monétaire est la fraction essentielle et irréductible du profit productif, la part marchandise est soumise aux aléa de la concurrence, de la surproduction, des anticipations erronées, des modifications de loi ou de mode !
Alors, tu vois, les réponses geselliennes tiennent la route !
Le facteur temps affecte tout, et la monnaie prélève la rente du temps (time is money !).
4) dans le système actuel, les banques centrales peuvent émettre à zéro%. Mais il s’agira d’une monnaie qui n’apparaître sur le marché monétaire qu’avec un intérêt de 2 ou 3% comme indiqué plus haut.
Si le marché bloque (crise de confiance), cette monnaie ne sera pas prêtée et disparaîtra dans les coffres.
Cela ne changerait qu’avec la monnaie fondante !
22 décembre 2008
échange avec jl magnol
ton article dans traversel est tout à fait excellent, bien sûr, merci!
----- Original Message -----
From: Johannes FINCKH
To:
Sent: Monday, December 22, 2008 9:17 PM
Subject: Re: Sur Gesell sur le Transversel
Réponse en fin de ce mail!
From: j.magnol
To: Johannes FINCKH
Sent: Monday, December 22, 2008 4:59 PM
Subject: Re: Sur Gesell sur le Transversel
Pour ce qui concerne les citations que je fais en bas de texte, il faut consulter les archives des journaux en question mais je dois les avoir dans mes archives, et pour les retrouver cela demandera un peu de temps.
Sur le fait que les marxistes ont demandés la destruction des bons de travail à Lignières, c'est une info de Tavernier, Tapernoux et Rahmani qui était encore en relation avec Lardeau (Il vivait à Guipavas en Bretagne).
Pour ton texte : il est superbe. Qui répondra ou voudra l'analyser ? Je ne suis pas sûr que tout un chacun le recoive à 100% car il fait référence à des situations historiques, des analyses économiques que tout le monde ne connait pas ou mal ou ne sait pas forcément relier un phénomène à un autre. Mais il a l'avantage d'être clair. Mais ce sont des analyses qui auront du mal à trouver contradicteur ou défenseur : les pro. n'aiment pas trop se mesurer avec ceux qui ne sont pas leurs égaux reconnus et agréés. Effectivement, je ne comprenais pas pourquoi le complexe militaro-industriel était si gigantesque aux U.S.A.
Mais j'espère que cela viendra. Ne te bile pas : peu de gens s'expriment sur le blog des autres !
A+
Jean-Louis> Message du 21/12/08 20:46
> De : "Johannes FINCKH"
> A : "j.magnol"
> Copie à :
> Objet : Re: Sur Gesell sur le Transversel
>
> comment puis-je accéder à ces textes?, merci, jf; as-tu lu ma dernière prose, en deux mots, qu'en penses-tu?, merci jf
From: j.magnol
To: Johannes Finckh [Finckh Johannes]
Sent: Sunday, December 21, 2008 8:30 PM
Subject: Sur Gesell sur le Transversel
Johannes,
> Voici le texte que j'avais écrit pour Transversel avec et surtout mes deux commentaires en bas de page.
> http://transversel.apinc.org/spip/article.php3?id_article=193
> Les marxistes actuels ignorent à quel point les marxistes anciens ont haï Gesell (tout comme la droite depuis le début du XXeme siècle) et ont, par exemple, hâté la chute de la commune libre de Lignières (sans gravité d'ailleurs pour celle-ci) en collaboration avec le pouvoir politique de l'époque (1955-1956).
Cher ami, merci pour tes encouragements!
Je confirme ce que tu dis, je connaissais Geaorges Lardeau personnellement pour l'avoir fait parler de Lignières en Berry en 1986 à la faculté de sciences économiques de Bordeaux, un homme charmant et plein de bon sens à l''époque, je ne sais pas s'il vit encore, je l'ai revu chez Rahmani en 1994, mais depuis, on s'est un peu perdu de vue, il m'avait envoyé un projet énergétique que je n'ai pas bien compris, mais le brevet qu'il avait obtenu n'a jamais été repris par l'industrie.
Quant à l'histoire, il est vrai que les communistes allemands vouaient une haine absolue aux geselliens, idem les sociaux démocrates!
Leur religion marxiste les empêchait de voir clair, et ils craignaient, en fait, que cela puisse marcher, car cela aurait vidé leur corpus théorique de sa pertinence, déjà à l'époque!
Ils avaient tout fait pour déclarer injustement une parenté des geselliens avec les nazis, ce qui est évidemment scandaleux et totalement faux. Silvio Gesell récusait avec la dernière énergie tout antisémitisme tout comme toute autre forme de racisme! Il défendait la liberté absolue de circulation des être humains dans le monde entier!
Le problème intellectuel avec la gauche politique n'est donc pas nouveau!
La phobie du "marché" libre les avait déjà aveuglés, car ils ne comprennent pas la différence entre la libre entreprise et la situation de contrainte capitaliste dans laquelle nous sommes et qui est en train, via l'établissement des oligopoles, de restaurer une société féodale, où le "marché ne sera plus qu'un lointain souvenir.
La gauche caviar a carrément viré capitaliste, les autres sont minoritaires et foncièrement autoritaires!
Je répète, si le marché concurrentiel a pu organiser une certaine redistribution jusqu'en 1973, depuis, ce sont les oligopoles qui se renforcent mondialement, à +, jf
Pour tes recherches: dès que tu les enverras, on le mettra sur le blog, ok?
21 décembre 2008
capital fondant
Chers amis, je vous propose cette fois-ci un article davantage "travaillé" et qui reprend des faits largement admis par tous tout en aboutissant à une conclusion un peu nouvelle. J'évite toute attaque et toute polémique, promis, juré, craché!
Le 20 décembre 2008
A propos de la situation actuelle et ce qu’elle implique pour le capitalisme
On peut remarquer que le système monétaire engendre le capitalisme tel qu’il est. Ce système fonctionne par la succession de phases d’expansion plus ou moins longues et de crises plus ou moins aigues, puis chroniques.
Toute l’histoire depuis l’antiquité est émaillée de successions de ces cycles.
Pour centrer le débat, il suffit de s’intéresser à la période présente, plus précisément à partir de 1945, c’est déjà beaucoup.
Après les destructions liées à la deuxième guerre mondiale, notamment au Japon et en Europe, il se trouve que l’essentiel des richesses du monde capitaliste était américain en 1945. L’Amérique a eu des pertes aussi, bien sûr, mais elle s’est retrouvée créancière des autres, davantage touchés.
Les Etats-Unis ont ensuite initié la période de reconstruction avec des dons et de prêts de capitaux considérables, je ne vais pas exposer les détails, ce serait trop long.
Toujours est-il que le soutien matériel et surtout les garanties américaines ont permis de redémarrer et de redonner aux agents économiques la confiance toujours nécessaire.
Au début, les capitaux européens et japonais étaient nuls ou plutôt faibles, et il n’était pas toujours possible de financer tout ce que l’on aurait voulu.
Mais cela changea rapidement, et les années 50 et 60 restent dans l’histoire comme les années du « miracle économique », encore appelées les « trente glorieuses » (1945-1975 grosso modo).
La période conjuguait très efficacement une économie de marché stimulant le jeu de la concurrence couplée à des taux de croissance forte ainsi qu’une redistribution des richesses qui irriguait très largement les populations, avec des hausses de salaire régulières et importantes, et des avancées de justice sociale considérables.
Il est à remarquer que cela fonctionnait d’autant plus efficacement, selon les pays, que les destructions étaient plus massives, d’où notamment l’évolution remarquable du Japon et de l’Allemagne de l’Ouest. Tout cela est largement admis.
Cette période de forte expansion capitaliste et marchande a cependant eu pour résultat, en dépit d’une redistribution meilleure qu’aujourd’hui, un enrichissement déjà très importante d’une petite minorité.
Les grosses fortunes, reliées sans doute en partie aux héritages du passé, mais pas seulement, se constituaient ou se reconstituaient encore plus vite que la redistribution. L’accumulation des grandes fortunes suivait une courbe exponentielle beaucoup plus forte que la croissance économique dans son ensemble et celle des salaires.
Ce phénomène s’est encore accentué entre 1975 et 2008, où la part des salaires a même sensiblement reculé par rapport à la par « revenu du capital ».
Ces grandes fortunes cherchaient évidemment toujours des placements rentables et poussaient, par leurs investissements, au développement industriel et des infrastructures comme nous avons vu.
On peut faire la remarque que le pétrole abondant et pas cher y a évidemment joué un rôle important.
On dit d’ailleurs que le « choc pétrolier » de 1973 avait déclenché la fin de ce long cycle d’expansion et de prospérité « sans gros nuages ».
Ce qui a suivi est lié au fait que les capitaux disponibles et très abondants ne trouvaient plus les rendements auxquels ils étaient habitués, d’où une première crise de « confiance » des investisseurs, les premières faillites ayant entraîné très vite un défaut d’investissement et une montée rapide d’un chômage de masse qui allait s’aggravant avec des hauts et des bas jusqu’à aujourd’hui.
Les gouvernements ont réagi assez énergiquement en empruntant massivement ces capitaux auprès des épargnants pour les réinjecter, autant qu’ils pouvaient, dans l’économie via des infrastructures ou des productions initiées par eux. Les états apparaissaient, et cela aussi ne fait que s’accentuer, comme les débiteurs en dernier ressort, nécessaires pour recycler les capitaux énormes disponibles du fait de l’enrichissement des happy few.
L’industrie de l’armement est aussi un moyen puissant de soutien à l’activité, car la fabrication tous ces « jouets » fort coûteux prélevait de la richesse et maintenait à flot le secteur de la production marchande du fait que celle-ci pouvait continuer à produire sans être noyée par sa propre efficacité qui aurait trop réduit les profits par une offre surabondante.
Cela est vrai dans tous les pays, et cela est spécialement flagrant pour les USA qui ont assez largement délaissé la production marchande –relativement à leur consommation, s’entend- en créant un complexe militaro-industriel tout à fait énorme, détourné de la production marchande.
On retrouve la conséquence de cela dans la balance commerciale constamment déficitaire, et de plus en plus, de ce pays qui apparaissait ainsi comme le soutien de l’économie marchande du reste du monde et des grands pays exportateurs, L’Allemagne, le Japon, aujourd’hui la Chine, et quelques autres « émergeants ».
Le monde entier s’arrange de ce déséquilibre pendant très longtemps, car le « crédit » des USA vis-à-vis du monde semble à ce point « illimité » et arrange tout le monde. Car la monnaie mondiale est bien le dollar, et il suffit aux américains d’en émettre suffisamment pour irriguer le monde entier. La monnaie fabriqué dans un pays en échange de la marchandise du reste du monde ! Cela va bien tant que la confiance n’est pas entamé et tant que le reste du monde reste pauvre et désireux de travailler pour une monnaie de singe.
Cela implique que le reste du monde a ainsi soutenu une consommation extrême aux USA et qu’en réalité le reste du monde a travaillé pour les consommateurs américains qui ne pourront évidemment jamais rendre en produisant tout ce qu’ils ont pris tout en fabriquant des armes en générant un poids militaire équivalent à celui du reste du monde réuni!
Or, tout cela ne suffit pas et surtout ne suffit plus pour stabiliser le système, car la logique du rendement capitaliste doit toujours chercher des placements nouveaux, les états ne peuvent pas s’endetter davantage du fait du poids de la charge de la dette, et les placements « risqués », genre subprimes, doivent être inventés pour capter l’épargne en excès. On doit déréguler, car, sans cela, il n’est plus possible de recycler les capitaux excédentaires d’une façon « rentable », en tout cas « rentables » selon les prévisions et anticipations plus ou moins farfelus mais néanmoins longtemps acceptés par les agents économiques fortunés. De toute façon, ils ont tellement d’argent que la part placée à haut risque ne leur manque pas tout de suite, et le petit jeu peut ainsi bien durer quelques années. Pour Madoff, c’est en fait quelque chose de semblable, même s’il y a là encore plus clairement l’intention de frauder et de faire de la cavalerie financière, évidemment.
La « vertu » que l’on peut trouver avec Madoff, ce serait une destruction massive des fortunes qui entraînerait l’extinction d’autant de dette, qui que Madoff est ce débiteur insolvable, donc les créanciers auront perdu au moins cela!
In fine, on peut faire l’hypothèse que si la destruction des fortunes n’était pas « que » 50 milliards de dollars, mais si elle pouvait atteindre plusieurs milliers de milliards de dollars (ce qui est loin d’être le cas), il y aurait une extinction des dettes d’autant, et l’économie repartirait « comme en 1945 » !
Ces destructions avaient été pratiquées dans le passé via des guerres et les faillites des états, peut-être pourrions-nous faire l’économie de la prochaine grande guerre mondiale ? Ce serait trop risqué, peut-être une prochaine cessation de paiement de l’état américain (probable !) est une étape nécessaire avant tout redémarrage possible ?
Un tel événement comporterait évidemment des risques énormes de troubles sociaux ou de guerre civile mondiale.
Une solution pacifique face à une telle menace serait l’instauration de la monnaie fondante qui organiserait non pas la destruction massive du capital mais une « euthanasie lente des rentiers" chère à Keynes qui a prélevé cette pensée schez Silvio Gesell.
Johannes Finckh
20 décembre 2008
lopinion sur l'intérêt de la monnaie
Je laisse provisoirement tomber la question autour de la thèse "les crédits font les dépôts, je pense que l'avenir nous éclairera!
Par contre, j'aimerais connaître l'opinion des uns et des autres sur les intérêts du capital tels qu'ils fonctionnent et qui me semble être le principal problème du capitalisme et causés par la construction de la monnaie telle qu'elle est!
Merci de me répondre!
Je pense toujours que cette réalité justifie déjà suffisamment la mise en place d'une réforme monétaire inspirée par la monnaie fondante! Que l'idée soit "juste", Keynes l'affirmait déjà!, à +
jf
info de jean-louis magnol
----- Original Message -----
From: j.magnol
To: Johannes Finckh [Finckh Johannes]
Sent: Friday, December 19, 2008 10:09 PM
Subject: Crédit et dépôt.
Johannes,
Va faire un tour sur le Wikipédia : Ordre du Temple.
Il est dit que les Templiers utilisaient déjà des lettres de change afin que le porteur n'ait pas à transporter de monnaie sur lui.
Cette lettre de change garantissait qu'il avait un équivalent en monnaie placée chez les Templiers et partout où il se déplaçait le mettait en position de crédibilité face à un requérant de garantie !
C'est vieux et cela prouve (en partie ou en totalité) que le crédit n'a jamais précédé le dépôt ! Cette lettre de change pouvait être échangée contre n'importe quelle monnaie où le Temple avait un comptoir.
Bon week end.
Jean-Louismerci pour l'info, je ne me suis pas penché sur les détails de cette histoire, mais il est certain que Philippe Le Bel, en liquidant les Templiers, avait déjà pratiqué la cavallerie financière avant d'envoyer la cavallerie tout court!
JF
19 décembre 2008
nouvel échange avec lucien orio
Subject: Re: le silence tue!
Bonsoir Johannes
Tu es très en colère et tu écris en gros caractères pour bien le montrer. Je ne sais pas si je fais partie des économistes professionnels, mais il faudrait que toi aussi tu acceptes d'apprendre ou tout au moins entendre des choses sur la question monétaire:
1. tu soutiens que les billets de banque sont la seule "vraie" monnaie, celle émise par les banques centrales. Question .Vu que les Banques centrales n'existent que depuis le XIX° siècle, 1800 pour la France et 1844 pour la Banque d'Angleterre, faut-il en conclure qu'il n'a pas existé avant cette date de "vraie monnaie"? D'autant plus que les billets de banque qu'elles éméttaient à cette époque étaient soumis à des normes très strictes de convertibilité et d'émission ( comme dans le Banking Act de 1844) . Ceci faisait qu'en réalité la "vraie monnaie" était l'or (et l'argent en france). Le billet de banque français a eu du mal à s'imposer . Jusqu'en 1848 il n'a même pas cours légal puisque les Trésoriers payeurs le refusent comme moyen de paiement des impôts.
2. La Constitution monétaire des pays modernes est certes liée à la construction des Etats-nations comme acte de souveraineté.Ces politiques sont liées au paiement de l'impôt, le fameux Seigneuriage dans lequel celui qui a le monopole d'émission de monnaie exige le paiement des impôts dans sa propre monnaie. Il y a aujourd'hui un seigneuriage américain, ce pays emmettant la monnaie mondialement "vraie" par le défcit de sa balance des transactions courantes.
Ceci est ancien mais les Etats modernes l'ont raffiné comme ils ont pratiqué des politiques d'unification linguistique.Mais, si l'on peut dire qu'il y une Politique de la langue,les langues ont existé avant les Etats ou aujourd'hui encore indépendamment d'eux ( mais pas des communautés). Pareil pour la monnaie. Si elle est devenue étatique dans la période moderne, toute monnaie n'est pas étatique. On le voit d'ailleurs aujourd'hui sous nos yeux avec la globalisation
3. La vraie monnaie c''est celle que les agents reconnaissent comme capable d'éteindre immédiatement sans coûts toute dette. Les billets ont cette vertu mais à condition de passer au cours forcé ce qui n'existe en fait que depuis le XX° siècle.Il y a là dessous une question de fides et de légitimité, mais dans les années Trente, le sociologue François Simiand disait déjà que " l'or est la première monnaie fiduciaire"
4. Tu peux distinguer effectivement Monnaie et crédit. Mais tant que tu n'accepteras pas le fait que les crédits font les dépôts, il sera difficile de dialoguer. Le système bancaire est hiérarchisé, les différentes monnaies convertibles entre elles . On peut dans espace national, considérer effectivement que le billet de banque inconvertible est la monnaie ultime, celle qui sert de refuge en cas de crise générale de la liquidité ( les fameux "runs" bancaires) . Mais dans la vie ordinaire, tout ce qui éteint imméditement une dette sans coûts est monnaie pour les agents.
5. Joseph Schumpeter disait que le Socialisme nous rendrait meilleurs économistes. En effet dans un système socialiste avec banque unique et monnaie scripturale, chacun ayant une carte, les comptes seraient débités et crédités automatiquement selon les opérations: la monnaie joue son rôle de comptabilité sociale. Le problème a résoudre étant alors de décider quel montant doit être émis et en faveur de quel type de production: c'est le principe de la planification
Amitiés, Lucien
Cher ami, merci pour ta réponse! Tu m'as un peu entendu, j'essaie d'en faire autant!
Mes remarques "geselliennes":
1,2 et3) Tu as raison sur le plan historique évidemment, mais il ne me semble pas soutenir sur ce point un point de vue "intenable" ou même très différent. Car ce que tu exposes dans le point 3 complète ma position! Evidemment, avant cela, et depuis la nuit des temps, en fait, depuis la Grèce antique au moins, c'était bien l'or et, éventuellement l'argent, qui était la "vraie" monnaie qui éteignait les dettes immédiatement. Le cours forcé des billets des banques s'est imposé au xxème siècle partout, et sans doute définitivement depuis le geste de Nixon qui a fini par rayer d'un trait de plume la convertibilité du dollar en or en 1971! Je te rejoins encore pour reconnaître évidemment que c'est le sceau de la loi et de l'Etat qui confère à la monnaie cette qualité! La monnaie non-étatique est étatique! Car elle est reconnue comme telle! Et elle n'est plus "convertible" comme tu le remarques justement, et elle ne doit pas l'être! Ce qui la fonde est ce que je peux acheter avec! L'abandon de l'or est une bénédiction du fait que l'or est insuffisamment disponible et indéfiniement thésaurisable et disparaît, de ce fait même, régulièrement et massivement de la circulation. Nous pouvons ainsi remarquer que l'affluence de l'or, par exemple l'or de Incas (Pérou), avit irrigué l'Espagne puis toute l'Europe dès 1500 pendant au moins un siècle, avant de s'essouffler à nouveau du fait de la fabrication des bijoux et autres objets non monétaires! Et aussi de la thésaurisation et de l'expansion économique qui produisait ses propres effets de dilution.
En même temps, les lettres de change et autres instruments bancaires se mettaient en place, dès le moyen âge et la renaissance, sans entamer en rien le fait que c'était bien l'or le repère du système! L'avantage était le fait que l'on ne pouvait falsifier la monnaie ainsi.
Il y a eu aussi, entre 1150 et 1450, du temps de cathédrales, le système de Templiers et, en Allemagne, le système des Braktéates, véritable monnaie fondante déjà. Cette période rest dans l'histoire comme une des plus prospères: construction des villes européennes et cathédrales, etc...
4) Je peux distinguer "monnaie" et "crédit"! Merci. Plus loin, je considère que je dois le faire! Car, la monnaie fiduciaire est un pouvoir d'achat net. Pas le crédit! Qui dit crédit, dit dette! Et ce que j'achète en plus en faisant des dettes, le créancier l'achète en moins! Forcément! Je précise néanmoins que le fait de détenir un billet, et surtout le fait de détenir de grandes quantités de billets comporte un sérieux problème quant à la circulation de ceux-ci! (cf6)
Si les crédits font les dépôts, cela implique néanmoins que la banque créancière doit se refinancer dans le même mouvement, forcément. En prélevant sur d'autres déposants (qui apparaissent comme des créanciers/épargants), peu importe s'ils viennent de la même banque ou d'une autre.
Passer d'une monnaie à une autre par le biais du change et de la convertibilité n'y change rien, mais mondialise la question.
Ton rappel de la "vie ordinaire" et de ce qui est ainsi "monnaie" reste cependant une approximation que la crise actuelle, tout comme toutes les crises du passé, révèle crument et cruellement!
Une créance doit, à tout moment, être couverte, et si elle ne l'est pas (cf Madoff!), nous assistons à une destruction de capital plus ou moins massive dès que cela se sait.
Si le système a pu tenir tant d'années, c'est que les réserves des prêteurs investisseurs) étaient à ce point énormes, et ceci leur évitait de se rendre compte de la supercherie du fait d'un crédit usurpé longtemps... Les crédits font les dépôts des débiteurs, pourquoi pas, ils peuvent ainsi payer leurs achats et investissements. Mais ces mêmes "dépôts" sont diminués et non disponibles chez les créanciers.
Car les banques doivent se refinancer tous les jours : cela s'appelle la compensation! Et elles n'accordent un crédit qu'après avoir vérifié qu'ellent peuvent se refinancer et que l'emprunteur paraît "digne" de ce crédit, autrement solvable!
Elles peuvent, en cas de crise de confiance, et grâce au fait que la monnaie est en papier imprimé, et grâce au fait que toute référence à l'or est abandonné!, obtenir des banques centrales, soit des liquidités, soit des "droit à des liquidités" sous forme de monnaie bancaire centrale via la baisse des réserves obligatoires et la garantie de pouvoir s'en procurer tout l'argent nécessaire en cas de besoin, même si ce cas n'a pas besoin de se réaliser tout le temps! Il s'agit là d'un forçage du système.
5)Schumpeter veut proposer un système sans aucune monnaie fiduciaire? Selon la planification décidée, le système serait toujours alimenté d'une liquidité jugée "suffisante"? C'est intéressant à méditer, mais je crains néanmoins que l'émission de liquidités aurait du mal à réguler les "besoins" des agents dans le détails, car la dite planification étatique ne saura guère prendre en compte les désirs souverains des agents, et la planification étatique ne me semble absolument pas compatible avec la libre entreprise. je suppose que tu peux en convenir.
6) En tout cas, il reste que le pouvoir d'achat net circulant est la promesse (fides) que tout peut, en cas de besoin, être soldé avec de la monnaie liquide! Et précisément, une bonne partie de cette monnaie liquide, notamment les grosses coupures, comme les billets de 500, 200 et 100 euros, mais sans doute aussi le petites coupures de plus en plus, ne circulent que mal! Les agents les retiennent dans leurs coffres et sous le matelas. Où sont les gros billets de toutes les monnaies nationales, pourtant émis par centaines de milliards?
Les banques proposent un intérêt d'épargne, sans quoi, la trappe aux liquidités serait encore plus massive!
Le projet de la monnaie fondante veut remédier à ce problème, seul moyen pour les banques centrales d'assurer une circulation véritable et un volume de transactions stable sans crise!
Le fait que les gros achats ne sont pas effectués avec la monnaie liquide, mais avec la seule promesse de liquide via des transferts de créances, implique simplement que la quantité de mannaie liquide circulante n'a pas besoin d'être très importante pour déployer toute son efficacité.
Les transferts de capitaux n'ont pas besoin de se faire en liquide, évidemment, car la "confiance" en la solvabilité suffit en général.
Si,pour acheter un bien important, il faille un chèque de banque ou des virements immédiatement vérifiables en dit long sur la nature de créance de ces transferts.
7)Sur le plan moral et philosophique, il me semble toujours aussi inconcevable pourquoi une institution publique, à savoir la monnaie liquide, peut impunément être soustrait massivement à son usage et peut ainsi opérer ce chantage permanent qu'est l'intérêt de la monnaie, qui est et reste la rente capitaliste proprement dite!
C'est comme si le système routier public qui serait soumis à des taxes privées de la part de certains agents qui se permettent d'installer des péages comme bon leur semble!
A+, passe de bonnes fêtes, avec Christine et tous les tiens.
Johannes Finckh
18 décembre 2008
le silence tue!
Merci aux économistes professionnels! Ne répondez surtout pas, car si vous répondiez, vous ne sauriez quoi dire! Restez dans ce qui ne veut rien dire et dans la soi-disante "création monétaire" en confondant monnaie et avoir monétaire! Bernard Madoff vous salue!
Opposer un silence et refuser le débat à ceux qui proposent du nouveau, cela peut sans doute retarder l'avènement du nouveau. Vous réussirez peut-être même!
Mais vous avez mille fois raison de vous situer ainsi asservis au grand capital!
Quel courage!
Après tout, si le monde plonge encore une fois dans des désordres comparables à ceux du xxème siècle, vous pourrez toujours dire : on ne savait pas! Bravo, la passion de l'ignorance et la principale passion de l'être humain, et en particulier de l'immense majorité des universitaires!
17 décembre 2008
contribution de jlmagnol
Et bien sûr pas une morale religieuse !
Voici ce que disait Silvio Gesell dans l'OEN (page 189 et 190, 8ème édition : la réforme de l'émission) :
"L'homme qui a échangé ses produits contre du numéraire et qui ne recède pas cet argent à autrui en échanges de marchandises*, cet homme est, dit-on, disposé à prêter son argent moyennant intérêt. Mais cette prétention doit être rejetée comme injuste. Cet homme doit préter son argent sans conditions. Sans quoi il faut le contraindre à acheter lui même les marchandises ou à racheter ses propres produits. Il n'appartient à personne de subordonner la circulation de l'argent à des conditions, de quelque nature qu'elles soient. Celui qui possède de l'argent a le droit d'acheter immédiatement. C'est tout. Le droit de toucher un intérêt est incompatible avec la notion de monnaie ; ce droit constituerait une véritable imposition ; un impôt au bénéfice des personnes privées, et qui frapperait les échanges, au nom d'une institution d'Etat. Le droit de toucher de l'intérêt, c'est le droit d'interrompre les échanges par la rétention du numéraire. C'est le droit de plonger dans l'embarras le possesseur de marchandises* et d'exploiter la situation... L'argent n'est pas un lit. C'est un corridor. Etc.
* : il faut inclure aussi les services publics ou privés.
Ceci précise bien sûr ce qui a été dit précédemment par Johannes Finckh.
Jean-Louis Magnol
16 décembre 2008
le fonctionnement procyclique de l'argent
L'argent se retire parce qu'il se retire, puis il arrive parce qu'il arrive!
Tel est le fonctionnement de la monnaie actuelle. Les banques centrales n'ont guère de moyens d'influencer cela! Les gouvernements tentent d'agir d'une façon anticyclique en creusant fortement les déficits si nécessaire, mais cela est tout à fait insuffisant, et il n'est guère possible de faire plus avec la monnaie actuelle.
Enrayer un mouvement déflationniste dans le contexte actuel ne marchera que si on organise une destruction massive des équipements, par exemple une longue crise, au moins dix ans ou une grande guerre Europe-USA (inenvisageable évidemment!)
Avec la monnaie fondante, nous surmonterions le problème en quelques mois!
échange avec Jacques Daudon
J'aimerais néanmoins avoir de vous une prise de position détaillée sur la partie monétaire de l'OEN, merci; le commentaire de votre texte: en bas de page de ce mail, je mettrai tout ça aussi sur mon blog, jf
----- Original Message -----
From: Johannes FINCKH
To: Jacques Daudon
Sent: Tuesday, December 16, 2008 10:23 AM
Subject: Re: L'avis des Economistes, des Citoyens et des Parlementaires - Réflexions simples, de bon sens, naïves ? A vous de juger !
oui, nous attendons prochainement la traduction d'Helmut Creutz "Das Geldsyndrom"; il est disponible en allemand, sinon;
par ailleurs, vous trouverez des textes de Margrit Kennedy aussi sur le net (wikipédia et ekopédia), à +, jf
quant à une réponse à votre texte, promis, cela viendra bientôt
----- Original Message -----
From: Jacques Daudon
To: Johannes FINCKH
Sent: Tuesday, December 16, 2008 8:59 AM
Subject: Re: L'avis des Economistes, des Citoyens et des Parlementaires - Réflexions simples, de bon sens, naïves ? A vous de juger !
Monsieur Finckh,
Mon message des plus simples désirait une réponse critique. Vous me proposez un exemplaire de l'ordre économique naturel de S.Gesell, c'est avec plaisir que j'aurais accepté votre offre mais je possède déjà ce livre. Si vous pouvez m'indiquer un bouquin plus récent permettant une compréhension tout aussi nette et moderne du système Gesellien faites-le moi savoir. Par avance merci. Daudon.
----- Original Message -----
From: Johannes FINCKH
To: jlmag59@yahoo.fr
Cc: jacques.daudon@club-internet.fr
Sent: Monday, December 15, 2008 9:15 PM
Subject: Re: L'avis des Economistes, des Citoyens et des Parlementaires - Réflexions simples, de bon sens, naïves ? A vous de juger !
Ok, je réponds à Monsieur Daudon qui m'a souvent envoyé de articles sur des thèmes variés, souvent intéressants!
Cher Monsieur Daudon, intéressez-vous à la monnaie fondante, vous trouverez toutes les réponses économiques satisfaisantes pour organiser une redistribution juste et efficace! Consultez mon blog http://monnaiefondante.canalblog.com/
Si cela vous intéresse, je vous enverrai par la poste et gratuitement un exemplaire de l'ordre économique naturel de Silvio Gesell en traduction française avec la seule obligation morale de le lire et de le commenter,
Johannes Finckh, Bordeaux
----- Original Message -----
From: Jean-Louis Magnol
To: Johannes FINCKH
Sent: Sunday, December 14, 2008 6:54 PM
Subject: Fw: L'avis des Economistes, des Citoyens et des Parlementaires - Réflexions simples, de bon sens, naïves ? A vous de juger !
Reçu ça de Daudon.
Tu peux lui répondre ou l'inciter à visiter ton blog.
Jean-Louis
--- En date de : Dim 14.12.08, Jacques Daudon < a écrit :De: Jacques Daudon <jacques.daudon@club-internet.fr>
Objet: Fw: L'avis des Economistes, des Citoyens et des Parlementaires - Réflexions simples, de bon sens, naïves ? A vous de juger !
À: "Claude Aubert" <c2aubert@wanadoo.fr>, "marie france michalik" <fanfan944@free.fr>, "Yves de Saint-Cyr" <yves.desaintcyr@free.fr>, "Odile Vincent Godfroy" <dela.tour@wanadoo.fr>, "bickel68" <bickel68@free.fr>, Scorpionus@aol..com, Archissi24@aol.com, "Roberte COUSI" <bidartea@wanadoo.fr>, "Bernard Trémeau" <tremeau.bernard@libertysurf.fr>, "Revue Nexus Dennery" <info@nexus.fr>, "Prof Henri Joyeux" <henri.joyeux@wanadoo.fr>, "Maïté Castano" <mt.castano@tele2.fr>, "Marco Edition Pietteur" <infos@mpeditions.com>, "christophe Panetta" <christophe.panetta@coges.fr>, "J Laflaquière" <j.laflaquiere@free.fr>, "frédéric MARTY" <marty.frederic@aliceadsl.fr>, "jean louis Magnol" <jlmag59@yahoo.fr>, "L'Alsace" <redaction@alsapresse.com>, "Boutique Bien - Etre Cl dalla Palma" <claude@boutique-bienetre.ch>, "Irène Freeman" <irenefree@tele2.fr>
Date: Dimanche 14 Décembre 2008, 18h48
Vers un Monde plus partageur ?
Ces simples réflexions, constatations devraient nous y conduire
Malgré la profusion des biens de consommation alimentaires, le chômage - induit par de multiples facteurs (robotisation, délocalisations, méventes, etc.) - toujours croissant empêche par manque de salaires décents la possibilité de redistribution de ces mêmes biens. Par manque d'émission monétaire gratuite, les laissés pour compte de ce système capitaliste ne peuvent acquérir les produits nécessaires à leur alimentation. Il s'ensuit alors des désordres écologiques, psychologiques, philosophiques, économiques, financiers et politiques majeurs.
Il n'est pas possible que la France pour des raisons de rentabilité puisse se passer de son autonomie, au moins, alimentaire. Les raisons sont évidentes. Conditions de survie, d'hygiénisme et d'emplois nombreux autant dans la production que les services. L'orientation politique de notre consommation d'énergie - à partir de méthane venu de millions de tonnes de matières fermentescibles - ne serait-elle pas une piste rentable, débouchant sur une matière première toujours présente, des économies de devises, la prolifération d'emplois, une insigne pollution et un principe cher à Lavoisier : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !
Pour mieux saisir le problème des exclus, même temporaire, arrêtons-nous succinctement sur l'industrie automobile; en ce moment dans les feux de l'actualité. Cette dernière pour des raisons diverses, ne peut écouler sa production. Il s'ensuit alors un chômage technique qui lèsera les ouvriers de ces entreprises, condamnés à vivre avec un salaire ou dédommagement réduit; impossibilité alors d'écouler la production alimentaire ! Le déséquilibre se généralise et prend forte ampleur.Quel est donc cette Economie dispensatrice de privilèges ?
Si les progrès en fiabilité de l'automobile permettent une durabilité importante de ce même parc les périodes de travail seront de plus en plus courtes. N'est-ce point paradoxal et injuste que le progrès entraîne la misère par éviction du travail d'un nombre toujours plus important de travailleurs ? L'économie actuelle est donc prise en défaut majeur.
N'est-il point intolérable que le rendement financier (économie ultra-libérale) d'une entreprise soit maximal, entraînant non seulement la disparition de l'élément humain et la perte de salaires correspondants, mais augmentant la source des profits vers les mêmes et peu nombreux actionnaires ? Sans parler de spéculation outrancière et de ses dérivés qui, chacun peut bien l'imaginer, drainent l'argent vers des circuits autres que l'industrie, le commerce et les services; ceci dans l'intérêt de personnes qui souvent ne sont que des parasites du Monde moderne puisqu'ils ne fabriquent rien. Le peuple pointe un doigt accusateur: les banques.
En conséquence, le problème est simple en théorie. Il est nécessaire de bien comprendre que devant une production alimentaire suffisante pour nourrir notre population, y compris les chômeurs et petits retraités, nous soyons tenus d'évaluer la production alimentaire, le nombre de personnes à nourrir et fournir à l'ensemble des personnes qui vivent sur notre territoire une monnaie de consommation afin que toute personne active ou non (temporairement) puisse profiter des bien créés.
Ainsi seront évités les désordres sociaux. Chacun ayant compris que plus la Société évoluait, jusqu'à l'instant présent, plus la répartition monétaire était inégale et refluait vers les mêmes catégories sociales : les spéculateurs privant la majorité de l'essentiel. Toujours le manque de monnaie alors que les produits abondent !
A notre sens, ce choix de société, ne tire, ni vers le communisme, ni le libéralisme mais bien vers l'humanisme et le bon sens. L'humanisme étant bien la répartition des biens produits élevés ou cultivés, mais aussi la juste répartition des travaux, charges, occupations rentables ou non, nécessaires à la survie de la Société. L'argent n'étant qu'un moyen commode de redistribution, il importe que ce dernier soit également distribué. Aux économistes, aux politiques d'envisager à redonner à l'Économie son rôle noble majeur : éviter les conflits en autonomisant au mieux le pays sur le plan alimentaire et veiller à ce que la répartition des produits soit la plus juste possible. Le ventre d'un citoyen égalant le ventre de tout autre citoyen.
NB - Nous ne prétendons pas bousculer le contexte économique dans son entier mais bien de demander aux citoyens d'ouvrir les yeux et d'avertir proches et politiques !Des solutions justes et nombreuses existent pour la paix européene, voire mondiale.
Le bureau du P.F.P
Réponse JF 16.12.2008
Vous écrivez:
1)Par manque d'émission monétaire gratuite,
Actuellement, les banques centrales pratiquent une émission monétaire plus qu'accomodante, la quantité de monnaie émise est même certainement très largement excédentaire! Le problème est que cet argent ne va pas du là où il y aurait besoin pour assurer une distribution et eun acheminement de biens et services convenables! En effet, cet aegent est retenu et même très largement thésaurisé. Nous en avons une idée sur le problème quand on pense que des centaines de milliards d'euros en billets de 500 et de 200 ne circulent jamais! Ils ont pourtant été émis!
2) L'autonomie alimentaire de la France n'est nullement menacée. La France reste le plus grand pays agricole d'Europe, de loin!, et le deuxième au monde après les USA. L'agroalimentaire exporte même beaucoup! Améliorer la production de méthane agricole - je suis pour!
3)La crise automobile est une crise peut-être salutaire.
4)Oui, la course au rendement financier est désastreus, mais elle est causée par la nature de cette monnaie actuelle voyez mon blog!
5)"l'humainsme" en économie, cela n'est pensable qu'avec la monnaie fondante. Elle résoudra avantageusement toutes les distorsions monstrueuses qu'impos la contrainte capitaliste tout en organisant les marchés vers une redistribution convenable, stable et sans inflation ni déflation! Voyez mon blog http://monnaiefondante.canalblog.com/
Avec mes salutations amicales, jf