Et bien sûr pas une morale religieuse !
Voici ce que disait Silvio Gesell dans l'OEN (page 189 et 190, 8ème édition : la réforme de l'émission) :
"L'homme qui a échangé ses produits contre du numéraire et qui ne recède pas cet argent à autrui en échanges de marchandises*, cet homme est, dit-on, disposé à prêter son argent moyennant intérêt. Mais cette prétention doit être rejetée comme injuste. Cet homme doit préter son argent sans conditions. Sans quoi il faut le contraindre à acheter lui même les marchandises ou à racheter ses propres produits. Il n'appartient à personne de subordonner la circulation de l'argent à des conditions, de quelque nature qu'elles soient. Celui qui possède de l'argent a le droit d'acheter immédiatement. C'est tout. Le droit de toucher un intérêt est incompatible avec la notion de monnaie ; ce droit constituerait une véritable imposition ; un impôt au bénéfice des personnes privées, et qui frapperait les échanges, au nom d'une institution d'Etat. Le droit de toucher de l'intérêt, c'est le droit d'interrompre les échanges par la rétention du numéraire.
C'est le droit de plonger dans l'embarras le possesseur de marchandises* et d'exploiter la situation... L'argent n'est pas un lit. C'est un corridor. Etc.

*
: il faut inclure aussi les services publics ou privés.
Ceci précise bien sûr ce qui a été dit précédemment par Johannes Finckh.
Jean-Louis Magnol