La confusion règne quand, surtout de penseurs de "gauche" parlent de d'économie de marché et d'économie capitaliste! Ils disent que ces deux termes seraient identiques...

Or, j'insiste pour dire qu'il n'en est rien!

Je rappelle: le marché est le lieu ou biens et services sont vendus contre de la monnaie dans un jeu (plutôt de concurrence impure et imparfaite, évidemment) d'offre et de demande. Le résultat en est l'acheminement linéaire des biens et services du producteur vers le consommateur grâce à un mouvement circulaire de la monnaie qui reste indéfiniement sur le marché pour opérer un nombre idéfini de transactions. C'est la vie sociale comme telle essentiellement et principalement, en termes économiques, s'entend.

Le capitalisme, c'est autre chose: c'est une condition, une contrainte, et même un chantage qui s'exerce continuellement sur le dit marché, car l'échange est fait avec la monnaie telle qu'elle est actuellement, à savoir d'un objet hérité de l'or et fictivement non dégradé dans le temps.

Cette qualité de non-dégradation temporelle distingue la monnaie (la "réelle" aussi bien que la scripturale, bancaire etc) de tout ce qui s'échange avec elle. Cette qualité confère à la monnaie son attrait comme réserve de valeur et, ceci est parfaitement sensible en temps de crise systémique comme actuellement, mais cela agit tout le temps en fait, son caractère de capital originel. Capital qui imprime ses qualités de capital à un certain nombre de biens durables comme les maisons, les terres, les usine par exemple. Mais tous ces biens bien plus matériels ne sont "capital" que par le fait que la monnaie lui confère cette qualité, et on voit à quel point leur "valeur" exprimée en monnaie fluctue violemment.

Or ce capital monnaie est précisément capital parce que son proprétaire (le "capitaliste" = l'homme qui a l'argent) peut avancer on non son dit capital, il peut le prêter ou non, le retenir ou non!

Pour qu'il le fasse, parce que c'est vital!, bien gentiment, les banques, chargées de collecter les fonds pour les remettre en circulation, proposent de ce fait un intérêt aux déposants -épargnants qui, sinon, ne verraient pas l'"intérêt" de prêter leur bien.

Ainsi naît l'intérêt de la monnaie, fonction stricte du temps, la rente du temps! Le capitaliste fait ainsi payer aux autres le temps de vivre, le droit de vivre tout court!

Et quand les rendements des placements ne suivent pas, la monnaie fait grève, comme c'est le cas actuellement!

Seule l'introduction de la monnaie fondante permettra un bouclage satisfaisant du circuit monétaire. La monnaie ne serait plus jamais ce bien durable, capital éternel!

Et aucun autre bien (ni même l'or ni les diaments) ne pourra se substituer à cela, car ces objets ne se mangent pas et n'exercent guère de chantage sur le système économique dans son ensemble comme le fait la monnaie traditionnelle.

L'épargne et le souci de prévoyance des agents économiques (tout le monde, les "ex"-capitalistes riches comme les moins riches) devra viser la création d'objets et de biens le plus durables possibles (le développement durable!) pour se prémunir le mieux possible de l'incertitude de l'avenir, ce qui reste toujours limité du fait de notre mortalité.

En tout cas le système de la monnaie fondante est parfaitement compatible avec toute sorte d'épargne de précaution sauf une: la thésaurisation de la monnaie, en tant qu'institution publique d'organisation du marché, ne pourra plus jamais être soustrait à son usage pour exercer le chantage tel qu'il exerce actuellement!

Si nous ne faisons pas cette réforme, je ne donne pas cher de la paix du monde!