Lettre adressée par Helmut Creutz, spécialiste de l'analyse monétaire (orientation gesellienne), aux grands quotidiens allemands, publiée le 16 octobre 2008 dans la Süddeutsche Zeitung), traduction française par Johannes Finckh, Bordeaux

    Les causes déclenchantes et les arrière-fonds  de ces événements, à savoir l'accroissement surdimensionné des fortunes financières, n'ont été mentionnés à aucun endroit dans la Süddeutsche Zeitung (ndt.: quotidien de Munich à diffusion nationale en Allemagne),  en dépit de toute l'exhaustivité des excellents rapports et commentaires publiés au sujet de la crise financière et bancaire . Ainsi les fortunes financières ont, par exemple en Allemagne doublé tous les dix ans depuis 1950, et elles ont donc été multipliées -soustraction faite de l'inflation- jusqu'en 2005 par 45, tandis que le PIB national réel n'a été multiplié "que" par huit!  Ou, autrement dit: Au début des années 50, le montant des fortunes financières se situait à deux tiers du PINB, et elles ont, entre temps, atteint le le facteur multiple de 3,2 du PIB (actuel). Du fait des ces evolutions différentielles, il fallait, jusque dans les années 60, encore attendre souvent longtemps le versement des crédits, et ceux-ci seulement par fractions mensuelles. Depuis, la situation s'est inversée: Puisque les fortunes monétaires constamment croissantes ne pouvaient plus être placées sur les marchés normaux, les banques se voyaient toujours davantage contraintes, depuis la fin des années 80, des placer les avoirs des épargnants d'une façon spéculative et de plus en plus risquée, c'est-à-dire avec des méthodes affairistes auxquelles nous devons  les problèmes des marchés financiers d'aujourd'hui.

    Le fonctionnement de l'accroissement des ces fortunes financières se lit dans le rapport de Nikolaus Piper à propos des derniers placements de l'investisseur américain Warren Buffet qui vient d'acheter chez Goldmann Sachs des actions pour 5 Milliards de dollars: Le "dividende garanti de 10%" négocié à cette occasion fera crître cet investissement en dix ans à environ 13 Milliards de dollars, donc à plus que deux fois et demi! Du fait de cette "autoalimentation  des fortunes financières", comme la Bundesbank décrivait déjà la situation en 1993, les effondrements boursiers, bancaires et financiers se suivront à un rythme toujours plus rapide. Les rapports sur les contrastes entre richesse et pauvreté deviendront de plus en plus criants et - sans aucune considération pour l'environnement - les appels à davantage de croissance se feront de plus en plus insistants.

    Bien que la destruction partielle de ces masses de fortune - qui vagabondent autour du monde et qui rechechent toujours encore leur autoalimentation - soit problématique et lourde de conséquences : cela reste néanmoins encore plus supportable que la dernière éventualité d'une destruction inflationniste via les endettements publiques, les dépenses militaires et des guerres! Malheureusement, cette alternative radicale de l'autodestruction recommence à se dessiner - sauf si on pouvait enfin avoir l'idée de mettre un terme enfin à cet effet tumoral d'autogrossissement dans notre système monétaire.

en clair: il faut la monnaie fondante!, cqfd!